Cône morse CM2 : dimensions et usages

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Le cône Morse CM2 occupe une place centrale dans la plupart des ateliers de mécanique, de maintenance et de serrurerie industrielle. De la petite perceuse à colonne à la fraiseuse CNC équipée d’adaptateurs modulaires, ce standard d’emmanchement reste l’un des plus utilisés pour le perçage, l’alésage et de nombreux usinages unitaires. Si vous utilisez une contre-pointe, un mandrin de perçage ou un porte-fraise au quotidien, la maîtrise des dimensions, de la conicité et des tolérances du cône Morse CM2 conditionne directement la précision, la sécurité et la durée de vie de vos outils. Comprendre ce standard permet aussi de choisir les bons adaptateurs, douilles et accessoires pour tirer le meilleur parti de chaque machine-outil.

Norme CM2 : définition, géométrie et dimensions normalisées du cône morse

Géométrie normalisée du cône morse CM2 selon ISO 296 et DIN 228

Le cône Morse CM2 est défini par des normes internationales comme ISO 296 et DIN 228, qui fixent la forme, les cotes et les tolérances de l’emmanchement conique. La géométrie repose sur un cône tronqué de révolution, dont la pente très faible assure un auto-serrage fiable entre la broche et l’outil. Le principe est simple : deux surfaces coniques de même conicité, l’une mâle (outil, arbre, mandrin), l’autre femelle (broche de perceuse, fourreau de contre-pointe), s’emboîtent jusqu’à la Gauge Line, ligne de jauge marquant la limite théorique de contact. Ce repère est crucial lorsque vous comparez un cône CM2 d’outil avec la broche ou la douille de réduction correspondante.

La norme précise aussi la longueur nominale, la forme de la queue (avec ou sans tenon d’entraînement), la rainure de chasse et les angles de cône. Un CM2 standard présente un angle de flanc de l’ordre de 1°26′ (soit une conicité 1:19,212), suffisant pour que l’outil tienne par friction seule lors de la plupart des opérations de perçage et d’alésage. Cette géométrie reste compatible avec un large éventail de mandrins comme les modèles B16 ou B18 grâce à des adaptateurs spécifiques, ce qui augmente considérablement la polyvalence de la porte-broche.

Dimensions clés du CM2 : diamètre petit et grand bout, longueur, conicité 1:19,212

Les dimensions du cône Morse CM2 sont strictement définies afin d’assurer l’interchangeabilité entre fabricants. Pour un CM2 typique, le diamètre au petit bout avoisine 12 mm, alors que le diamètre à la Gauge Line est d’environ 17,780 mm, comme indiqué dans plusieurs fiches techniques d’arbres d’attachement. La longueur fonctionnelle de portée se situe aux alentours de 75 mm, pour une longueur totale de l’ordre de 118 mm sur certains adaptateurs CM2–B18. La conicité normalisée 1:19,212 signifie que le diamètre augmente d’une unité lorsqu’on progresse d’environ 19,212 unités en longueur : cette faible pente garantit un excellent auto-centrage.

Un tableau récapitulatif permet de situer le CM2 par rapport aux autres numéros de cônes Morse :

Cône Morse Diamètre Gauge Line A (mm) Longueur B max (mm) Diamètre petit bout approx. (mm) Angle de flanc K
CM1 12,065 62 ~9,4 1°25’43 »
CM2 17,780 75 ~12,3 1°25’50 »
CM3 23,825 94 ~18 1°26’16 »

Ce jeu de dimensions normalisées assure qu’un foret ou un mandrin CM2 s’emmanchera correctement dans n’importe quelle broche CM2 conforme, que ce soit sur une perceuse à colonne d’entrée de gamme ou sur une machine de production.

Tolérances dimensionnelles, rectitude et rugosité de surface pour les portées CM2

Pour que le cône Morse CM2 assure une concentricité correcte, la qualité des portées coniques est essentielle. Les normes imposent des tolérances de diamètre de l’ordre de quelques centièmes de millimètre, ainsi qu’une rectitude rigoureusement contrôlée. Dans la pratique, une rectitude inférieure à 0,01 mm sur la longueur de cône est souvent recherchée pour garantir un faux-rond limité sur le foret ou l’alésoir. La rugosité de surface reste généralement comprise entre Ra 0,4 et 0,8 µm pour les cônes de précision, ce qui favorise le contact de surface sans micro-accroches excessives.

Un cône trop rugueux ou rayé augmente localement la pression de contact, favorise le grippage et complique le démontage. À l’inverse, une surface trop polie réduit le coefficient de frottement et peut entraîner un glissement prématuré sous couple. Un bon compromis est donc imposé par les normes : finition rectifiée, concentricité contrôlée et tolérances dimensionnelles permettant un emboîtement franc mais sans jeu perceptible, même après plusieurs centaines de cycles de montage/démontage.

Désignation complète d’un cône morse CM2 : marquages, gravures et codification fabricant

Sur un outil ou un adaptateur, la désignation du cône Morse CM2 apparaît généralement sous la forme CM2, MT2 (Morse Taper 2) ou parfois 2 MORSE. Cette mention est souvent gravée près du collet ou sur la queue cylindrique lorsqu’il s’agit d’un porte-outil combinant plusieurs normes. Certains fabricants ajoutent la référence du cône secondaire, par exemple CM2–B16 ou CM2–B18, pour indiquer la compatibilité avec un type de mandrin précis. La gravure inclut aussi la marque, la nuance de matériau (HSS, HSS-Co, carbure brasé) et parfois la classe de précision.

Pour identifier rapidement un cône CM2, une jauge ou un tableau dimensionnel est très utile en atelier. En cas de doute, mesurer le diamètre à la Gauge Line, puis comparer à la valeur de 17,780 mm permet de valider le type. Certains catalogues de métrologie et de porte-outils proposent d’ailleurs des gabarits spécifiques pour contrôler les tailles de cônes Morse et limiter les erreurs de montage entre CM1, CM2 et CM3.

Tableau des dimensions d’outils et d’adaptateurs en cône morse CM2

Mandrins porte-forets CM2 : exemples bosch, dormer, guhring et dimensions d’emmanchement

Les mandrins porte-forets restent l’une des applications les plus courantes du cône Morse CM2. Sur une perceuse à colonne standard, la broche est souvent en CM2, tandis que le mandrin est en cône court type B16 ou B18. Un adaptateur cône morse CM2-B16 ou CM2-B18 assure la liaison. Les grandes marques comme Bosch, Dormer ou Guhring proposent des mandrins à serrage manuel ou automatique dont la queue est directement usinée en CM2 ou montée sur un arbre d’attachement HSS avec longueur totale de 118 mm et longueur de portée CM2 de 75 mm. Ce type de configuration facilite le perçage d’aciers courants jusqu’à 13 mm de diamètre avec une excellente concentricité.

Les mandrins de précision avec serrage à clé ou autoserrants atteignent souvent des faux-ronds inférieurs à 0,03 mm, à condition que le cône CM2 d’emmanchement soit propre et en bon état. Pour vous, cela signifie que la qualité de la liaison conique a autant d’importance que le mandrin lui-même. Un simple choc sur le bout de cône peut dégrader l’alignement et induire des vibrations visibles dès 1 500 tr/min.

Porte-fraises et alésoirs CM2 : longueurs utiles, diamètre de passage, compatibilité ISO 40/BT 40

Au-delà du perçage, le cône Morse CM2 s’utilise largement pour monter des fraises deux tailles, des fraises à chanfreiner et des alésoirs machine. Les porte-fraises CM2 comportent souvent un alésage droit ou un logement pour pince de serrage, avec une longueur utile adaptée aux petits diamètres, typiquement entre 40 et 80 mm. Le diamètre de passage conditionne le Ø maximal de queue d’outil, souvent compris entre 10 et 20 mm selon la conception. Sur des fraiseuses plus lourdes, ces porte-fraises CM2 s’emboîtent eux-mêmes dans des adaptateurs ISO 40 ou BT 40, permettant d’utiliser des outils CM2 sur une broche de production standardisée.

Ce montage en cascade implique cependant une attention particulière à la rigidité : chaque interface conique supplémentaire augmente le porte-à-faux et peut réduire la stabilité en fraisage latéral. Pour un usinage de précision, vous avez intérêt à limiter le nombre d’adaptateurs et à utiliser des porte-outils CM2 de qualité rectifiée, avec un cône conforme aux tolérances de la norme et un équilibrage correct pour les vitesses de rotation visées.

Douilles et fourreaux de réduction CM2–CM1, CM2–CM3 : cotes, dépassement et guidage

Les douilles et fourreaux de réduction jouent un rôle clé pour adapter des outils coniques de différentes tailles à une même broche. Un exemple courant consiste à emmancher un petit foret CM1 dans une perceuse à colonne en CM2 via une douille CM2–CM1. Inversement, un fourreau d’augmentation CM2–CM3 permet parfois de monter un outil CM3 sur une broche CM2, avec cependant un impact sur la rigidité et le dépassement. La longueur du fourreau, le diamètre extérieur et la position de la rainure de chasse sont normalisés pour garantir une extraction correcte au chasse-cône.

Dans la pratique, ces douilles ajoutent quelques centimètres de longueur totale, ce qui peut être déterminant pour le perçage profond. Avant de choisir un fourreau de réduction, il est utile de vérifier le dégagement disponible sous la broche et la capacité de serrage de la machine, surtout si vous travaillez régulièrement avec des forets de grand diamètre sur des matériaux tenaces comme l’inox ou les aciers alliés.

Éjecteurs et chasse-cônes pour CM2 : rainure de chasse, longueur de queue et dégagement

L’extraction d’un cône Morse CM2 se fait généralement par un chasse-cône ou un éjecteur intégré à la broche. La rainure de chasse, usinée dans la broche ou le fourreau, reçoit un chasse-cône plat qui vient pousser l’outil par l’arrière. La dimension critique est la distance entre le fond de cône et la fente d’éjection : elle doit être suffisante pour qu’un simple coup sur le chasse-cône libère l’emmanchement sans abîmer le tenon d’entraînement. De nombreux éjecteurs CM2 sont normalisés avec une longueur de queue et une forme permettant une manipulation rapide en atelier.

Certains systèmes modernes intègrent un éjecteur automatique actionné par vis ou par levier, évitant au passage les coups de marteau répétés qui finissent par marquer la broche. Pour un atelier de mécanique générale, limiter les chocs sur les cônes Morse CM2 prolonge sensiblement la durée de vie des portées coniques et réduit les problèmes de faux-rond à long terme.

Principe de fonctionnement du cône morse CM2 : auto-serrage, frottement et transmission d’effort

Auto-centrage et auto-serrage du CM2 : angle de cône, coefficient de frottement acier/acier

Le succès du cône Morse CM2 repose sur son auto-serrage. L’angle de cône, très faible, combiné au coefficient de frottement acier/acier (souvent compris entre 0,12 et 0,18 à sec), crée un effet de coin. Lorsque vous frappez légèrement le bout du cône pour le loger, une composante axiale de l’effort se transforme en pression radiale, qui maintient l’outil en place. Cette pression est suffisante pour transmettre le couple de perçage tant que la force tangentielle reste inférieure à la limite de glissement liée à la friction.

On peut comparer ce phénomène à une cheville conique dans un trou : plus la cheville est enfoncée, plus le contact est ferme. Dans le cas du CM2, le cône reste démontable car l’angle est supérieur à l’angle de frottement, ce qui permet une extraction par poussée axiale contraire. Une légère pollution (huile, copeaux, poussière) suffit toutefois à modifier considérablement le comportement, d’où l’importance de l’entretien des portées coniques.

Transmission de couple en CM2 : surface portante, pression de contact et limite de glissement

La capacité d’un cône Morse CM2 à transmettre le couple dépend de la surface de contact et de la pression de contact admissible. Pour un CM2, la surface portante développée sur 75 mm de longueur est suffisante pour des perçages jusqu’à 25 mm de diamètre dans l’acier courant, à condition que la broche et l’outil soient en bon état. Des études industrielles montrent qu’un mauvais état de surface ou un jeu excessif peut réduire de plus de 30 % le couple transmissible avant glissement, ce qui se traduit par un patinage soudain du foret et un échauffement de la queue de cône.

Sur des opérations de fraisage, les efforts sont plus complexes car la composante radiale devient importante. Un porte-fraise CM2 mal emmanché aura tendance à vibrer, puis à glisser légèrement, provoquant des stries sur le cône. Pour limiter ce risque, certains fabricants préconisent un contrôle périodique de la conicité et un marquage discret des outils affectés à des opérations lourdes, afin de les réserver à des montages plus rigides.

Rôle du tenon d’entraînement (tang) CM2 dans les perçages lourds sur perceuse à colonne

Sur les forets à queue cône Morse CM2, un tenon d’entraînement, appelé tang, est souvent présent au bout de la queue. Ce tenon plat vient s’appuyer dans une encoche de la broche ou du fourreau, assurant un entraînement positif en rotation en complément du frottement conique. Lors de perçages lourds, par exemple au-delà de 20 mm de diamètre dans des aciers à 750 N/mm², ce tenon évite que le foret patine dans le cône lorsque le couple dépasse la capacité de friction.

Le tenon ne doit toutefois pas être considéré comme seule liaison de couple. Un cône CM2 mal serré, qui ne porte que sur le tenon, subira rapidement une usure prématurée et des déformations plastiques. Un bon emmanchement mise avant tout sur la surface conique ; le tenon vient en renfort dans les cas extrêmes, notamment lorsqu’un foret se bloque brutalement dans la pièce.

Comportement du cône morse CM2 sous efforts axiaux et radiaux en fraisage et alésage

En perçage, l’effort principal est axial et va dans le sens du serrage, ce qui améliore la tenue du cône CM2. En alésage, la situation est similaire mais avec des niveaux d’efforts potentiellement plus élevés en raison du contact périphérique allongé de l’outil. En revanche, en fraisage ou en dressage de surfaces avec des fraises deux tailles, les efforts radiaux et les vibrations latérales deviennent prédominants. Le cône Morse CM2 n’a pas été pensé initialement pour ces efforts, ce qui explique pourquoi, sur les centres d’usinage modernes, des interfaces comme HSK ou BT ont pris le relais pour le fraisage haute performance.

Pour autant, sur une petite fraiseuse conventionnelle, un porte-fraise CM2 correctement emmanché peut assurer des opérations de rainurage ou de chanfreinage avec une précision de quelques centièmes de millimètre, à condition de limiter les passes et d’adapter la géométrie de la fraise. L’expérience montre qu’une rotation inférieure de 20 % à la vitesse théorique et une avance modérée prolongent nettement la durée de vie de la liaison conique CM2 en fraisage.

Compatibilité du cône morse CM2 avec les machines-outils : perceuses, tours et fraiseuses

Perceuses à colonne et perceuses radiales avec broche CM2 : précis, sidamo, optimum

De nombreuses perceuses à colonne de marques comme Précis, Sidamo ou Optimum adoptent une broche en cône Morse CM2 pour couvrir la majorité des travaux d’atelier. Ce choix de standardisation permet à l’utilisateur de monter aussi bien un mandrin auto-serrant qu’un foret à queue conique ou un alésoir sans changer de machine. Les gammes professionnelles affichent souvent une capacité de perçage acier de 20 à 32 mm en CM2, selon la puissance moteur et la rigidité du bâti. Pour vous, cette compatibilité simplifie la gestion des outillages : un même jeu de forets CM2 et d’adaptateurs B16/B18 équipe plusieurs machines sans difficulté.

Les perceuses radiales et gros modèles sur colonne utilisent parfois des broches CM3, mais elles restent souvent livrées avec des douilles de réduction vers CM2 pour accepter l’outillage standard d’atelier. La présence d’un cône Morse CM2 garantit alors un excellent compromis entre capacité de perçage, facilité de changement d’outil et coût global du parc d’outillage.

Montage d’outillage CM2 sur petits tours parallèles type schaublin 102, myford, cazeneuve

Sur les petits tours parallèles, la contre-pointe est fréquemment en CM2. C’est le cas de nombreuses machines de type Schaublin 102, Myford ou de certains modèles Cazeneuve. Le cône Morse CM2 permet alors le montage de contre-pointes tournantes, de pointes fixes ou de mandrins de perçage pour réaliser trous de centre, taraudages et alésages axiaux. Une contre-pointe tournante CM2 de 31 mm de diamètre, par exemple, offre suffisamment de rigidité pour soutenir des pièces de longueur moyenne tout en assurant une rotation fluide grâce à ses roulements internes.

Pour des travaux de perçage depuis la contre-pointe, un mandrin monté sur adaptateur CM2–B16 ou CM2–B18 s’avère très pratique. La longueur totale de l’assemblage doit toutefois être surveillée pour éviter d’augmenter exagérément le porte-à-faux sur des petites pièces. Sur ce type de tour, le CM2 constitue un bon équilibre entre compacité et capacité de serrage d’outillage jusqu’à 13 ou 16 mm de diamètre.

Adaptation CM2 sur broches coniques ISO 30, ISO 40, CM3 via douilles et porte-pinces ER

Dans les ateliers mixtes, la compatibilité entre le cône Morse CM2 et des broches industrielles de type ISO 30, ISO 40 ou CM3 est un enjeu de flexibilité. Des adaptateurs combinant par exemple une queue ISO 40 avec un alésage conique CM2 permettent de réutiliser tout l’outillage CM2 existant sur des fraiseuses plus modernes. Il est également possible de combiner un porte-pinces ER avec un cône CM2 ou CM3 pour serrer des fraises à queue cylindrique, tout en conservant la possibilité de monter rapidement des forets à queue conique.

Cette modularité présente un avantage économique évident, mais impose aussi de bien gérer l’encombrement et la rigidité. Chaque interface conique ajoute un jeu potentiel et une source de désalignement. Pour des tolérances serrées, par exemple en alésage de précision H7, l’utilisation directe d’un cône ISO ou HSK sans adaptateur CM2 reste préférable, tandis que le CM2 se réserve aux opérations moins exigeantes en termes de concentricité.

Intégration du CM2 dans les systèmes modernes HSK et BT via adaptateurs modulaires

Les systèmes modernes de porte-outils, comme HSK ou BT, dominent les centres d’usinage à grande vitesse. Pourtant, le cône Morse CM2 conserve un rôle de transition grâce à des adaptateurs modulaires. Ces adaptateurs se présentent sous la forme d’un porte-outil HSK ou BT doté d’un alésage CM2 interne, dans lequel vous pouvez insérer un foret à queue cône Morse, un mandrin CM2–B16 ou un porte-fraise CM2. Cette solution est particulièrement utile en maintenance ou pour des opérations ponctuelles ne justifiant pas l’achat d’un jeu complet de porte-outils spécifiques.

Dans ce contexte, le CM2 sert surtout de support à des vitesses modérées, par exemple pour du perçage jusqu’à 1 500–2 000 tr/min. Au-delà, les exigences de déséquilibre et de précision d’interface rendent les systèmes HSK et BT nettement plus adaptés. Le cône Morse CM2 reste néanmoins un standard incontournable pour faire le lien entre machines anciennes et nouvelles générations d’équipements.

Usages typiques du cône morse CM2 en perçage, fraisage et usinage de précision

Perçage profond et perçage de gros diamètre en CM2 sur acier S235 et inox 304

En perçage profond, le cône Morse CM2 est largement utilisé avec des forets à queue conique de 10 à 25 mm de diamètre. Sur acier S235, des profondeurs de perçage dépassant 5 à 8 fois le diamètre sont courantes, à condition de recourir à un arrosage adapté et à des vitesses de rotation modérées. Sur inox 304, légèrement plus tenace et moins conducteur thermiquement, la maîtrise de l’affûtage du foret et du lubrifiant devient déterminante pour éviter le grippage dans le trou.

Les forets HSS ou HSS-Co montés en CM2 profitent pleinement de l’auto-serrage du cône pour transmettre le couple important requis. Un foret de 20 mm, par exemple, peut générer un couple de plusieurs dizaines de N·m lors de la phase d’attaque. Une liaison CM2 propre et bien ajustée vous offre une sécurité appréciable contre le glissement et les vibrations, surtout lorsqu’un forêt profond travaille en limites de puissance machine.

Utilisation de forets à centrer, alésoirs machine et fraises à chanfreiner en emmanchement CM2

Les forets à centrer, montés dans un mandrin CM2–B16 ou directement sur la broche CM2 via un mandrin de précision, servent à préparer les points de centre pour le tournage entre-pointes. Un bon centrage réduit sensiblement le runout et améliore la stabilité de la pièce lors des usinages ultérieurs. Les alésoirs machine à queue cône Morse CM2, quant à eux, permettent d’atteindre des tolérances d’alésage serrées, souvent dans la zone H7–H8, avec une bonne finition de surface.

Les fraises à chanfreiner et à lamer en CM2 sont également très prisées pour réaliser des portées de vis, des chanfreins de sécurité ou des états de surface spécifiques avant assemblage. Dans tous ces cas, le CM2 agit comme une interface robuste et facilement interchangeable, idéale pour des ateliers réalisant des petites séries variées avec des exigences de polyvalence élevées.

Usinages unitaires et petites séries en atelier de mécanique générale avec cônes CM2

Dans un atelier de mécanique générale, le cône Morse CM2 est souvent le standard partagé entre perceuses, petits tours et fraiseuses traditionnelles. Cette uniformité facilite les changements rapides d’outillage et réduit la nécessité d’investir dans des séries de porte-outils coûteux. Pour des usinages unitaires, des prototypes ou des petites séries, ce facteur de flexibilité prime souvent sur la recherche absolue de productivité ou de vitesses de coupe extrêmes.

De manière pratique, un atelier équipé d’un jeu complet de forets, alésoirs et fraises CM2 peut couvrir plus de 80 % des besoins courants en perçage et usinage d’ajustement sur aciers doux, aluminiums et inox standards. À condition de respecter des procédures de contrôle et d’entretien rigoureuses, un parc d’outils CM2 bien géré reste performant pendant de longues années, même face à la concurrence de systèmes plus récents.

Applications de maintenance industrielle et serrurerie utilisant des outils CM2 standard

En maintenance industrielle ou en serrurerie, les interventions se font souvent sur site, directement sur les machines ou les structures. Les perceuses à colonne mobiles ou sur bâti, fréquemment en CM2, deviennent alors des alliées incontournables. Le cône Morse CM2 permet de monter rapidement un foret, une fraise à carotter ou un alésoir pour reprendre un logement de goupille, agrandir un trou de passage ou rectifier un alésage abîmé.

La robustesse du standard CM2, son faible coût et la disponibilité d’outillages chez presque tous les fournisseurs en font un choix naturel pour ces métiers. Que vous travailliez sur des charpentes métalliques, des bâtis de machines ou des ensembles mécano-soudés, disposer d’un ensemble d’outils CM2 standard simplifie la logistique et garantit une compatibilité immédiate avec la majorité des perceuses de chantier et des petits tours d’atelier.

Contrôle, entretien et sécurité des cônes morse CM2 en atelier

Contrôle de conicité CM2 au comparateur et au bleu de prusse sur mandrin étalon

Le contrôle périodique des cônes Morse CM2 est une étape souvent négligée, pourtant essentielle pour préserver la précision des machines. Une méthode classique consiste à utiliser un cône étalon CM2 rectifié, monté dans la broche, puis à mesurer le faux-rond au comparateur près de la Gauge Line. Un faux-rond supérieur à 0,02–0,03 mm doit alerter sur un possible défaut de cône ou un problème de roulements de broche. Le contrôle au bleu de Prusse complète l’analyse : en enduisant légèrement le cône étalon et en l’emmanchant dans la broche, il est possible de visualiser la répartition des zones de contact.

Un cône Morse CM2 en bon état présente une répartition de contact régulière sur la quasi-totalité de la longueur de portée, sans zones blanches étendues ni piqûres isolées.

En cas de défauts localisés, un léger rodage au moyen de pâtes fines ou un re-alésage conique réalisé par un spécialiste peut parfois restaurer un niveau de contact acceptable. Au-delà d’un certain seuil de dégradation, le remplacement complet de la broche ou du porte-outils s’impose.

Nettoyage, dégraissage et prévention du grippage des portées coniques CM2

Un entretien régulier des portées coniques CM2 est crucial pour éviter le grippage et les démontages difficiles. Avant chaque montage, il est recommandé d’essuyer soigneusement le cône mâle et la broche femelle avec un chiffon non pelucheux, puis d’éliminer les copeaux résiduels à l’air comprimé filtré. Un léger film d’huile fine est parfois appliqué pour la mise en stockage, mais en utilisation courante, un cône légèrement dégraissé offre un meilleur compromis entre frottement et tenue.

Un cône Morse CM2 propre, exempt de copeaux et de résidus, réduit significativement les risques de marquage, de faux-rond et de glissement sous couple élevé.

Pour la prévention du grippage, éviter les chocs violents au montage et les efforts latéraux excessifs sur des outils de grande portée. En cas d’apparition de points de rouille superficielle, un léger passage à la toile émeri très fine, suivi d’un nettoyage et d’un contrôle au bleu de Prusse, permet souvent de retrouver un état de surface satisfaisant sans nuire à la conicité.

Procédures de montage/démontage CM2 avec chasse-cône et extraction sécurisée

Le montage d’un cône Morse CM2 commence généralement par un nettoyage minutieux des surfaces, suivi de l’emmanchement manuel jusqu’au contact, puis d’un léger coup sec pour assurer l’auto-serrage. Sur les perceuses à colonne, ce coup peut être donné en remontant la broche rapidement contre le cône déjà engagé, évitant ainsi l’utilisation d’un marteau. Le démontage se fait via la rainure de chasse et un chasse-cône adapté à la taille CM2. Une simple impulsion suffit normalement à libérer l’outil.

Pour les broches équipées d’un éjecteur intégré, une rotation d’une vis ou l’actionnement d’un levier assurent une extraction progressive. Ce type de système réduit les risques pour l’opérateur et limite les chocs sur la broche. Dans tous les cas, l’utilisation d’outils d’extraction improvisés ou inadaptés doit être évitée, sous peine de marquer irrémédiablement la queue du cône ou la broche.

Diagnostic des défauts d’emmanchement CM2 : faux-rond, vibration, marquage de surface

Plusieurs symptômes trahissent un défaut d’emmanchement CM2 : augmentation du faux-rond, apparition de vibrations au perçage, bruit inhabituel, traces de patinage ou de bleuissement sur la queue de cône. Face à ces signes, quelques vérifications simples s’imposent. D’abord, contrôler l’absence de copeaux ou de salissures, puis vérifier l’état de surface du cône mâle et de la broche. Une rayure profonde ou un méplat près de la Gauge Line suffisent parfois à expliquer un comportement instable.

Un diagnostic rapide et méthodique des défauts d’emmanchement CM2 évite la détérioration accélérée des outils, des mandrins et des broches de machines.

En cas de doute, un contrôle croisé avec un second outil CM2 en bon état, voire avec un cône étalon, aidera à déterminer si le problème vient de la broche ou de l’outil. Si plusieurs outils présentent les mêmes symptômes, une révision plus complète de la broche (roulements, cône interne, système d’éjection) devient alors nécessaire pour rétablir la fiabilité globale du système d’emmanchement Morse CM2.

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