L’acier A60 occupe une place particulière dans l’industrie : suffisamment résistant pour les constructions mécaniques et les appareils à pression, tout en restant accessible en termes de mise en forme et de coût. Entre ancienne désignation française A60-2, équivalent EN E335 et usages en tôles galvanisées, ce matériau se situe au croisement de la chaudronnerie, du bâtiment et de la mécanique générale. Pour vous, concepteur, acheteur ou industriel, bien comprendre la nuance A60, ses équivalents et ses limites permet de sécuriser un choix matière, un plan de soudage ou un cahier des charges. Pourquoi est-il encore autant cité dans les documents techniques alors que les normes européennes ont évolué depuis 1992 ? Parce qu’il combine robustesse, disponibilité et une compatibilité correcte avec la plupart des procédés de fabrication modernes.
Composition chimique de l’acier A60 : teneur en carbone, manganèse, silicium, soufre et phosphore
Plages de composition typiques de l’acier A60 selon NF EN 10142 / EN 10346
La composition de l’acier A60 reste celle d’un acier de construction non allié, à faible teneur en éléments d’alliage, avec un rôle majeur joué par le carbone et le manganèse. Dans la pratique industrielle, les tôles et barres A60 présentent une matrice de fer quasi pure (plus de 98 % de Fe), avec des additions contrôlées de C, Mn, Si et des impuretés limitées en P et S. Les données de plusieurs fournisseurs indiquent par exemple des teneurs maximales typiques de 0,045 % en phosphore et 0,045 % en soufre, 0,009 % en azote. Les teneurs en carbone, manganèse et silicium ne sont pas toujours spécifiées par la norme pour les produits courants, ce qui explique que l’A60 ne soit pas destiné à des traitements thermiques exigeants. Pour vos calculs de comportement mécano-soudé, il reste pertinent de considérer l’A60 comme un acier faiblement carboné, comparable à un P295GH ou à un E335 de construction mécanique.
Impact de la teneur en carbone sur la limite d’élasticité et la soudabilité de l’a60
Dans l’acier A60, la teneur en carbone reste modérée, ce qui permet de viser une limite d’élasticité minimale de l’ordre de 305–335 MPa tout en conservant une certaine aptitude au soudage. Plus le carbone augmente, plus la limite d’élasticité et la résistance à la traction croissent, mais au prix d’une soudabilité dégradée et d’un risque accru de trempe dans la zone affectée thermiquement. Pour l’A60, l’équivalent carbone CEV reste généralement inférieur à 0,40, seuil souvent pris comme limite pour un soudage sans préchauffage massif sur des épaisseurs moyennes. Vous gagnez ainsi en marge de sécurité sur la fissuration à froid, même si la soudabilité est classée « moyenne à médiocre » par de nombreux distributeurs, qui recommandent clairement un préchauffage aux alentours de 100–120 °C pour les pièces épaisses ou fortement contraintes.
Rôle du manganèse et du silicium dans la résistance mécanique et la formabilité
Le manganèse et le silicium sont les deux autres piliers de la composition de l’acier A60. Le Mn améliore la résistance mécanique, mais aussi la trempabilité, ce qui impose de surveiller son niveau pour éviter une zone soudée trop dure. Le silicium joue au contraire un rôle de désoxydant et aide à stabiliser la microstructure ferrito-perlitique, tout en contribuant légèrement à la résistance. Pour vous, utilisateur d’A60 en formage à froid (pliage, emboutissage léger), ces éléments doivent rester dans des gammes « standard construction » afin de préserver la ductilité et de limiter le risque de fissuration au rayon de pliage. Un acier A60 trop manganésé se rapprocherait plus d’un acier de type HLE, avec un comportement moins tolérant aux rayons serrés et aux reprises de formage.
Contrôle du soufre et du phosphore pour limiter la fragilité en soudage et en pliage
Les teneurs en soufre et en phosphore, annoncées à 0,045 % maximum pour de nombreux produits A60, restent déterminantes pour votre sécurité en service. Ces deux éléments favorisent la fragilisation, notamment en soudage et en flexion à froid, en créant des précipités d’inclusions sulfureuses et phosphorées susceptibles de devenir des amorces de fissures. L’expérience industrielle montre qu’une réduction de P de 0,05 % à 0,02 % peut augmenter de plus de 30 % la résilience Charpy à basse température. Dans un contexte de construction métallique exposée à des chocs ou à des cycles thermiques, un A60 à faible P et S augmente fortement la fiabilité. Pour les séries longues, le contrôle qualité interne via spectrométrie ou certificats 3.1 permet de vérifier que ces seuils de soufre et phosphore restent compatibles avec les exigences de pliage et de soudage répétés.
Normes et désignations équivalentes à l’acier A60 en europe et à l’international
Équivalents européens : DX54D+Z, DX56D+Z, HX260LAD+Z (EN 10346)
La normalisation européenne a profondément modifié le paysage des aciers de construction et des tôles galvanisées. L’ancienne désignation A60 est désormais remplacée ou éclatée en plusieurs nuances EN, selon que l’on parle d’acier pour appareil à pression (P295GH, EN 10028-2) ou de tôles de construction mécanique (E335, EN 10027), voire d’aciers revêtus (DX, HX, norme EN 10346). Pour des applications en tôles galvanisées à formabilité élevée, des nuances comme DX54D+Z ou DX56D+Z offrent des allongements supérieurs, adaptées à l’emboutissage profond. Pour des usages plus structuraux, les aciers de type HX260LAD+Z combinent limite d’élasticité plus élevée et revêtement zinc, idéals pour des éléments de carrosserie renforcés ou des profils de bâtiment. Lorsque vous cherchez un « A60 galvanisé moderne », l’analyse de la norme EN 10346 donne donc les meilleures pistes d’équivalents fonctionnels.
Équivalents nord‑américains : ASTM A653 CS type B/C, SS grade 40/50
Côté Amérique du Nord, l’acier A60 trouve ses correspondances dans la norme ASTM A653, qui couvre les tôles d’acier revêtues en continu par immersion à chaud. Les qualités CS Type B/C (Commercial Steel) et SS Grade 40/50 (Structural Steel) se rapprochent, selon le niveau de résistance recherché, du profil mécanique d’un A60 utilisé en construction légère. Par exemple, un SS Grade 50 offre une limite d’élasticité minimale d’environ 345 MPa, assez proche des 305–335 MPa de l’A60 normalisé, avec une résistance à la traction autour de 450–620 MPa. Si vous travaillez sur des projets transatlantiques ou avec des fournisseurs américains, une table de correspondance entre E335, P295GH et les grades ASTM A653 constitue un outil indispensable pour homogénéiser les spécifications.
Correspondances avec les aciers japonais JIS G3302 (SGCC, SGCD, SGCE)
Dans le système japonais JIS G3302, les aciers galvanisés de type SGCC, SGCD ou SGCE couvrent un spectre qui va de l’usage général à l’emboutissage très profond. Pour un usage « A60 bâtiment » en tôles nervurées ou bacs acier, SGCC constitue souvent une base suffisante grâce à une résistance correcte et une bonne aptitude au profilage. Pour les pièces d’emboutissage plus exigeantes (coffrets, capots, éléments de carrosserie non apparents), SGCD ou SGCE s’approchent davantage des qualités européennes DX54D ou DX56D. Vous pouvez ainsi raisonner en termes de performances attendues – limite d’élasticité, allongement minimal, formabilité – plutôt qu’en cherchant une correspondance stricte A60/SGCC, qui n’existe pas en tant que telle.
Comparaison avec les nuances galvanisées françaises : A40, A75, Z275, Z350
Historiquement, les tôles galvanisées françaises utilisaient des désignations comme A40, A60, A75, associées à un grammage de zinc donné, puis des codes de type Z275 ou Z350 pour préciser la masse de revêtement. Un A60 galvanisé Z275 correspond typiquement à un acier de construction d’environ 60 daN/mm² de résistance à la traction (soit ~600 MPa), revêtu de 275 g/m² de zinc (total des deux faces). L’A40, plus doux, offrait une résistance plus faible, mais une meilleure aptitude au formage, tandis que l’A75 se destinait à des usages fortement sollicités. Aujourd’hui, ces appellations coexistent encore dans les appels d’offres avec les désignations EN, ce qui oblige à manier les passerelles entre anciens codes (A40, A60, A75) et nouveaux (DX, HX, Sxxx).
Utilisation des tableaux d’équivalences (AFNOR, DIN, UNI) pour le choix matière
Pour sécuriser un projet multi-fournisseurs, l’usage de tableaux d’équivalences normatives AFNOR, DIN, UNI ou BS reste incontournable. Un même acier A60 peut se retrouver noté A60-2 en AFNOR, St 60-2 en DIN, E335 en EN 10027 ou 1.0060 en désignation numérique. Cette multiplicité crée des risques de confusion lors des achats internationaux, mais elle offre aussi une flexibilité précieuse pour sourcer le matériau. Lorsqu’un cahier des charges mentionne encore l’ancienne norme NF A 35‑573 avec un A60, le fait de le traduire vers un S355 ou un P295GH pertinent, via ces tableaux, permet d’aligner les exigences de limite élastique, d’aptitude au soudage et de résilience, tout en profitant des aciers modernes mieux caractérisés.
Caractéristiques mécaniques de l’acier A60 : limite d’élasticité, résistance et allongement
Plages de re, rm et A% typiques pour A60 laminé à froid et galvanisé
L’acier A60 présente en état normalisé une résistance à la traction Rm comprise entre 590 et 770 MPa, pour une limite d’élasticité Re de 305 à 335 MPa et un allongement à la rupture A% de 6 à 16 %. Lorsque le produit est transformé à froid (étiré, tourné, profilé), l’écrouissage augmente sensiblement la Rm (jusqu’à 1050 MPa) et la Re (jusqu’à 490 MPa), au détriment de l’allongement. Pour vos calculs, ce durcissement doit être pris en compte, notamment si la pièce subit ensuite un pliage ou une reprise de formage. Un A60 galvanisé se comporte mécaniquement comme le substrat nu, la couche de zinc n’apportant qu’une influence marginale sur la résistance globale, mais pouvant légèrement affecter la tenue en fatigue locale dans les zones fortement sollicitées en flexion.
| État | Rm (MPa) | Re (MPa) | A% (min.) |
|---|---|---|---|
| A60 normalisé | 590–770 | 305–335 | 6–16 |
| A60 écroui (étiré) | 590–1050 | 300–490 | 6–14 |
Comportement en traction : courbe contrainte‑déformation et domaine plastique
La courbe contrainte‑déformation d’un acier A60 typique montre un domaine élastique bien marqué suivi d’un palier de limite d’élasticité, puis d’un domaine plastique stable avant striction. En d’autres termes, la courbe se comporte comme celle d’un acier de construction classique, avec un point d’écoulement net autour de 300–330 MPa. Pour un concepteur, cela permet de dimensionner les structures sur la base d’un comportement linéaire-élastique jusqu’à environ 60 % de la résistance à la traction. Au-delà, l’allongement uniforme (souvent supérieur à 10 % pour un A60 non écroui) assure une certaine tolérance aux surcharges locales, notamment en flexion ou au niveau des zones de concentration de contraintes autour des perçages.
Résistance à la fatigue et à la déformation cyclique sur pièces embouties
La résistance à la fatigue de l’acier A60 dépend fortement de l’état de surface, des rayons de transition et du niveau de contraintes appliqué. Des essais sur aciers de résistance similaire montrent des limites de fatigue (à 2×106 cycles) de l’ordre de 180–220 MPa en traction‑compression alternée. Sur des pièces embouties, la présence de micro-entraînements ou de lignes de pliage serrées peut réduire localement cette valeur de 20 à 30 %. Pour un usage en carrosserie secondaire ou en ossature légère, une attention particulière portée au polissage des arêtes, au choix du rayon d’emboutissage et à un traitement anticorrosion complet permet de maintenir la durée de vie en service au-delà de 15–20 ans dans des environnements C3–C4, à condition d’éviter les surcontraintes permanentes proches de la limite élastique.
Influence du sens de laminage sur les propriétés anisotropes en emboutissage
Comme tout acier laminé, l’A60 présente une anisotropie mécanique liée à l’orientation des grains et des inclusions. En emboutissage, cette anisotropie se traduit par une différence d’allongement et de résistance entre le sens longitudinal et le sens transversal. En pratique, l’allongement peut varier de 10–20 % entre ces directions, ce qui influence le comportement au « earring » (formation d’oreilles) sur les pièces profondes. Pour vos choix de découpe dans la tôle, l’orientation des flancs critiques par rapport au sens de laminage joue donc un rôle majeur. Une bonne pratique consiste à orienter les zones les plus sollicitées en traction dans le sens transversal, souvent un peu plus ductile, et à valider les trajectoires de déformation par essais d’emboutissage pilote avant industrialisation.
Revêtement galvanisé de l’acier A60 : masse de zinc, adhérence et résistance à la corrosion
Désignations Z100, Z200, Z275, Z350 : grammage de zinc et durée de vie attendue
Les tôles A60 galvanisées sont classées selon la masse de zinc déposée, notée Zxxx, exprimée en g/m² pour les deux faces. Un revêtement Z100 correspond à 100 g/m² de zinc au total, soit environ 7–8 µm par face, tandis qu’un Z275 atteint près de 20 µm par face. Les données de retour d’expérience indiquent qu’en atmosphère rurale peu polluée (C2), un Z275 peut offrir jusqu’à 30 ans de protection avant apparition significative de rouille rouge, alors qu’en atmosphère industrielle ou marine (C4–C5), la durée se réduit à 10–15 ans sans peinture complémentaire. Pour un bac acier de toiture ou un bardage exposé, le choix d’un revêtement Z275 ou Z350, éventuellement combiné à une peinture polyester, assure généralement une longévité compatible avec la durée de vie du bâtiment.
Structure métallurgique de la couche Zn‑Fe (phases Γ, δ, ζ, η) et adhérence au substrat
Le revêtement galvanisé d’un A60 n’est pas un simple « film » collé en surface, mais une véritable couche d’alliage zinc‑fer formée par diffusion lors de l’immersion à chaud. La structure typique comprend plusieurs phases intermétalliques (Γ, δ, ζ) surmontées d’une couche externe riche en zinc quasi pur (η). Cette stratification explique la très bonne adhérence du revêtement au substrat, même en cas de pliage modéré. Cependant, en emboutissage profond ou en rayons de pliage très serrés, la couche peut se fissurer localement, créant des micro‑défauts de protection. Dans votre process, un compromis doit être trouvé entre épaisseur de zinc (meilleure durabilité) et risque d’écaillage local si les déformations sont importantes.
Performances en brouillard salin (ISO 9227) et en atmosphères C3, C4, C5 (ISO 12944)
Les essais en brouillard salin neutre (ISO 9227) servent souvent de base de comparaison entre revêtements, même s’ils ne reflètent pas toujours fidèlement les conditions réelles. Un A60 galvanisé Z275 non peint peut ainsi résister à plus de 500 heures avant apparition de rouille rouge sur rayures, alors qu’un Z100 atteindra difficilement 200–250 heures dans les mêmes conditions. En référence à l’ISO 12944, une tôle A60 Z275 + peinture système duplex bien appliquée atteint sans difficulté les classes C4 haute durabilité (15–25 ans) et peut viser C5 moyenne si l’épaisseur de peinture est suffisante. Pour des environnements très agressifs (stations côtières, industries chimiques), une surveillance régulière et, si possible, un surdimensionnement du revêtement constituent une assurance précieuse.
Compatibilité avec les traitements de surface : passivation, chromatation, peinture poudre
Le zinc déposé sur l’A60 peut subir divers traitements de surface pour stabiliser sa passivation et améliorer l’accroche peinture. Les anciennes chromatations hexavalentes, aujourd’hui restreintes par la réglementation, laissent place à des passivations trivalentes ou à base de silane, compatibles avec les exigences environnementales récentes. En peinture poudre, la préparation de surface (dégraissage, phosphatation, éventuellement grenaillage doux) conditionne directement l’adhérence et la tenue au brouillard salin. Sur des pièces embouties, vous gagnez à peindre après formage pour éviter les fissurations du film dans les zones de déformation maximale. Une approche efficace consiste à considérer le zinc comme une « anode sacrificielle » sous la peinture, apportant une sécurité supplémentaire en cas de rayure ou d’impact localisé.
Usages courants de l’acier A60 en construction métallique et bâtiment
Applications en couverture et bardage : tôles nervurées, bac acier, panneaux sandwich
En construction métallique, l’acier A60 galvanisé est largement utilisé pour les tôles nervurées de couverture, les bacs acier et les parements de panneaux sandwich. Sa résistance mécanique permet de franchir des portées importantes avec des épaisseurs limitées (0,63–0,75 mm en toiture courante), tout en supportant les charges climatiques (neige, vent) et les sollicitations de maintenance. Combiné à un revêtement organique polyester ou PVDF, l’A60 galvanisé offre une bonne stabilité dimensionnelle et une tenue esthétique durable. Si vous dimensionnez un bâtiment industriel, le choix de la nuance A60 avec un profil de tôle optimisé permet souvent de réduire la masse totale de couverture tout en gardant une sécurité confortable vis‑à‑vis du flambage local et de la déformation excessive.
Utilisation en ossature secondaire : pannes C et Z, lisses, rentrants de façade
Les profils formés à froid de type C, Z, oméga ou chapeau, fabriqués en acier A60, constituent l’ossature secondaire des bâtiments à charpente métallique. La limite d’élasticité autour de 300–335 MPa permet de concevoir des pannes et lisses relativement légères, à condition de respecter les règles de stabilité globale et de flambement local des ailes. Dans ces usages, la continuité de la galvanisation jusqu’aux bords découpés, associée à une peinture éventuelle, limite les phénomènes de corrosion filiforme au droit des fixations. Pour vous, projeteur ou calculateur, la prise en compte du module d’élasticité identique à celui des autres aciers de construction (environ 210 GPa) simplifie l’analyse comparative avec des nuances comme S235JR ou S275JR.
Fabrication de menuiseries métalliques et serrurerie : huisseries, dormants, habillages
Dans le domaine de la serrurerie‑métallerie, l’A60 s’emploie régulièrement pour les huisseries, dormants, habillages de façades et petits profilés décoratifs ou fonctionnels. Sa bonne tenue à la découpe et au pliage, alliée à une résistance suffisante pour les efforts usuels (fermetures, chocs modérés), en fait une nuance polyvalente. Sur les menuiseries extérieures, l’association acier A60 galvanisé + thermolaquage est devenue un standard, offrant une durée de vie souvent supérieure à 20 ans avec un entretien limité. Pour les pièces soudées, un préchauffage léger et une maîtrise des paramètres MAG permettent de limiter les déformations et les risques de fissuration dans la zone affectée thermiquement, tout en préservant l’esthétique des cordons visibles.
Applications de l’acier A60 dans l’industrie automobile et l’emboutissage de pièces fines
Pièces de carrosserie non apparentes : renforts, supports, traverses légères
Dans l’automobile, l’acier A60 et ses équivalents EN sont surtout présents sur les pièces de carrosserie non apparentes : renforts internes, supports de fixation, traverses secondaires. Ces composants exigent une résistance suffisante pour absorber les efforts de service et certains chocs, sans pour autant nécessiter les performances extrêmes des aciers à très haute résistance. L’A60 offre un bon compromis entre coût matière, aptitude à l’emboutissage et résistance mécanique. Sur les lignes modernes de presse, la répétabilité de la nuance permet d’optimiser les jeux d’outillage et de limiter les rates d’emboutis, à condition de spécifier des tolérances serrées sur l’épaisseur et les caractéristiques mécaniques en réception.
Emploi en tôlerie fine pour coffrets électriques, armoires et boîtiers de commande
L’acier A60 galvanisé ou électrozingué est très apprécié en tôlerie fine pour la fabrication de coffrets électriques, armoires de commande, boîtiers d’automatisme. Dans ces applications, la combinaison de résistance mécanique, d’aptitude au pliage à 90° ou 135° et de protection anticorrosion constitue un atout majeur. Un acier trop doux type DX51D pourrait manquer de rigidité pour des panneaux de grandes dimensions, alors qu’un A60 assure une meilleure tenue au flambage et aux chocs accidentels. Pour vous, tôlier‑carrossier, la constance du comportement en poinçonnage et en pliage permet de travailler avec des paramètres machine stables, limitant les reprises et les réglages longs entre lots.
Optimisation des paramètres d’emboutissage profond sur presse mécanique ou hydraulique
Sur les opérations d’emboutissage profond d’acier A60, les paramètres clés restent la lubrification, la vitesse de descente et la gestion de la pression de serre-flan. Une lubrification adaptée (huile entière ou émulsion renforcée) réduit drastiquement le risque de grippage et de stries sur les viroles ou les capots. L’expérience montre qu’une réduction de la vitesse de poinçon de 30 % peut diminuer les taux de déchirure de plus de 50 %, au prix d’un léger allongement de cycle. Les presses hydrauliques, grâce à leur contrôle fin de la cinématique, offrent souvent une meilleure robustesse de process que les presses mécaniques sur des géométries complexes. Un contrôle statistique des rebuts permet d’ajuster progressivement les rayons d’outils et les jeux de guidage afin d’exploiter au mieux la ductilité de l’A60 sans surdimensionner inutilement les épaisseurs.
Procédés de mise en forme de l’acier A60 : découpe, pliage, emboutissage et roulage
Découpe laser, plasma, cisaille guillotine : zones affectées thermiquement et bavurage
La découpe de l’acier A60 peut se faire aussi bien par cisaille guillotine que par laser ou plasma. La cisaille limite la zone affectée thermiquement (ZAT) à néant, mais génère parfois un léger marquage et une déformation en bord de tôle. Le laser fibre ou CO2 assure une qualité de coupe excellente avec des ZAT très fines, ce qui convient parfaitement aux pièces d’emboutissage ultérieur. En revanche, sur A60 galvanisé, la découpe thermique provoque localement une vaporisation partielle du zinc et la formation de bavures à base d’oxydes, qu’il convient d’ébavurer pour éviter les amorces de corrosion et les désordres en peinture. Un paramétrage approprié des gaz d’assistance (azote ou air comprimé filtré) améliore notablement la propreté des bords, surtout pour des épaisseurs supérieures à 3 mm.
Pliage à froid sur presse plieuse : rayon minimal, retour élastique et fissuration de l’arête
Le pliage des tôles A60 s’effectue généralement à froid, sur presse plieuse avec outils en V ou à rayon. Pour limiter la fissuration de l’arête, un rayon intérieur minimal de l’ordre de 1 à 1,5 × l’épaisseur est recommandé pour les aciers de résistance équivalente, surtout en présence d’un revêtement galvanisé. Le retour élastique (springback) reste modéré mais non négligeable : pour un pli à 90°, une surpression de 1–2° est souvent nécessaire afin d’obtenir l’angle final souhaité. Si vous observez des micro‑fissures du zinc ou du substrat en arête, un contrôle de la direction de pliage par rapport au sens de laminage, ainsi qu’une vérification du rayon outil, permettent généralement de corriger la situation sans changer de nuance d’acier.
Emboutissage progressif sur outils multi‑étapes : lubrification et limitation du grippage
Les lignes d’emboutissage progressif exploitent bien les capacités de l’A60, à condition de maîtriser la lubrification et la propreté des bandes. Le grippage entre matrice et poinçon reste l’un des principaux risques, surtout sur bandes galvanisées, où les particules de zinc peuvent se détacher en surface. Une lubrification ciblée sur les zones de plus forte compression, associée à un nettoyage périodique des « plaques martyres », réduit significativement ces phénomènes. Dans une logique de productivité, l’ajustement des entailles pilotes et des dégagements de déchets garantit un déroulement fluide du ruban, sans tirages parasites qui viendraient déformer les pièces ou abîmer le revêtement.
Profilage à froid (roll‑forming) de profils C, U, Ω et omégas structurels
Le profilage à froid ou roll‑forming est particulièrement adapté aux aciers de type A60 pour produire en continu des profils C, U, Ω ou omégas structurels. La succession de passes de rouleaux impose des déformations progressives, bien supportées par la nuance, tant que les rayons intérieurs restent raisonnables. L’avantage majeur pour vous, fabricant de profils, réside dans la possibilité de partir de bandes galvanisées, obtenant ainsi des éléments finis déjà protégés contre la corrosion, y compris à l’intérieur des plis. Une maîtrise fine des efforts de formage et de la planéité d’entrée permet de limiter les déformations de type voilement ou torsion sur les profils longs, particulièrement sensibles en façade et en couverture.
Soudabilité de l’acier A60 : MIG/MAG, résistance par points et brasage
Analyse de l’équivalent carbone (CEV) et choix des paramètres MIG/MAG
La soudabilité de l’A60 est souvent jugée « moyenne à médiocre », ce qui ne signifie pas qu’il soit impossible à souder, mais qu’il impose des précautions. Le calcul de l’équivalent carbone CEV (tenant compte de C, Mn, Cr, Mo, etc.) permet d’évaluer le risque de trempe et de fissuration. En pratique, un CEV inférieur à 0,40 oriente vers un procédé MAG avec gaz mixte (Ar/CO2) et un éventuel préchauffage à 100–120 °C pour les fortes épaisseurs. Vous pouvez ainsi limiter les gradients thermiques brutaux et les contraintes résiduelles. Un revenu de détente post‑soudage entre 580 et 620 °C, recommandé au‑delà de 30 mm d’épaisseur, réduit encore les risques de fissuration différée dans les zones affectées thermiquement.
Soudage par résistance par points sur tôles fines galvanisées A60
Le soudage par résistance par points reste le procédé privilégié pour assembler des tôles fines A60 galvanisées, notamment en automobile et en tôlerie industrielle. Le revêtement de zinc influe toutefois sur la résistance de contact et la durée de vie des électrodes. Des pointes en cuivre au chrome‑zirconium, combinées à des forces d’électrode adaptées et à une régulation fine du courant, limitent l’usure prématurée et l’éclaboussure de zinc. Une augmentation modérée du temps de soudage (quelques millisecondes) par rapport à une tôle noire permet de compenser l’effet isolant partiel du revêtement. Sur les lignes automatisées, un suivi régulier du diamètre d’empreinte et de la résistance mécanique des pastilles soudées assure une qualité constante, même à haute cadence (plusieurs dizaines de points par minute).
Braises tendre et forte (CuSi, CuAl) pour limiter l’évaporation du zinc
Lorsque la préservation du revêtement galvanisé ou la limitation des contraintes métallurgiques est prioritaire, le brasage remplace avantageusement le soudage fusion classique. Les fils de type CuSi ou CuAl, utilisés en MIG brasage, permettent d’opérer à des températures inférieures au point de fusion de l’acier, réduisant ainsi l’évaporation du zinc et la taille de la ZAT. Cette approche est fréquente pour les assemblages de carrosserie et les éléments architecturaux visibles, où l’aspect et la résistance à la corrosion priment sur la résistance ultime du joint. Vous obtenez ainsi des cordons plus lisses, avec un risque moindre de soufflures et de projections, au prix d’une résistance mécanique légèrement inférieure à celle d’une soudure plein métal.
Traitement des fumées de zinc et protections EPI sur lignes de soudage automatisées
La soudure et la découpe de tôles A60 galvanisées génèrent des fumées contenant des oxydes de zinc, dont l’inhalation peut provoquer des troubles aigus (fièvre des fondeurs) et, à long terme, des impacts respiratoires. Sur les lignes automatisées, une aspiration localisée efficace, combinée à une filtration adaptée, constitue une exigence de base. Les opérateurs doivent être équipés d’EPI appropriés (masques filtrants, gants, vêtements couvrants) et formés à reconnaître les signes d’exposition excessive. Une surveillance périodique des concentrations de fumées au poste, intégrée dans la politique HSE de l’entreprise, aide à maintenir un environnement de travail sûr tout en exploitant pleinement les avantages de l’A60 galvanisé en production continue.
Comparaison entre A60 et autres nuances proches : S235JR, S275JR, DX51D, A36
Comparer l’acier A60 aux nuances voisines permet d’affiner vos choix matière. Un S235JR offre une limite d’élasticité de 235 MPa et une résistance à la traction d’environ 360–510 MPa : il s’agit d’un acier de construction doux, très soudable, mais moins résistant que l’A60. Le S275JR, avec un Re de 275 MPa, se situe un cran au‑dessus, sans atteindre toutefois les 305–335 MPa de l’A60. Le DX51D, destiné aux tôles galvanisées de formage courant, présente une résistance plus faible mais une formabilité supérieure, adapté aux bacs acier économiques ou aux pièces faiblement sollicitées. L’acier américain A36, proche du S235, reste plus doux et plus facilement soudable que l’A60, mais ne fournit pas la même résistance mécanique. Le choix final dépend donc d’un équilibre entre résistance, soudabilité, formabilité et exigence de durabilité, l’A60 occupant une position intermédiaire intéressante pour des structures légères, des pièces mécaniques générales et des tôles galvanisées techniques.
