Arbre cannelé : dessin technique

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L’arbre cannelé occupe une place centrale dans la construction mécanique moderne. Invisible pour l’utilisateur final mais décisif pour la transmission de puissance, il conditionne la fiabilité d’une boîte de vitesses, la précision d’un réducteur ou la longévité d’un arbre de prise de force. Pour vous, concepteur, dessinateur-projeteur ou programmeur CN, bien maîtriser le dessin technique d’un arbre cannelé signifie moins de litiges en atelier, moins de retouches et un contrôle métrologique beaucoup plus fluide. Dans un contexte où les couples transmis augmentent et où les tolérances se resserrent, une représentation imprécise ou une cote manquante peut générer des coûts cachés considérables. Un arbre cannelé correctement défini sur plan devient au contraire un véritable standard interne, réutilisable de projet en projet et parfaitement compatible avec les normes internationales.

Définition d’un arbre cannelé en construction mécanique et normes associées (ISO 4156, DIN 5480, NF E22)

En construction mécanique, un arbre cannelé est un arbre cylindrique comportant des dents longitudinales (les cannelures) destinées à s’accoupler avec un alésage cannelé correspondant. Ce profil permet de transmettre un couple élevé tout en autorisant, si nécessaire, un coulissement axial. Les normes ISO 4156, DIN 5480 et NF E22 structurent la géométrie, les jeux et les tolérances de ces éléments. Pour un premier choix rapide de profil ou de matière, un modèle type arbre cannelé en acier A1‑85 en C45 étiré à froid constitue une base solide pour de nombreux projets industriels. Les longueurs standard autour de 1000 mm, avec une rectitude de 0,8 mm/m et une torsion maximale de 0,5 mm/m, couvrent déjà une large gamme d’applications classiques.

Comparaison arbre cannelé / arbre claveté : transmission de couple, concentricité et jeu fonctionnel

Face à un arbre claveté, l’arbre cannelé offre une répartition bien plus homogène des contraintes. Au lieu de concentrer le couple sur une seule clavette, plusieurs flancs de cannelures travaillent simultanément. Dans de nombreuses transmissions, cela autorise une réduction de diamètre d’arbre de 10 à 20 % pour un couple identique, ce qui allège sensiblement la cinématique. La concentricité est également meilleure, car le centrage peut se faire sur le diamètre extérieur ou sur les flancs des cannelures. Pour vous, cela signifie moins de faux-rond et moins de vibrations à haute vitesse. Quant au jeu fonctionnel, il reste contrôlé par des ajustements normalisés, évitant les jeux excessifs typiques de certains montages clavetés fatigués.

Terminologie normalisée : cannelures droites, évolventiques, involutes, profil en créneau

Dans les normes, plusieurs familles de profils coexistent. Les cannelures droites à profil en créneau rappellent visuellement des dents rectangulaires, adaptées aux efforts modérés. Les cannelures évolventiques ou involutes reprennent le principe du profil de denture de pignon, avec un contact progressif sur le flanc. Ce type se retrouve massivement dans la série DIN 5480 car il offre une excellente résistance à la fatigue de contact. La terminologie distingue aussi cannelures intérieures et extérieures, sommets, fonds, diamètre primitif et largeur de flanc. Bien utiliser ces termes dans le dessin technique évite tout malentendu entre bureau d’études, usineur et métrologue, surtout lorsque vous échangez avec des fournisseurs internationaux.

Domaines d’application : boîtes de vitesses automobiles, arbres de prise de force, réducteurs industriels SEW‑Eurodrive

L’arbre cannelé se rencontre partout où un couple significatif doit être transmis avec une grande fiabilité. Dans l’automobile, il assure la liaison entre arbres de boîte, différentiels et arbres d’entrée de pont. Sur les tracteurs et engins agricoles, l’arbre de prise de force (PDF) normalisé exige un profil cannelé rigoureusement défini pour garantir l’interchangeabilité des outils. Dans les réducteurs industriels de marques comme SEW‑Eurodrive ou d’autres grands acteurs du marché, les accouplements cannelés évitent le glissement relatif et améliorent le centrage des modules. Selon certaines études sectorielles, plus de 60 % des transmissions industrielles supérieures à 5 000 Nm utilisent aujourd’hui des liaisons cannelées plutôt que des clavettes classiques.

Normes de dimensionnement et paramètres géométriques d’un arbre cannelé

Le dimensionnement d’un arbre cannelé s’appuie sur plusieurs paramètres géométriques fondamentaux. Le module des cannelures, analogue à celui d’un engrenage, conditionne la taille globale du profil. Le nombre de cannelures détermine la répartition du couple et le pas angulaire. Le diamètre primitif fixe la position théorique de contact des flancs, tandis que diamètres sur fonds et sur sommets définissent la limite matérielle de l’arbre. Les tableaux normatifs de DIN 5480 et DIN 5482 regroupent ces valeurs sous des désignations compactes qui se retrouvent ensuite sur le dessin. Une bonne maîtrise de ces paramètres permet d’optimiser l’encombrement axial, la capacité de charge et la compatibilité avec les moyeux standards du marché.

Paramètres fondamentaux : module, nombre de cannelures, diamètre primitif, diamètre sur fonds et sur sommets

Pour choisir un profil de cannelure, le module m est souvent la première variable examinée. Un module plus élevé signifie des cannelures plus robustes, mais aussi un diamètre d’arbre plus important. Le nombre de dents, généralement entre 6 et 40 pour les arbres courants, influence la rigidité torsionnelle et la finesse d’indexation angulaire. Le diamètre primitif d se situe entre le diamètre sur sommets da et le diamètre sur fonds df et représente la zone théorique de contact. Vous obtenez ainsi un jeu fonctionnel maîtrisé entre arbre et moyeu, condition essentielle pour un accouplement cannelé sans broutage ni arrachement de matière, notamment à couple pulsé.

Tolérances et ajustements ISO pour cannelures intérieures / extérieures (fit H7, js9, P9)

Les tolérances dimensionnelles suivent généralement la logique ISO 286. Les profils extérieurs reçoivent souvent une zone de tolérance de type js9 ou h9, tandis que les alésages intérieurs s’appuient sur des classes telles que H7 ou P9 pour les ajustements serrés. Le choix entre ajustement glissant, de transition ou serré dépend directement de votre cahier des charges : présence de coulissement axial, fréquence des montages/démontages et niveau de couple à transmettre. D’un point de vue pratique, un ajustement glissant avec flancs centrés reste très utilisé sur les arbres de boîtes de vitesses, alors que les montages à centrage sur diamètre extérieur privilégient des classes plus serrées afin de réduire le faux-rond global.

Profils de cannelures normalisés : séries DIN 5480, DIN 5482, ANSI B92.1 avec exemples chiffrés

Les séries DIN 5480 et DIN 5482 régissent principalement les cannelures évolventiques en Europe, tandis que la norme ANSI B92.1 joue un rôle équivalent en Amérique du Nord. Un exemple typique de désignation DIN 5480 pourrait être : W 40x2x30x9H, où 40 est le diamètre primitif, 2 le module, 30 le nombre de cannelures et 9H la tolérance du moyeu. Les statistiques publiées lors des salons de la transmission de puissance montrent que plus de 70 % des nouveaux réducteurs industriels adoptent aujourd’hui des profils involutes conformes à ces normes, afin de faciliter les échanges internationaux de composants. Pour vous, la normalisation assure une disponibilité accrue de bagues, moyeux et outils de taillage compatibles.

Classes de centrage (flancs, diamètre extérieur, diamètre intérieur) et impacts sur le dessin

Un arbre cannelé peut être centré sur les flancs, sur le diamètre extérieur ou sur le diamètre intérieur. Le centrage sur flancs offre le meilleur comportement en transmission de couple, car le contact se fait là où la matière travaille effectivement. Le centrage sur diamètre extérieur simplifie en revanche le contrôle métrologique, notamment au projecteur de profil ou au micromètre trois touches. Sur le dessin technique d’arbre cannelé, la classe de centrage doit être indiquée clairement à proximité de la référence de norme. Cette information influence directement la façon dont vous coter les tolérances de diamètre, mais aussi les exigences de rectification finale, surtout si la vitesse de rotation dépasse 3 000 tr/min.

Spécifications de rugosité ra, rz et exigences de rectification pour arbre cannelé de précision

La rugosité de surface joue un rôle crucial dans la durée de vie des accouplements cannelés. Pour un arbre cannelé de précision, une rugosité Ra de 0,8 à 1,6 µm est souvent exigée sur les flancs, avec un Rz contrôlé pour limiter les pics d’aspérités. Les cannelures brutes de brochage peuvent parfois suffire pour des vitesses modérées, mais les transmissions de précision imposent fréquemment une rectification des flancs. Des études récentes indiquent qu’une amélioration d’un facteur 2 de la rugosité peut augmenter de 20 à 30 % la durée de vie en fatigue de contact. Pour vous, spécifier clairement rectifié et les valeurs de rugosité sur le plan évite toute interprétation excessive ou sous‑qualitative par le sous‑traitant.

Éléments incontournables d’un dessin technique d’arbre cannelé selon ISO 128 et ISO 129

Un dessin technique d’arbre cannelé conforme à ISO 128 (représentation) et ISO 129 (cotations) doit rester lisible, non ambigu et directement exploitable pour l’usinage CN. La représentation simplifiée des cannelures, la gestion des coupes et des sections et le marquage des tolérances géométriques concourent à ce résultat. Vous devez toujours garder à l’esprit qu’un plan d’arbre cannelé circule entre plusieurs services : conception, méthodes, production, contrôle, parfois qualité fournisseur. Une simple omission de longueur de portée ou de rayon de raccordement peut immobiliser un lot complet en atelier. Adopter une structure de cote cohérente et répétitive d’un projet à l’autre réduit fortement ce risque et crée une culture graphique interne solide.

Représentation simplifiée vs représentation développée des cannelures sur plan 2D

Pour ne pas surcharger les vues principales, la plupart des bureaux d’études utilisent une représentation simplifiée des cannelures. Les sommets sont symbolisés par des traits fins et quelques dents seulement sont détaillées dans une vue partielle ou un détail agrandi. La représentation développée, montrant toutes les cannelures en vraie grandeur, se réserve aux cas de contrôle strict ou lorsque le profil présente des particularités (gorges, chanfreins spécifiques). Cette dualité permet de garder une vue d’ensemble claire tout en apportant localement les précisions nécessaires. Si vous modélisez en 3D, l’arbre peut rester cannelé de façon réaliste, mais la mise en plan adopte souvent des conventions simplifiées pour gagner en lisibilité.

Cotations fonctionnelles : cotes sur diamètres, longueurs de portée, chanfreins et rayons de raccordement

Les cotations fonctionnelles commencent toujours par les diamètres essentiels : diamètre d’emmanchement lisse, diamètre de portée de palier, diamètre des cannelures. Viennent ensuite les longueurs de portée, indispensables pour positionner le moyeu cannelé et garantir le jeu axial recherché. Les chanfreins et rayons de raccordement méritent une attention particulière : ils conditionnent la résistance à la fatigue en pied d’épaulement et la sécurité de montage. Des statistiques issues de services qualité montrent que plus de 30 % des non‑conformités sur arbres proviennent d’une mauvaise interprétation des rayons et chanfreins. D’où l’intérêt d’indiquer systématiquement les valeurs, même si la longueur de chanfrein ou le rayon semblent “évidents” à l’atelier.

Indication des tolérances géométriques : circularité, faux-rond, battement radial, coaxialité

Les tolérances géométriques ISO 1101 sont essentielles pour garantir l’alignement des cannelures avec les portées de roulements et les surfaces de référence. La circularité assure la rondeur des diamètres, le faux‑rond contrôle la concentricité par rapport à un axe de référence, le battement radial cible la combinaison des deux. La coaxialité entre zone cannelée et portées de palier est souvent l’exigence la plus critique, surtout dans les transmissions à haute vitesse. Une tolérance de 0,01 à 0,02 mm sur 100 mm de longueur reste courante pour des arbres de précision. Si vous omettez ces indications, chaque usineur interprète la rectitude et l’alignement à sa façon, avec un risque accru de vibrations et de bruit en fonctionnement.

Marquage des références de normes de cannelures (ex. « DIN 5480 W 40x2x30x9h ») sur le cartouche

Une bonne pratique consiste à inscrire la référence complète de la cannelure directement près de la zone concernée et à la rappeler éventuellement dans le cartouche ou une note technique. La désignation DIN 5480 W 40x2x30x9H indique immédiatement à l’usineur quel outil de taillage, quelle bague étalon et quels paramètres de contrôle utiliser. Cela évite la reconstitution laborieuse des paramètres à partir de cotes dispersées. Pour un fournisseur étranger, la lecture de cette ligne garantit la compatibilité avec ses propres standards d’outillage. Dans un contexte où les délais se raccourcissent, chaque information explicite sur le plan réduit d’autant les risques d’erreur ou de délai de clarification.

Sections, coupes partielles, détails agrandis : bonnes pratiques de lisibilité pour l’arbre cannelé

Les coupes partielles et détails agrandis sont particulièrement utiles pour représenter les cannelures et les transitions géométriques. Une coupe longitudinale locale permet de montrer le profil de fond de dent, les gorges de dégagement et les rayons de congé. Un détail agrandi à l’échelle 2:1 ou 4:1 facilite la lecture de petits chanfreins, parfois inférieurs à 0,5 mm. Le recours à trop de coupes complètes, en revanche, tend à alourdir le plan et à faire perdre de vue la fonction globale de l’arbre. Une approche équilibrée, alternant vue d’ensemble et zooms ciblés, offre à l’atelier un support clair, compréhensible même par un opérateur peu familier des arbres cannelés complexes.

Procédure de cotation d’un arbre cannelé : méthode pas à pas sur un cas concret

Construire la cotation d’un arbre cannelé de manière méthodique réduit fortement les risques d’oubli. La démarche part systématiquement du cahier des charges fonctionnel, se poursuit par le choix du profil de cannelure dans les tableaux de norme, puis par l’établissement de la chaîne de cotes reliant paliers, épaulements et zones cannelées. Les tolérances dimensionnelles et géométriques se fixent ensuite en cohérence avec les normes ISO 286 et ISO 1101. Une telle approche pas à pas, presque “algorithmique”, simplifie aussi la communication avec les méthodes et la FAO : chaque cote a une raison d’être fonctionnelle claire, que vous pouvez justifier en cas de question en production ou chez un sous‑traitant.

Analyse du cahier des charges : couple transmissible, jeu admissible, type d’accouplement cannelé

L’analyse du cahier des charges commence par le couple transmissible nominal et maximal, les chocs éventuels et le régime de fonctionnement. Un arbre cannelé d’entraînement de pompe hydraulique ne subit pas les mêmes contraintes qu’un arbre de sortie de boîte robotisée soumise à des changements de rapports rapides. Le jeu admissible axial et angulaire doit aussi être clarifié dès le départ : jeu faible pour un guidage précis, jeu plus large pour faciliter le montage rapide en maintenance. Le type d’accouplement cannelé (fixe, coulissant, démontable fréquemment) oriente directement vers un ajustement glissant, de transition ou serré et influence la longueur de portée spécifiée sur le plan.

Choix du profil de cannelure et du module à partir des tableaux DIN 5480 avec exemple numérique

Supposons un couple nominal de 1 200 Nm à transmettre sur un arbre de 40 mm environ. Les tableaux DIN 5480 proposent, par exemple, un profil W 40x2x30 adapté à cette plage de couple. Avec un module 2 et 30 cannelures, la contrainte de contact reste dans une zone acceptable pour un acier C45 traité. En vérifiant les courbes de charge maximales, vous constatez qu’un module plus faible entraînerait un risque de plastification des flancs en surcharge. Cette sélection documentaire peut paraître fastidieuse, mais elle évite des erreurs grossières de dimensionnement. Une fois le profil choisi, il ne reste plus qu’à reprendre la désignation exacte et les tolérances correspondantes pour les reporter sur le dessin d’arbre cannelé.

Établissement de la chaîne de cotes fonctionnelles entre palier, épaulement et zone cannelée

La chaîne de cotes fonctionnelles part généralement d’un plan de référence lié au palier ou au flasque d’appui. Une première distance positionne l’épaulement principal, puis viennent la largeur de portée de roulement, la longueur de portée cannelée et enfin les extrémités d’arbre. Chaque cote doit participer à la fonction globale : positionnement axial du moyeu, alignement des pignons, jeu de dilatation thermique. Une bonne pratique consiste à limiter les cotes redondantes et à privilégier les cotes “d’origine” facilement contrôlables en métrologie. En procédant de cette façon, vous simplifiez aussi la programmation CN, qui peut reprendre directement ces références pour définir ses systèmes d’axes et origines pièce.

Application des tolérances ISO 286 et tolérances géométriques selon ISO 1101 sur le dessin final

Une fois les cotes nominales définies, les tolérances ISO 286 viennent encadrer les diamètres et longueurs critiques. Les diamètres de roulement reçoivent généralement des classes serrées (par exemple h6 ou j5), alors que certaines longueurs moins sensibles tolèrent des jeux plus larges. Les tolérances géométriques ISO 1101 s’ajoutent pour verrouiller concentricité, perpendicularité et battement. L’art consiste à trouver un compromis entre précision fonctionnelle et coût d’usinage. Un resserrement excessif peut augmenter de 20 à 30 % le temps de rectification sans gain réel de performance, tandis qu’une tolérance trop large engendre des vibrations ou des bruits de fonctionnement. Votre expérience et le retour d’atelier jouent ici un rôle déterminant.

Symboles, annotations et conventions graphiques spécifiques aux cannelures

Les arbres cannelés mobilisent un vocabulaire graphique spécifique, avec des symboles particuliers pour les cannelures, les états de surface, les traitements thermiques et les ajustements. Les flancs de cannelures reçoivent souvent une mention Taillé selon DIN 5480 ou Broché, accompagnée d’un symbole d’état de surface orienté. Les annotations relatives au centrage (sur flancs, sur diamètre extérieur) sont capitales pour éviter les malentendus au contrôle. Une erreur fréquente consiste à ne pas distinguer clairement les états de surface sur portées de roulements, épaules et zone cannelée, ce qui mène à des pièces sur‑qualifiées sur certaines zones et sous‑qualifiées sur d’autres. En structurant vos annotations par familles fonctionnelles, vous gagnez en clarté et en robustesse documentaire.

Modélisation et mise en plan d’un arbre cannelé sous SolidWorks, CATIA et fusion 360

Les logiciels de CAO 3D modernes offrent des outils remarquablement puissants pour modéliser un arbre cannelé complet et générer ensuite une mise en plan conforme aux normes. SolidWorks, CATIA et Fusion 360 intègrent tous des fonctionnalités de création paramétrique, de répétition circulaire et de gestion d’états de surface. Pour vous, cela se traduit par une réduction significative du temps de conception, mais aussi par une meilleure cohérence des plans : un changement de module ou de nombre de cannelures se répercute automatiquement sur les vues et coupes. De nombreux industriels constatent ainsi des gains de productivité de l’ordre de 20 à 30 % sur les phases de mise en plan de pièces de transmission complexes.

Création paramétrique de l’arbre cannelé dans SolidWorks à l’aide des bibliothèques toolbox

Sous SolidWorks, la création paramétrique commence généralement par un arbre lisse, avec diamètres et épaules définis par esquisse. Les cannelures se génèrent ensuite via une rainure type ou un profil de dent unique, répété par fonction de répétition circulaire. Les bibliothèques Toolbox, lorsqu’elles sont configurées avec des profils DIN 5480 ou ANSI B92.1, offrent des profils de base prêts à l’emploi. L’intérêt principal réside dans la possibilité de modifier à tout moment le diamètre primitif, le module ou le nombre de dents, sans remodeler la pièce depuis zéro. Vous gagnez ainsi en flexibilité lors des phases d’optimisation ou d’adaptation à un accouplement cannelé déjà existant dans une autre partie de la transmission.

Utilisation des tables de cannelures DIN 5480 dans CATIA V5 (GSD, part design, drafting)

CATIA V5, très implanté dans l’automobile et l’aéronautique, permet une modélisation avancée des arbres cannelés via ses modules GSD (Generative Shape Design) et Part Design. Les profils peuvent être définis directement à partir des paramètres DIN 5480 : module, diamètre primitif, largeur de dent, jeu au fond. Une esquisse maitre pilote ensuite la répétition circulaire des cannelures. En mise en plan (Drafting), des vues détaillées spécifiques sont créées pour montrer le profil évolventique avec la précision attendue par le contrôle. De nombreux constructeurs utilisent aujourd’hui des catalogues internes de profils cannelés CATIA standardisés, ce qui évite la dispersion de variantes incompatibles au fil des projets.

Génération automatique des cannelures par fonctions de répétition circulaire sous fusion 360

Fusion 360 se distingue par sa simplicité d’accès et ses capacités de modélisation paramétrique cloud‑based. La génération automatique des cannelures repose généralement sur une esquisse 2D d’une seule dent, extrudée puis dupliquée par répétition circulaire. Cette approche “une dent – plusieurs copies” reste extrêmement rapide à paramétrer, surtout pour des profils en créneau ou des formes droites. Pour les cannelures évolventiques, des scripts ou plug‑ins complémentaires sont souvent utilisés pour générer les profils d’involute. Une fois le modèle 3D validé, la mise en plan 2D se crée en quelques clics, avec possibilité de détails agrandis et de symboles d’état de surface configurables, très appréciables pour les arbres cannelés de précision.

Exportation des vues de définition 2D (DXF/DWG) et gestion des échelles de détail

Quelle que soit la CAO utilisée, l’exportation des plans en formats DXF ou DWG reste incontournable pour communiquer avec de nombreux ateliers CN. Les vues de définition doivent être correctement cotées avant export, avec une attention particulière aux échelles de détail : un détail agrandi trop petit devient illisible après impression, un détail trop grand surcharge inutilement la feuille. Une échelle 2:1 ou 4:1 pour les profils de cannelures et les chanfreins reste en général un bon compromis. Il est aussi recommandé de vérifier que les styles de ligne (traits interrompus, axes) suivent les conventions ISO 128 après conversion, car certaines traductions de formats peuvent altérer ces éléments graphiques.

Préparation du dessin d’arbre cannelé pour l’usinage CN et le contrôle métrologique

Un arbre cannelé bien dessiné, mais mal préparé pour l’usinage CN, peut malgré tout générer des surcoûts. La préparation inclut la définition claire des procédés envisagés (brochage, taillage, rectification), la codification des états de surface et des traitements thermiques et la mise à disposition des références de contrôle. Les ateliers modernes travaillent de plus en plus en flux numérique continu : le plan devient la source unique pour la FAO, le contrôle 3D et l’archivage qualité. Une structure de cote réfléchie facilite cette intégration. De nombreuses entreprises constatent ainsi des temps de mise au point réduits de 15 à 25 % lorsqu’un standard de dessin d’arbre cannelé est strictement appliqué projet après projet.

Indications spécifiques pour brochage, taillage par fraise-mère et taillage par outil involute gear cutter

Le procédé d’usinage des cannelures conditionne la manière de coter certains éléments. Pour un brochage, la longueur de portée et les dégagements en fond doivent laisser assez de place à l’outil, avec des rayons adaptés. Le taillage par fraise‑mère ou par outil Involute Gear Cutter requiert des indications précises de module, angle de pression, surépaisseur de rectification éventuelle. En indiquant explicitement sur le plan Brochage DIN 5480 ou Taillage fraise‑mère module 2, vous orientez l’atelier sur le procédé cible, ce qui évite des choix par défaut inadaptés. Il devient ainsi plus simple d’atteindre les tolérances de rectitude et de torsion, comme 0,8 mm/m en standard ou 0,1 mm/m sur demande pour un arbre cannelé de haute précision.

Codage des états de surface et traitements thermiques (cémentation, nitruration, trempe) sur le plan

Les traitements thermiques, tels que la cémentation, la nitruration ou la trempe, doivent apparaître clairement dans une note technique ou près des zones concernées. Un arbre cannelé en acier C45 étiré à froid peut, par exemple, recevoir une trempe superficielle sur les flancs pour augmenter la résistance à l’usure. Le codage des états de surface Ra et Rz est alors ajusté en conséquence, car certains procédés de rectification post‑traitement modifient la rugosité. Les statistiques de retour SAV montrent que de nombreux arrachements de cannelures proviennent d’une dureté ou d’une profondeur de couche insuffisante, parfois mal interprétée faute d’indication explicite sur le plan. Une mention complète Traitement thermique : trempe HRC 58‑62 sur 1,5 mm mini lève toute ambiguïté.

Références de contrôle par bagues étalons, cales GO/NOGO et projecteurs de profil

Pour le contrôle métrologique, les références à utiliser doivent être mentionnées ou au moins anticipées lors de la conception. Les bagues étalons et cales GO/NOGO permettent de valider rapidement le profil et le jeu fonctionnel des cannelures, tandis que les projecteurs de profil et machines à mesurer tridimensionnelles (MMT) fournissent des mesures plus détaillées sur les flancs. Une approche pragmatique consiste à associer aux profils standard DIN 5480 des références de calibres commerciaux, ce qui évite des fabrications spéciales longues et coûteuses. Pour vous, cette anticipation limite les litiges de conformité en réception et permet de mettre en place un contrôle statistique robuste, indispensable dès que les volumes de production dépassent quelques centaines d’arbres cannelés par an.

Extraction des données de fabrication à partir du plan pour FAO (CAM) et g-code ISO

La dernière étape consiste à transformer le dessin d’arbre cannelé en données utilisables par la FAO, puis par les CN capables d’interpréter un G-code ISO. Les logiciels CAM modernes lisent directement les géométries 3D, mais restent tributaires de la clarté des références de cote et de l’identification des zones fonctionnelles sur le plan. En codant clairement les surépaisseurs de rectification, les tolérances spécifiques de cannelures et les conditions de centrage, vous offrez au programmeur CN un cadre parfaitement défini. Cela se traduit par moins d’itérations entre BE et atelier et par une production d’arbres cannelés plus régulière, répondant aux exigences de couple, de jeu fonctionnel et de durée de vie attendues, même dans des transmissions particulièrement sollicitées.

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