Code couleur des plaquettes d’usinage

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Sur un atelier moderne, le code couleur des plaquettes d’usinage est devenu presque aussi important que la désignation ISO imprimée sur la plaquette. Un simple bandeau bleu, jaune ou vert sur un emballage suffit souvent pour savoir si une plaquette ira sur de l’acier, de l’inox ou de la fonte. Bien utilisé, ce langage couleur raccourcit vos temps de réglage, sécurise les opérateurs débutants et évite des casses outils coûteuses. Mal interprété, il provoque au contraire usure prématurée, états de surface dégradés et surconsommation de plaquettes. Comprendre en détail ces codes, leurs limites et la manière de les exploiter au quotidien vous donne un levier direct sur la productivité, surtout si vous travaillez en environnement CN multi-marques et multi-matières.

Normes et systèmes de code couleur des plaquettes d’usinage : ISO 1832, ISO 513, ANSI, DIN

Le point de départ du code couleur des plaquettes d’usinage est la normalisation internationale. La norme ISO 513 définit les grands groupes de matériaux (P, M, K, N, S, H) et leur associe des couleurs. En parallèle, ISO 1832 fixe la désignation alphanumérique des plaquettes (par exemple CNMG 120404-PM). Ces standards cohabitent avec des systèmes ANSI et DIN, encore très présents en Amérique du Nord et en Europe centrale. Dans un contexte de sous-traitance mondiale, un même insert peut donc être décrit à la fois par son code ISO, sa couleur de groupe matière et une référence propriétaire de fabricant.

Pour un atelier qui exporte ou qui usine pour l’aéronautique et l’automobile, la capacité à passer d’un référentiel à l’autre est devenue stratégique. Les études montrent qu’environ 60 % des ateliers multi-marques utilisent au moins deux normes (ISO + ANSI) sur un même parc machines. D’où l’intérêt de structurer votre magasin d’outils autour d’un langage commun : groupes ISO, couleurs et tableaux de conversion. Une plaquette bleue P25 gardera ainsi le même rôle, que vous l’achetiez chez un fabricant européen ou américain.

Différence entre code couleur ISO 513 (P, M, K, N, S, H) et anciens systèmes propriétaires sandvik, walter, seco

Avant la généralisation de ISO 513, plusieurs fabricants utilisaient des systèmes de code couleur propriétaires. Certains associaient une couleur à une famille de nuance (par exemple orange pour une génération de revêtements), d’autres distinguaient par couleur la géométrie (finition, universel, ébauche). Aujourd’hui, la tendance forte consiste à se caler sur le code couleur ISO, puis à superposer, de manière plus discrète, les informations spécifiques à la marque (gamme premium, performance, etc.). Vous rencontrerez donc encore des emballages « historiques », mais le socle commun reste désormais P bleu, M vert, K jaune, N clair, S rouge, H gris.

Interaction entre couleur du groupe d’usinage et désignation alphanumérique ISO des plaquettes (ex. CNMG 120404-PM)

La désignation CNMG 120404-PM décrypte la géométrie, la taille, la classe de tolérance et le type de brise-copeaux. Rien, dans ce code, n’indique la matière usinée ou le revêtement : cette information passe par la nuance (par exemple GC4325, IC8250, etc.) et par le groupe ISO associé, donc par la couleur. Concrètement, une CNMG bleue ISO P pour l’acier et une CNMG verte ISO M pour l’inox peuvent porter exactement la même désignation géométrique, mais avoir des comportements totalement différents en coupe. Lire la forme sans lire la couleur revient à choisir un pneu uniquement par sa dimension, sans tenir compte de la saison.

Compatibilité des codes couleur entre fabricants : sandvik coromant, kennametal, iscar, mitsubishi, seco tools

La bonne nouvelle pour vous : tous les grands fabricants d’outils de coupe ont aligné leurs codes couleur de base sur ISO 513. Une plaquette bleue reste donc dédiée à l’acier, que vous soyez chez Sandvik Coromant, Kennametal, Iscar, Mitsubishi ou Seco Tools. Les nuances, revêtements et microstructures diffèrent, mais la vocation matière reste lisible au premier coup d’œil. Les divergences apparaissent plutôt dans les sous-codes : pictogrammes de domaine d’utilisation, petits marquages colorés sur la plaquette, ou codes spécifiques de gamme. En pratique, une charte interne qui recense ces équivalences par marque facilite grandement l’interchangeabilité et la gestion des achats.

Lecture croisée des tableaux de conversion code couleur ISO / ANSI pour l’usinage mondial

Pour les entreprises qui travaillent avec des plans ou des gammes rédigés en norme ANSI, l’un des défis consiste à transposer un grade annoncé en C5 ou C6 vers une nuance moderne P25 ou P35. Les catalogues fabricants proposent des tableaux de conversion, mais la logique générale est la suivante : les séries C1–C4 se rapprochent des applications K et N, C5–C6 correspondent aux aciers P35–P45, et C7–C8 à certaines fontes et aciers trempés H. En combinant couleur ISO et tableau de conversion, vous pouvez retrouver rapidement une plaquette compatible, même si la référence d’origine n’est plus fabriquée.

Le code couleur ne remplace pas les tableaux de coupe, il en est la porte d’entrée visuelle et rapide, surtout lorsqu’un opérateur doit trancher en quelques secondes entre plusieurs boîtes de plaquettes.

Code couleur par groupe de matériaux : acier, inox, fonte, non ferreux, superalliages et matériaux trempés

Les groupes matière ISO sont au cœur du système : ils structurent les gammes de nuances, les revêtements et les brise-copeaux. L’acier, l’inox, la fonte ou les superalliages génèrent des efforts, des températures et des modes d’usure très différents. Le code couleur des plaquettes d’usinage traduit cette réalité de manière immédiatement compréhensible. C’est ce qui permet à un opérateur, même peu expérimenté, de reconnaître en une seconde une plaquette adaptée à l’usinage de l’acier C45 ou de la fonte EN-GJL-250.

Couleur bleue pour l’usinage des aciers (groupe ISO P) : nuances, revêtements TiCN, TiAlN, exemples P20–P40

Le bleu identifie le groupe ISO P, dédié aux aciers non alliés, faiblement ou fortement alliés, ainsi qu’à de nombreux aciers de construction comme C45, XC38 ou 42CrMo4. Les nuances P20–P40 équilibrent résistance à l’usure et ténacité. Les revêtements dominants sont TiCN, TiAlN ou des multicouches CVD qui supportent bien les vitesses de coupe élevées (souvent 180–280 m/min en tournage de production). Sur ces aciers, une plaquette bleue médiocrement choisie peut réduire la durée de vie outil de 30 à 40 %, tandis qu’une nuance optimisée P25–P35 associée au bon brise-copeaux améliore fréquemment le débit copeaux de 20 % sans perte de stabilité.

Couleur jaune pour les fontes (groupe ISO K) : abrasion, chocs thermiques, nuance K10–K30 pour tournage lourd

Le jaune désigne les fontes lamellaires, nodulaires et certains alliages à base de fer : groupe ISO K. Ici, le risque principal n’est pas la déformation plastique, mais l’abrasion et les chocs thermiques. Les nuances K10–K30, souvent revêtues d’oxydes comme Al2O3, résistent aux températures très élevées générées par des vitesses de coupe pouvant dépasser 350 m/min en fonte grise. En tournage lourd, une plaquette bleue ISO P utilisée à la place d’une jaune ISO K se traduira rapidement par une usure en cratère accélérée et des ébrèchements, surtout sur EN-GJL-250 ou EN-GJS-500, avec à la clé arrêts machine et rebuts.

Couleur verte pour les inox (groupe ISO M) : arêtes rapportées, copeaux longs, nuances M20–M40 pour ISO 304/316L

Le vert est réservé aux aciers inoxydables austénitiques, ferritiques et duplex : groupe ISO M. Ces matériaux (304, 316L, Duplex 2205, etc.) ont tendance à coller, produire des arêtes rapportées et des copeaux longs. Les nuances M20–M40 utilisent des substrats plus tenaces et des revêtements PVD plus fins pour préserver un tranchant vif. En pratique, une plaquette M bien choisie permet souvent une durée de vie outil 1,5 à 2 fois supérieure à une nuance P utilisée par défaut en inox. Elle réduit aussi significativement la formation d’arêtes rapportées, améliorant la stabilité dimensionnelle et l’état de surface sur des opérations de finition ISO 304/316L.

Couleur rouge pour les superalliages et matériaux réfractaires (groupe ISO S) : inconel 718, hastelloy, titane Ti-6Al-4V

Le rouge regroupe les matériaux les plus exigeants : superalliages base nickel (Inconel 718, Hastelloy), base cobalt et titane (Ti-6Al-4V). Le groupe ISO S impose des carbures très tenaces, souvent associés à des revêtements TiAlN ou AlTiN à haute stabilité thermique. Les vitesses de coupe restent modérées (20–60 m/min en tournage continu), mais les températures en zone de coupe sont extrêmes. Sur ces matériaux, les essais menés en aéronautique montrent qu’une nuance S optimisée peut multiplier par 2 la durée de vie par rapport à une nuance M haute performance, à condition d’appliquer strictement les plages Vc, f et ap recommandées.

Couleurs supplémentaires pour l’alu et non ferreux (groupe ISO N) et les aciers trempés (groupe ISO H)

Le groupe ISO N couvre l’aluminium, le cuivre, les alliages non ferreux et de nombreux plastiques techniques. Les plaquettes correspondantes sont souvent non revêtues, très polies, avec des angles de coupe très positifs. Leur repérage couleur varie selon les fabricants, mais reste distinct du bleu, vert et jaune. À l’inverse, le groupe ISO H (aciers trempés >45 HRC, fontes blanches) s’identifie généralement par un code gris ou sombre. Ici, le carbure micrograin, le CBN (nitrure de bore cubique) ou le PCD prennent le relais des carbures classiques, avec des vitesses de coupe souvent élevées mais des profondeurs de passe faibles.

Les groupes ISO ne décrivent pas seulement une dureté de matériau, ils reflètent surtout des comportements très différents en coupe : collage, abrasion, écrouissage ou fragilité thermique.

Interprétation avancée du code couleur sur les plaquettes : nuance, revêtement, géométrie et domaine d’utilisation

Au-delà du simple lien couleur/matière, une plaquette moderne concentre plusieurs niveaux d’information : nuance de carbure, type de revêtement, géométrie brise-copeaux et domaine d’utilisation (finition, universel, ébauche). Un emballage peut par exemple combiner fond bleu (acier), liseré doré (gamme premium) et pictogrammes de conditions de coupe. Une lecture experte transforme ces signaux visuels en décisions concrètes : quel outil monter, à quelle vitesse de coupe démarrer et jusqu’où pousser l’avance sans risquer la casse.

Couleur de l’emballage vs couleur imprimée sur la plaquette : comment distinguer nuance, groupe matière et gamme produit

Les fabricants utilisent généralement la couleur dominante de l’emballage ou d’une bande latérale pour indiquer le groupe matière ISO (bleu, vert, jaune, rouge, etc.). La plaquette elle-même peut porter un marquage coloré discret sur une face non fonctionnelle, pour rappeler ce groupe. À cela s’ajoutent parfois des codes couleur de gamme produit : série économique, premium, haute performance. Pour éviter les confusions, il est utile de considérer que tout ce qui est grand format (boîte, étiquette principale) indique la matière, tandis que les petits marquages colorés (points, traits, anneaux) précisent la nuance ou la gamme.

Association couleur / nuance de carbure : tenacité vs dureté, micrograin, cermet, CBN, PCD

À l’intérieur d’un même groupe couleur, plusieurs nuances coexistent, chacune positionnée sur un spectre ténacité/dureté. Certaines marques indiquent ce positionnement par des codes ou sous-couleurs. Une nuance très tenace pour ébauche lourde sera par exemple placée en bas du tableau, une nuance très dure et résistante à l’usure en haut. Les matériaux spéciaux comme cermet, CBN et PCD utilisent parfois des couleurs ou pictogrammes dédiés, car ils se situent en dehors du schéma carbure classique. Pour vous, l’enjeu est de repérer rapidement si la nuance supportera des coupes interrompues ou des vibrations, ou si elle est plutôt destinée à des passes régulières à haute vitesse.

Couleurs et types de revêtements : TiN (or), TiCN, TiAlN, AlTiN, CVD vs PVD, multicouches visibles

La couleur apparente d’une plaquette est aussi celle de son revêtement. Le TiN classique donne un aspect or, le TiCN tire vers le gris bleu, le TiAlN et l’AlTiN vers le noir ou l’anthracite. Les revêtements CVD, plus épais, apparaissent souvent plus mats, alors que les PVD sont plus fins et conservent un tranchant vif. Certains inserts multicouches laissent deviner, en coupe, des strates de couleur différentes, indice d’une architecture complexe (TiN/TiCN/Al2O3 par exemple). Ces éléments visuels, combinés au code couleur ISO, aident à vérifier rapidement que la plaquette correspond bien au domaine température/vitesse visé.

Marquage couleur sur les arêtes (chanfrein, zone honing) et lecture des géométries brise-copeaux (ex. -PF, -MM, -GF)

Certains fabricants marquent par une fine bande de couleur le chanfrein ou la zone préparée de l’arête. Ce marquage complète le code de géométrie inscrit dans la désignation, par exemple -PF (finition), -MM (universel), -RM (ébauche renforcée) ou -GF (géométrie très positive). En combinant ces indicateurs, vous pouvez distinguer, dans une même boîte, une géométrie adaptée à de faibles profondeurs de passe d’une autre prévue pour les fortes charges de copeaux. C’est particulièrement utile lorsque plusieurs plaquettes de même forme mais de géométrie différente se retrouvent côte à côte au poste.

Lien entre code couleur, plage de vitesses de coupe vc, avances f et profondeur de passe ap recommandées

Chaque groupe couleur renvoie à des plages typiques de Vc, f et ap. Par exemple, une plaquette P25 bleue en acier C45 acceptera couramment 200–250 m/min avec f = 0,15–0,3 mm/tr et ap = 1,5–3 mm en tournage. Une plaquette M30 verte en 316L se contentera plutôt de 120–180 m/min, avec des avances réduites pour limiter l’écrouissage. Statistiquement, les ateliers qui ajustent systématiquement leurs paramètres aux recommandations liées au code couleur constatent des gains de durée de vie outil de 25–40 % et une réduction du taux de casse brutale d’environ 15 %. Le code couleur n’est donc pas seulement une aide visuelle, c’est aussi un raccourci vers les bonnes plages de coupe.

Groupe ISO / Couleur Matériaux typiques Vc tournage typique Utilisation dominante
P (bleu) Aciers C45, 42CrMo4, acier de construction 180–280 m/min Production générale, grande série
M (vert) Inox 304, 316L, duplex 100–180 m/min Inoxterie, pharma, agro
K (jaune) Fonte EN-GJL-250, EN-GJS-500 250–400 m/min Automobile, machines lourdes
S (rouge) Inconel 718, Hastelloy, Ti-6Al-4V 20–60 m/min Aéronautique, énergie
N / H Alu, non ferreux / aciers trempés 300–800 / 80–200 m/min Usinage grande vitesse, rectif de remplacement

Exemples concrets de codes couleur par fabricant : sandvik coromant, seco, walter, iscar, kennametal

Chaque grand fabricant applique le code couleur ISO tout en ajoutant une signature propre. Ces exemples concrets permettent de mieux visualiser comment les nuances, revêtements et groupes matière se matérialisent pour vous, au quotidien, sur les boîtes de plaquettes et dans le magasin d’outils. Penser en termes d’« équivalents couleur » entre marques aide beaucoup lorsque les achats ou la disponibilité imposent de changer de fournisseur.

Code couleur des plaquettes sandvik coromant (groupe ISO, nuance GC, revêtement) : GC4325, GC4335, GC2015

Chez Sandvik Coromant, les nuances GC4325 et GC4335 sont emblématiques de l’usinage acier. Ces plaquettes, marquées en bleu pour le groupe P, utilisent des revêtements CVD multicouches combinant TiCN, Al2O3 et TiN. GC4325 est optimisée pour les conditions stables de grande série, avec une excellente résistance à l’usure en cratère, alors que GC4335 se positionne plus bas sur l’échelle de dureté, avec davantage de ténacité pour les coupes interrompues. La nuance GC2015, plus dure, est destinée aux vitesses très élevées et aux opérations de finition sur aciers peu alliés.

Palette couleur seco tools pour les nuances CP, TK, MK et référentiels matières steel, cast iron, stainless

Seco Tools applique une segmentation claire par familles de nuances : CP pour les aciers, TK pour la fonte, MK pour l’inox, chacune associée à la couleur ISO correspondante. Les supports marketing et les catalogues digitaux affichent des blocs de couleur « Steel », « Cast Iron », « Stainless » qui reprennent visuellement le bleu, le jaune et le vert. Les nuances de fraisage et de tournage sont ensuite positionnées dans des tableaux croisant ténacité et résistance à l’usure. Cette approche facilite la sélection de la nuance de fraisage adaptée au matériau et au type d’opération, surtout si vous utilisez plusieurs géométries sur un même corps d’outil.

Identification couleur walter pour les séries tiger·tec gold, tiger·tec silver dans le tournage acier et fonte

Walter se distingue par les séries Tiger·tec Gold et Tiger·tec Silver, immédiatement reconnaissables à leurs teintes dorées ou argentées sur fond de couleur ISO pour la matière. Ces revêtements avancés, optimisés pour l’usinage de l’acier et de la fonte, offrent des gains de durée de vie pouvant atteindre 30 % par rapport à la génération précédente, selon des essais indépendants. Pour un opérateur, l’association visuelle bleu + Gold renvoie spontanément à un insert de tournage acier haut de gamme, apte à travailler à des vitesses de coupe élevées dans des conditions stables.

Marquage couleur des plaquettes iscar (IC8250, IC928, IC907) pour fraisage et tournage haute performance

Iscar utilise des codes IC pour ses nuances, comme IC8250, IC928 ou IC907. Les plaquettes associées portent les couleurs ISO de groupe matière, complétées par des pictogrammes d’application (tournage, fraisage, perçage). Par exemple, IC8250 est une nuance très polyvalente pour le tournage acier, alors qu’IC928 est davantage orientée inox et matériaux difficiles. En fraisage, la combinaison de plaquettes marquées en bleu, vert ou jaune sur une même tête permet de reconnaître instantanément, en maintenance, quel type de matière l’outil était censé usiner.

Stratégies couleur kennametal pour les familles KC5010, KCP25C, KCU10 en usinage lourd et grande série

Kennametal met en avant des familles comme KC5010, KCP25C ou KCU10, particulièrement appréciées en usinage lourd et grande série. Les boîtes intègrent le code couleur ISO pour la matière, et des repères additionnels pour distinguer les nuances très résistantes à l’usure (5010) de celles plus tenaces pour les coupes interrompues (KCU10). Dans les ateliers fortement robotisés, où les outils tournent souvent à proximité des limites machine, ce type de codage visuel contribue à sécuriser les réglages et à limiter les erreurs d’affectation d’insert.

Utilisation du code couleur des plaquettes pour le réglage des paramètres de coupe en atelier

Le code couleur des plaquettes d’usinage prend tout son sens lorsqu’il sert à piloter concrètement les réglages sur machine. Que vous travailliez sur un centre Mazak, DMG Mori ou Haas, la logique reste la même : identifier le groupe ISO par la couleur, sélectionner la famille de paramètres associée, puis affiner en fonction de la nuance et de la géométrie. Cette méthode structurée réduit nettement le temps passé à feuilleter les catalogues ou à chercher des PDF de conditions de coupe.

Sélection rapide de la plaquette en fonction du code couleur et du brut : acier C45, XC38, 42CrMo4, fonte EN-GJL-250

Face à un lot de bruts en C45 ou XC38, la première étape consiste à isoler les plaquettes bleues ISO P, puis à choisir à l’intérieur de ce groupe celles qui couvrent la plage P20–P35, universelle pour ce type d’acier. Pour de la fonte EN-GJL-250, l’opérateur se tourne directement vers les boîtes jaunes ISO K, en privilégiant les nuances K15–K25 pour l’ébauche. Ce réflexe couleur évite la tentation, fréquente, de « finir une boîte » en montant une nuance M verte sur de l’acier par facilité, avec à la clé usure irrégulière et risques d’arêtes rapportées.

Ajustement des conditions d’usinage (vc, f, ap) à partir de la couleur et du groupe ISO sur centres mazak, DMG mori, haas

Sur les CN modernes, une grande partie des cycles conversationnels propose des bibliothèques matière basées sur les groupes ISO. En sélectionnant « Steel P » ou « Stainless M » sur un Mazak ou un DMG Mori, vous obtenez une première proposition de Vc et f adaptée à la couleur de la plaquette. Cette base peut ensuite être affinée en fonction des recommandations du fabricant et de la nuance exacte. Les retours d’expérience montrent qu’un réglage initial cohérent avec le code couleur réduit de 20 à 30 % le nombre d’essais-erreurs nécessaires avant de stabiliser un process.

Optimisation du magasin d’outils CN : repérage couleur, étiquetage, gestion des correcteurs d’outils

Un magasin d’outils bien organisé gagne à reprendre le code couleur ISO : étiquettes bleues pour les outils acier, vertes pour l’inox, jaunes pour la fonte, etc. Certains ateliers vont plus loin en colorant également les rangées ou en ajoutant des repères sur les tiroirs physiques. Cette cohérence visuelle simplifie la gestion des correcteurs d’outils et limite les mélanges de références. Couplée à un logiciel de gestion d’outillage, cette approche permet d’identifier rapidement les familles surconsommées et d’ajuster les stratégies d’achat ou de paramétrage.

Réduction des erreurs opérateur grâce au code couleur : mélange de nuances, confusion entre plaquettes P et M

Les erreurs les plus fréquentes concernent la confusion entre plaquettes ISO P et ISO M, surtout lorsqu’elles partagent une géométrie et un rayon identiques. Dans un environnement de forte rotation de personnel, le code couleur devient alors un garde-fou précieux. Des études internes à plusieurs groupes industriels montrent qu’une signalétique atelier basée sur la couleur (affiches, pictogrammes, repérage au poste) divise par deux, en moyenne, le nombre d’incidents liés à la mauvaise affectation de plaquettes, avec un impact direct sur la productivité et la qualité.

Erreurs fréquentes et bonnes pratiques dans l’interprétation des codes couleur des plaquettes d’usinage

Comme tout système simplifié, le code couleur des plaquettes d’usinage peut être mal interprété ou utilisé trop superficiellement. Certaines confusions reviennent régulièrement : mélange avec des codes qualité, extrapolation abusive d’une nuance à une autre matière, ou encore non prise en compte des limites de chaque groupe ISO. Identifier ces pièges permet de construire des bonnes pratiques robustes et d’exploiter pleinement ce langage visuel.

Confusion entre code couleur matière et code couleur de tolérance ou de qualité de surface ra

Certaines entreprises utilisent leurs propres codes couleur pour la tolérance dimensionnelle, la qualité de surface Ra ou même le statut de contrôle qualité. Si ces chartes internes ne sont pas clairement distinguées du code ISO 513, la confusion devient rapide. Une étiquette verte peut signifier « inox » pour l’outillage, mais « pièce contrôlée conforme » pour la métrologie. Une bonne pratique consiste à réserver strictement le bleu/vert/jaune/rouge aux matières usinées et à choisir, pour le reste, des motifs ou des formes plutôt que des couleurs identiques.

Mauvaise utilisation de plaquettes ISO P (bleu) sur fonte grise ou nodulaire : usure en cratère et ébrèchements

Monter une plaquette bleue ISO P sur de la fonte grise peut sembler fonctionner sur quelques pièces, surtout à faible charge. Mais la microstructure abrasive de la fonte accélère l’usure en cratère sur les carbures prévus pour l’acier, et la faible capacité à encaisser les chocs thermiques génère vite des fissures et des ébrèchements. Les analyses de retour atelier montrent que ce type de confusion représente jusqu’à 15 % des casses outils sur certaines lignes mixtes acier/fonte. La discipline consistant à n’utiliser que des plaquettes jaunes ISO K en fonte, même pour des petites séries, est donc rentable à moyen terme.

Sous-utilisation de nuances superalloys (rouge) sur aciers alliés : surcoût outil et performances dégradées

À l’inverse, utiliser systématiquement une nuance rouge ISO S superalliages « parce qu’elle tient mieux la chaleur » sur des aciers alliés courants constitue un gaspillage. Ces plaquettes sont plus coûteuses, moins optimisées pour l’évacuation des copeaux sur P, et leur comportement à des vitesses plus élevées n’est pas idéal. Plusieurs audits de coûts outils montrent qu’un tel mésusage peut augmenter la facture plaquettes de 10 à 20 % sans gain de productivité. La bonne pratique consiste à réserver les nuances S aux matériaux réellement classés Inconel, Hastelloy, titane, et à optimiser l’usinage des aciers avec des nuances P dédiées.

Mise en place d’une charte couleur interne atelier complétant les codes ISO : repères machine, programme, opération

La façon la plus efficace de sécuriser l’interprétation du code couleur reste l’élaboration d’une charte interne claire. Celle-ci associe, par exemple, couleurs ISO pour les matières, formes de pictogrammes pour les types d’opération (tournage, fraisage, perçage) et éventuellement numérotation pour les priorités de programme. Affichée au poste et intégrée dans la documentation de lancement de série, cette charte crée un langage commun entre la méthode, la programmation et la production. Sur le terrain, elle se traduit par des temps de formation raccourcis pour les nouveaux opérateurs et par une meilleure stabilité des process lors des changements de série fréquents.

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