Fraiseuse crouzet : présentation

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Dans un petit atelier amateur comme dans un service d’outillage industriel, une fraiseuse Crouzet bien réglée fait souvent figure de « couteau suisse » de l’usinage. Compactes, suffisamment rigides et pensées pour la précision, ces machines ont permis à des générations de mécaniciens, maquettistes, horlogers et préparateurs auto-moto d’usiner des pièces introuvables dans le commerce. Si vous disposez de peu de place, d’un budget raisonnable, mais que vous exigez une vraie qualité géométrique, la fraiseuse Crouzet, en particulier les modèles FC100, FC150 ou FC200, reste une référence. Comprendre leur histoire, leur architecture, leurs capacités d’usinage et les points à vérifier avant achat permet de transformer un « bon plan » en véritable investissement technique durable.

Historique des fraiseuses crouzet : des premières machines conventionnelles aux modèles de précision actuels

Origines de la marque crouzet et positionnement dans la machine-outil française

La marque Crouzet est surtout connue aujourd’hui pour ses produits de mécatronique, ses automatismes et composants pour l’aéronautique, l’énergie ou le transport. Pourtant, dès le milieu du XXe siècle, la société s’est aussi illustrée dans la machine-outil, notamment avec des tours et fraiseuses de petite et moyenne capacité. Dans la cartographie de la machine-outil française, Crouzet se positionne entre les grands constructeurs généralistes (H Ernault, Dufour, Graffenstaden…) et les fabricants ultra-spécialisés comme Schaublin. L’objectif : proposer des machines de précision compactes pour ateliers d’outillage, écoles, laboratoires et services prototypes.

Les fraiseuses de la série « Valence », dont la Crouzet FC100, s’inscrivent dans cette logique. Elles apparaissent dans de nombreux centres de formation, services méthodes, mais aussi dans les services de maintenance de grands groupes industriels. Cette diffusion importante explique le nombre d’exemplaires encore visibles sur le marché de l’occasion et dans les ateliers d’amateurs éclairés.

Évolution des gammes de fraiseuses crouzet : modèles d’atelier, d’outillage et de prototypage

Historiquement, la gamme de fraiseuses Crouzet s’articule autour de petites machines verticales universelles. La FC100 est la plus connue : une fraiseuse compacte, d’environ 400–500 kg, pensée pour le travail de pièces de taille moyenne et le modélisme. Autour d’elle se déclinent des modèles plus puissants comme la FC150 et la FC200, offrant davantage de course, une table plus large et des capacités de surfaçage supérieures. Plusieurs variantes existent : versions sans avance automatique, modèles avec avance longitudinale mécanique, têtes universelles orientables ou verticales fixes, options d’arrosage, plateaux circulaires, voire diviseurs spécifiques.

Dans certains ateliers, la fraiseuse Crouzet joue le rôle de machine d’outillage polyvalente : réalisation de gabarits, montages d’usinage, réparations ponctuelles, ajustage de pièces de série. Le rapport encombrement / capacité d’usinage en fait un choix naturel pour les ateliers de prototypage et les bureaux d’études disposant d’un coin usinage.

Transition des fraiseuses crouzet manuelles aux machines assistées et numérisées

À l’origine, ces fraiseuses sont entièrement conventionnelles, sans aucun élément numérique. Néanmoins, la robustesse du bâti et la qualité des glissières en font des candidates idéales pour des rétrofits CNC légers. De nombreux amateurs ont ainsi équipé des FC100 de moteurs pas à pas, de vis à billes sur certains axes et d’une commande numérique sous Mach3, LinuxCNC ou cartes plus récentes. Cette hybridation permet de conserver la finesse mécanique d’une machine européenne tout en bénéficiant du confort de la programmation numérique.

Un point intéressant pour vous, si un projet de numérisation est envisagé : la plupart des conversions décrites sur les forums conservent la possibilité d’utilisation manuelle. Les commandes d’origine cohabitent avec les moteurs pas à pas, ce qui offre une double vocation à la fraiseuse Crouzet : machine d’apprentissage du fraisage conventionnel et plateforme de prototypage numérique.

Impact de crouzet dans les ateliers de mécanique de précision, horlogerie et microtechnique

Grâce à leur rigidité correcte et à la qualité de leur broche, les fraiseuses Crouzet ont été largement utilisées en mécanique de précision, horlogerie et microtechnique. Leur compacité en fait un outil parfait pour l’usinage de composants de montres, de pièces de maquettes ou de systèmes d’entrainement miniatures. Dans les ateliers de restauration de voitures anciennes ou de motos de collection, une FC100 permet de re-fabriquer des leviers, supports de câbles, brides de carburateurs, petites platines ou boites de réduction dédiées à la compétition.

Dans de nombreux ateliers amateurs, une fraiseuse Crouzet bien réglée devient rapidement la machine centrale autour de laquelle s’organise le reste de l’outillage.

La demande soutenue sur le marché de l’occasion, avec des prix parfois multipliés par 3 ou 4 en dix ans, traduit cet impact : une fraiseuse Crouzet entretenue reste une référence pour qui recherche un compromis sérieux entre encombrement, précision et prix.

Caractéristiques techniques d’une fraiseuse crouzet type FC100, FC150 et FC200

Architecture de la machine : bâti, colonne, table croisée, console et système de guidage

La fraiseuse Crouzet FC100 adopte une architecture classique de fraiseuse universelle compacte. Le bâti en fonte supporte une colonne verticale sur laquelle coulisse une console. Sur cette console vient se loger la table croisée, assurant les mouvements longitudinaux (axe X) et transversaux (axe Y). L’axe vertical (Z) est généralement géré par la montée/descente de la console, ce qui garantit une bonne rigidité pour le surfaçage. Les guidages se font sur glissières prismatiques ou en queue d’aronde, avec lardons réglables. Ce système, bien ajusté, permet d’obtenir des jeux très faibles et une géométrie de fraisage stable sur la durée.

Sur certains modèles, une tête universelle orientable est montée sur la colonne. Elle autorise des usinages en angle, le fraisage oblique de portées ou la réalisation de dépouilles. Pour un atelier de modélisme ou de mécanique fine, cette tête universelle est un atout majeur, permettant d’éviter des montages complexes sur étau inclinable.

Courses X, Y, Z, capacités de table et rigidité pour les modèles FC100, FC150, FC200

Les données exactes varient selon les versions, mais les ordres de grandeur pour une FC100 sont typiquement : course X d’environ 220 mm, course Y autour de 100 mm et course Z de 300–330 mm. Cette « petite » course limite les dimensions des pièces, mais reste idéale pour les culasses de moteurs de modélisme, les petites platines mécaniques ou les blocs d’alliage léger pour des boîtes de vitesses miniatures. La table offre généralement trois rainures en T, avec une capacité de bridage suffisante pour un étau de 100 mm et un petit plateau circulaire.

Les FC150 et FC200 augmentent ces valeurs : selon les configurations, une course X de 350 à 450 mm et une table plus large améliorent notablement la capacité de surfaçage et la production de pièces plus volumineuses. La masse plus élevée de ces modèles contribue à une meilleure rigidité dynamique, intéressante pour l’usinage d’aciers plus durs ou pour l’utilisation de fraises à surfacer de plus grand diamètre.

Broche de fraisage crouzet : cône CM2/CM3, nez de broche, roulements et plage de vitesses

La broche des fraiseuses Crouzet de cette génération utilise généralement un cône Morse CM2 ou CM3 ou, sur certains modèles, un cône de type W20. Le nez de broche filetée permet le montage de mandrins à pinces, de mandrins de perçage ou de porte-fraises à tirant. Les roulements sont souvent des roulements coniques ou à billes de précision, lubrifiés par graisse ou huile selon les séries. Une broche en bon état présente un faux-rond radial inférieur à quelques centièmes de millimètre, indispensable pour le perçage et l’alésage de précision.

La plage de vitesses est obtenue par poulies étagées et, parfois, par boîte mécanique complémentaire. Sur une FC100 typique, la vitesse de broche varie d’environ 100–150 tr/min jusqu’à 2000–2500 tr/min. Cette plage permet à la fois le fraisage lourd en acier avec de grands diamètres et le fraisage rapide de l’aluminium ou des alliages cuivreux avec de petites fraises.

Avances manuelles, rapides et dispositifs d’avance automatique longitudinale et transversale

Certaines fraiseuses Crouzet FC100 ont été livrées sans avance automatique, d’autres avec une avance longitudinale mécanique intégrée. Dans les deux cas, la machine reste parfaitement exploitable pour la plupart des travaux d’atelier. L’avance manuelle se fait via des volants gradués, avec verniers lisibles, et un filet de vis adapté à des déplacements fins. Les versions avec avance automatique disposent d’un système d’entraînement mécanique (pignons, arbres, embrayages) permettant de déplacer la table de façon régulière en X, parfois en Y, ce qui améliore nettement la qualité de surfaçage et la répétabilité des passes.

Pour un utilisateur, la présence d’une avance automatique en X est un vrai confort pour les opérations de surfaçage longues ou le rainurage. En revanche, de nombreux propriétaires de FC100 équipées uniquement de manivelles parviennent à des résultats excellents en s’appuyant sur un réglage soigneux des jeux et des règles de bonne pratique (avance régulière, choix judicieux du sens de fraisage, etc.).

Systèmes de lubrification, arrosage et gestion des copeaux sur les fraiseuses crouzet

Sur ces machines, la lubrification se décline à deux niveaux. D’une part, la lubrification interne des organes (broche, boîtes, paliers) via de l’huile ou de la graisse adaptée. D’autre part, l’arrosage de coupe, souvent en option. Certaines FC100 sont livrées avec une pompe d’arrosage et un bac de récupération, d’autres en sont dépourvues. Pour un atelier amateur, un arrosage de coupe simple (bouteille à pression, arrosage intermittent) reste souvent suffisant, notamment pour l’usinage de l’aluminium et des aciers mi-durs.

La gestion des copeaux repose sur des carters et des écrans simples. Le plan de travail étant relativement compact, un nettoyage régulier des glissières et du bâti est crucial pour préserver la précision. L’accumulation de copeaux durs sous la table ou dans les glissières peut, à terme, rayer les surfaces et augmenter les jeux, d’où l’importance d’un brossage et d’un soufflage soigneux après chaque session d’usinage.

Motorisation, variateurs et alimentation électrique des fraiseuses crouzet d’atelier

Moteurs asynchrones d’origine crouzet : puissance, nombre de pôles et couple disponible

Les fraiseuses Crouzet d’origine sont généralement équipées de moteurs asynchrones triphasés 380 V de puissance modeste, typiquement entre 0,75 kW et 2,2 kW selon le modèle (FC100, FC150, FC200) et la configuration. Le nombre de pôles (2, 4 ou 6) détermine la vitesse de rotation nominale : environ 2800 tr/min pour un 2 pôles, 1400 tr/min pour un 4 pôles. Certains moteurs spécifiques utilisent un bobinage de type Dahlander, permettant deux vitesses mécaniques sans variateur. Cette solution assure un bon couple à basse vitesse et une vitesse élevée pour le surfaçage léger.

Pour vous, l’important est de vérifier la plaque signalétique du moteur : tension, couplage (étoile/triangle), intensité nominale. Un moteur sain, sans bruit anormal ni échauffement excessif, supporte sans problème un usage régulier en atelier amateur. Dans l’industrie, ces moteurs sont parfois remplacés par des modèles plus récents à haut rendement, mais pour un usage domestique, le moteur d’origine reste souvent parfaitement adapté.

Montage d’un variateur de fréquence (VFD) sur fraiseuse crouzet triphasée 380 V

De nombreux propriétaires de fraiseuse Crouzet cherchent à installer un variateur de fréquence (VFD) afin d’alimenter un moteur triphasé à partir du réseau 230 V monophasé et de bénéficier d’une variation de vitesse en continu. Le principe consiste à utiliser un variateur 230 V mono → 230 V tri, puis à recâbler le moteur en triangle 230 V si son bobinage le permet. Sur les moteurs Dahlander ou non prévus pour le 230 V, la solution peut nécessiter davantage de compétences en électrotechnique ou le remplacement complet du moteur.

Un point critique : la liaison entre variateur et moteur ne doit jamais être interrompue sous tension, sous peine de détériorer le variateur.

Il est donc impératif que les commutateurs de vitesse mécaniques ou électriques d’origine ne coupent pas la ligne moteur quand le variateur est en service. La pratique recommandée consiste à :

  • Shunter les anciens contacteurs moteur et alimenter directement le moteur via le variateur
  • Rappoter les commandes marche/arrêt et sens de rotation sur les entrées logiques du variateur
  • Programmer des rampes d’accélération/freinage adaptées pour préserver la transmission et les courroies

Conversion d’une fraiseuse crouzet triphasée pour alimentation en 230 V monophasé

Si le moteur d’origine n’est pas compatible 230 V triangle ou si la configuration Dahlander complexe rend l’utilisation d’un VFD délicate, deux solutions existent. La première consiste à remplacer le moteur par un moteur asynchrone 230 V / 400 V moderne, couplé à un variateur 230 V mono / 230 V tri. Cette solution offre d’excellentes performances mais demande quelques adaptations mécaniques (plaque d’adaptation, réalignement des poulies). La seconde solution, moins performante, fait appel à un condensateur de déphasage pour alimenter le moteur triphasé depuis le monophasé, mais au prix d’une perte de puissance pouvant atteindre 30 %.

Pour un atelier de modélisme ou de mécanique de loisir, l’option variateur + moteur 230/400 V reste généralement le meilleur compromis : meilleure maîtrise de la vitesse, protection thermique intégrée, fonctions de freinage progressif et réduction sensible des appels de courant au démarrage.

Choix des courroies, poulies étagées et rapports de transmission de la broche

La transmission de la puissance moteur à la broche se fait par courroies trapézoïdales classiques, parfois doublées pour augmenter la capacité de couple. Lors d’une restauration de fraiseuse Crouzet, le remplacement des courroies fatiguées par des modèles neufs aux bonnes dimensions est une opération simple qui améliore nettement le confort d’utilisation. Le choix des rapports de poulies détermine la plage de vitesses mécanique ; combinée à un variateur de fréquence, elle permet de couvrir une large gamme de vitesses de coupe.

En pratique, l’utilisateur expérimenté choisit un rapport de poulies adapté au matériau et au diamètre d’outil, puis ajuste finement la vitesse via le variateur. Cette approche limite les efforts sur le moteur et la transmission, tout en maintenant une vitesse de coupe optimale, ce qui prolonge la durée de vie des fraises et améliore la finition de surface.

Capacités d’usinage d’une fraiseuse crouzet : matériaux, opérations et précisions atteignables

Fraisage en bout, en roulant et en rainurage sur aciers C45, inox 304L et aluminium 7075

Une fraiseuse Crouzet bien réglée permet l’usinage d’une large palette de matériaux : aciers doux type S235, aciers de construction C45, inox austénitiques 304L, aluminiums d’usinage 6082 ou 7075, laiton, bronze et plastiques techniques. Le fraisage en bout (fraise cylindrique), le fraisage en roulant (fraise deux tailles) et le rainurage sont parfaitement adaptés au gabarit de la FC100. Pour un acier C45, une fraise HSS de 10 mm, une profondeur de passe de 1 à 2 mm et une avance modérée donnent déjà des résultats très corrects. Sur aluminium 7075, des avances plus importantes et des vitesses de coupe plus élevées sont possibles, surtout avec des fraises carbure modernes.

La clé pour obtenir une bonne productivité sans sacrifier la précision réside dans le trio rigidité de la prise de pièce – qualité de l’outil – paramètres de coupe. Une fraiseuse Crouzet n’est pas une fraiseuse de 2 tonnes ; la profondeur de passe doit être choisie en conséquence, surtout en rainurage étroit.

Perçage, lamage et alésage de reprise sur fraiseuse crouzet avec mandrin de perçage

Grâce à la broche verticale et à un mandrin de perçage monté sur cône Morse, la fraiseuse Crouzet se transforme en perceuse de grande précision. Le perçage, le lamage et l’alésage de reprise de trous existants font partie des opérations courantes. Par exemple, le réalésage d’un logement de roulement, la reprise d’un trou débouchant mal centré ou la création de logements de goupilles avec une précision de l’ordre du centième de millimètre deviennent accessibles.

C’est là que la rigidité de la colonne et le faible faux-rond de la broche prennent tout leur sens. Sur une machine bien entretenue, un alésage à l’alésoir machine permet d’atteindre des tolérances de l’ordre de H7 sans difficulté, à condition que la pièce soit correctement bridée et la broche exempte de jeu.

Stratégies d’usinage haute précision pour pièces de micromécanique et moules prototypes

Pour la micromécanique, la précision ne tient pas uniquement à la machine, mais aussi à la stratégie d’usinage. Une fraiseuse Crouzet, même modeste, permet des opérations complexes comme la réalisation de logements de pignons, de coulisses miniatures, de boites de réduction de modélisme ou de petits moules prototypes. Il s’agit d’adopter des passes légères, des avances faibles, des outils très affûtés (HSS affûté rasoir ou carbure poli) et, si possible, un arrosage adapté. Une analogie utile : traiter la fraiseuse comme un « graveur de métal » plutôt que comme une machine de production lourde.

Une approche efficace consiste à usiner à quelques dixièmes au-dessus de la cote finale, puis à réaliser une ou deux passes de finition à faible profondeur et avance régulière. Cette méthode réduit les déformations de pièces fines, améliore la rugosité et permet d’atteindre des tolérances serrées même sur des pièces fragiles.

Rugosité obtenue, tenue des cotes et répétabilité sur fraiseuse crouzet bien réglée

En pratique, une fraiseuse Crouzet FC100 correctement réglée et outillée permet :

  • Une rugosité Ra de 1,6 à 3,2 µm en surfaçage avec une fraise à surfacer moderne
  • Des tolérances dimensionnelles de l’ordre de ±0,02 mm sur des cotes critiques avec prise de passe mesurée
  • Une répétabilité tout à fait compatible avec la réalisation de petites séries de pièces techniques

Cette performance suppose un réglage soigné des lardons, des vis-mères avec jeu minimal, des outils bien affûtés et des verniers ou règles numériques fiables. Avec une DRO (visualisation numérique des axes), la productivité et la facilité d’atteinte de ces précisions augmentent considérablement, surtout pour vous si l’usinage n’est pas votre métier principal mais une passion.

Outillage et accessoires indispensables pour exploiter une fraiseuse crouzet

Étaux de précision (type kurt, vertex), bridages et jeux de brides adaptés à la table crouzet

Le choix de l’étau est crucial sur une petite fraiseuse. Un étau de précision de type Kurt, Vertex ou équivalent, en largeur 100 ou 125 mm, convient particulièrement bien à la table d’une FC100 ou FC150. L’objectif est double : rigidité suffisante pour encaisser les efforts de coupe, et précision de parallélisme des mors pour garantir une base de référence fiable. Un jeu de brides adapté aux rainures en T de la table complète le dispositif, permettant le bridage direct de pièces volumineuses ou irrégulières.

Une bonne pratique consiste à dresser systématiquement les mors doux ou à utiliser des mors rapportés ajustés à la pièce. Ce temps passé en préparation est largement récupéré en qualité de pièce et en réduction des risques de glissement ou de vibration.

Porte-outils et attachements CM2/CM3 : mandrins ER, pinces W20, adaptateurs et tirants

Selon le cône de broche (CM2, CM3 ou W20), différents systèmes de serrage d’outil peuvent être utilisés. Les mandrins à pinces ER sur cône Morse avec tirant constituent aujourd’hui une solution très appréciée : flexibles, précis et économiques. Sur une fraiseuse Crouzet type W20, certains utilisateurs montent un mandrin ER sur adaptateur W20, un peu comme sur les tours de la même marque, ce qui permet de mutualiser les jeux de pinces entre tour et fraiseuse.

Pour des outils plus lourds (fraise à surfacer, tête à aléser), des attachements à tirant rigide assurent un maintien fiable et une bonne concentricité. Le tirant, souvent en filetage métrique spécifique, doit être adapté au nez de broche pour éviter tout jeu axial ou risque de desserrage en charge.

Têtes à aléser, diviseurs, plateaux circulaires et dispositifs inclinables compatibles crouzet

Pour exploiter pleinement les capacités d’une fraiseuse Crouzet, certains accessoires deviennent vite incontournables. Une tête à aléser de petit diamètre multiplie les possibilités de reprise dimensionnelle de logements de roulements, de portées cylindriques et de logements de joints. Un diviseur ou plateau circulaire motorisé permet le taillage de pignons, la réalisation de trous répartis, de cannelures ou de profils excentrés, même sur une petite table.

Un étau inclinable ou une équerre de fraisage robuste autorise l’usinage de dégagements inclinés, de surfaces obliques ou de portées en angle sans devoir reconfigurer la tête universelle. Ces dispositifs élargissent le champ d’application de la fraiseuse, qui devient alors un véritable « centre d’usinage » manuel pour un atelier amateur.

Jeux de fraises HSS et carbure : fraises deux tailles, fraises à surfacer, fraises à rainurer

Un jeu de base d’outillage pour fraiseuse Crouzet comprend généralement :

  • Fraises HSS deux tailles de 3 à 16 mm pour le rainurage et le détourage
  • Fraises carbure monobloc, surtout pour l’usinage de l’aluminium et des aciers inoxydables
  • Une fraise à surfacer de 40 à 63 mm de diamètre, en HSS ou carbure, pour le dressage rapide de faces
  • Fraises en T, fraises à rainurer disques ou fraises-scie pour les gorges spécifiques

La qualité d’affûtage et la compatibilité entre l’outil et le matériau usiné comptent plus que la marque sur ce type de machine. Un jeu limité mais bien choisi permet déjà de couvrir 80 % des besoins courants d’un atelier d’amateur.

Réglages, géométrie et maintenance préventive d’une fraiseuse crouzet d’occasion

Contrôle de la géométrie : perpendicularité broche/table, jeux des glissières, faux-rond

L’achat d’une fraiseuse Crouzet d’occasion impose un contrôle méthodique de la géométrie. Quelques mesures simples, réalisées avec un comparateur et une équerre de précision, apportent des informations précieuses :

Élément contrôlé Méthode Valeur indicative acceptable
Perpendicularité broche/table Comparateur sur porte-fraise balayant la table < 0,02 mm de variation sur 200 mm
Jeu des glissières X/Y Comparateur entre bâti et table lors d’inversion de sens < 0,05 mm, rattrapable par réglage de lardons
Faux-rond broche Comparateur sur cône ou barre étalon < 0,01–0,02 mm à 100 mm de sortie

Ces contrôles permettent de distinguer une machine simplement « dans son jus » d’un exemplaire réellement fatigué, ayant subi des usinages lourds ou un manque de lubrification chronique.

Réglage des lardons, rattrapage des jeux sur vis-mères et butées mécaniques de fin de course

Le lardon est une pièce clé sur ce type de machine : en acier ou en fonte, il permet de rattraper le jeu entre les coulisses. Un réglage trop lâche provoque du jeu et des vibrations, un réglage trop serré augmente les efforts d’avance et accélère l’usure. L’ajustement se fait par petites touches, en vérifiant à chaque fois la douceur du mouvement sur toute la course. Là encore, une analogie utile : régler un lardon, c’est comme accorder un instrument de musique, quelques centièmes de tour peuvent faire toute la différence.

Les vis-mères de X et Y présentent toujours un peu de jeu (backlash), souvent de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre sur une machine ancienne. Ce jeu est acceptable si l’opérateur adopte les bonnes habitudes : toujours approcher la cote dans le même sens, utiliser les butées mécaniques quand elles existent et, si possible, installer une règle numérique qui s’affranchit du jeu de vis pour la mesure du déplacement.

Nettoyage, graissage des glissières, vidange de boîte de vitesses et entretien des roulements

Une maintenance préventive régulière prolonge considérablement la durée de vie d’une fraiseuse Crouzet. Les opérations de base comprennent :

  1. Nettoyage systématique des glissières et de la table après chaque utilisation (brosse, chiffon, soufflage modéré)
  2. Graissage ou huilage des coulisses selon les préconisations (huile glissières ISO VG 68 par exemple)
  3. Vidange périodique des boîtes de vitesses ou des carters d’huile selon l’usage réel
  4. Contrôle régulier de la température et du bruit des roulements de broche

Un point souvent négligé concerne l’arête des rainures en T : des chocs répétés peuvent les évaser et rendre le bridage moins sûr. Un léger re-dressage ou un remplacement de bouts de table (lorsque c’est possible) améliore la sécurité et la précision de serrage.

Checklist d’inspection avant achat d’une fraiseuse crouzet d’occasion pour atelier amateur

Avant d’acheter une fraiseuse Crouzet FC100, FC150 ou FC200 pour un atelier amateur, une inspection méthodique permet de sécuriser la transaction :

  • Vérifier l’état des glissières : présence ou non de rayures profondes, usure localisée au centre de course
  • Contrôler le jeu de la broche, le faux-rond et l’absence de bruits anormaux à différentes vitesses
  • Tester toutes les vitesses mécaniques, avances automatiques et butées de fin de course
  • Inspecter la table : planéité apparente, absence de coups importants, rainures en T non arrachées
  • Évaluer le jeu des verniers et la cohérence entre la valeur affichée et le déplacement réel

Enfin, un examen du lot d’accessoires fourni (étau, mandrins, pinces, diviseur, plateau circulaire, tête universelle, arrosage) aide à apprécier la valeur globale de la machine. Une fraiseuse Crouzet bien équipée, même à un tarif un peu plus élevé, se révèle souvent plus rentable qu’une machine nue nécessitant ensuite l’achat progressif de tous ces éléments indispensables.

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