Le prix de l’inox au kilo est devenu un indicateur stratégique pour de nombreux acteurs : industriels, chaudronniers, ferrailleurs, mais aussi particuliers qui souhaitent revendre des chutes ou des déchets inox. Entre la cotation du nickel à Londres, les coûts d’énergie en hausse et la pression des normes environnementales, le tarif de l’acier inoxydable n’a jamais été aussi mouvant. Pour vous, cela se traduit par des devis parfois difficiles à stabiliser, des marges sous tension et des différences importantes entre inox neuf et inox de récupération. Comprendre ce qui fait réellement varier le prix de l’inox au kilo permet de mieux négocier, de mieux acheter sa matière et de mieux valoriser ses rebuts.
Facteurs qui influencent le prix de l’inox au kilo sur le marché mondial
Impact des cours du nickel (LME london metal exchange) sur les aciers inoxydables austénitiques 304 et 316
Les nuances d’inox les plus répandues, notamment les séries austénitiques 304 et 316, tirent une grande partie de leur valeur de la teneur en nickel. En 2022, le cours du nickel a par exemple dépassé ponctuellement les 100 000 $/tonne sur le London Metal Exchange, entraînant une envolée immédiate des prix de l’inox au kilo. Lorsque le nickel gagne 10 %, le prix des tôles 304 et 316 peut progresser de 3 à 5 % en quelques semaines seulement. Pour un acheteur industriel, un simple décalage de commande de quelques jours peut donc représenter plusieurs milliers d’euros sur un volume important.
Pour mieux piloter vos achats, la solution consiste à suivre régulièrement les indices de référence du nickel et à intégrer une clause d’indexation matière dans les contrats de fourniture. Certaines entreprises choisissent même de lisser leurs approvisionnements pour réduire l’effet des pics de volatilité, un peu comme on étale des achats de carburant sur l’année pour ne pas subir le plein au plus mauvais moment.
Rôle du chrome, du molybdène et des éléments d’alliage dans la valorisation des nuances d’inox
L’inox doit son caractère « inoxydable » à la présence de chrome, généralement au-delà de 10,5 %. Le prix de l’inox au kilo dépend donc aussi du coût de ce métal d’alliage, ainsi que de celui du molybdène, très présent dans l’inox 316 et dans les inox réfractaires. Lorsque le prix du molybdène grimpe, l’écart entre inox 304 et inox 316 s’accentue, ce qui peut modifier votre choix de nuance pour un projet donné. Dans les années récentes, plusieurs épisodes de tension sur le molybdène ont entraîné des hausses de plus de 20 % sur certaines nuances en quelques mois.
D’autres éléments comme le titane, le niobium ou l’azote, utilisés dans les inox duplex ou stabilisés, ajoutent une couche de complexité tarifaire. Plus l’alliage est sophistiqué, plus la sensibilité au marché des métaux d’alliage est forte. Pour une estimation réaliste du prix inox au kilo, tenir compte de la composition exacte plutôt que de se limiter à la « famille » (austénitique, ferritique, duplex) devient indispensable dès que les volumes augmentent.
Influence des coûts de l’énergie, du transport maritime et des droits de douane sur le prix final au kilo
Au-delà du coût des métaux d’alliage, l’inox reste un produit fortement énergivore. La fusion, le laminage et les traitements thermiques consomment énormément d’électricité et de gaz. Entre 2021 et 2023, le prix de l’électricité industrielle a parfois doublé en Europe, impactant directement le tarif de production d’acteurs comme Aperam ou Outokumpu. Sur certaines gammes, la composante « énergie » a représenté jusqu’à 15 à 20 % du prix final de l’acier inoxydable au kilo.
Les coûts de fret maritime et les droits de douane jouent aussi un rôle clé. Une hausse du prix du conteneur entre l’Asie et l’Europe, comme observé lors de la crise logistique de 2021, renchérit mécaniquement l’inox importé. À l’inverse, des mesures antidumping ou des surtaxes à l’entrée de l’Union européenne peuvent rééquilibrer ou durcir la concurrence. Pour vous, utilisateur final, ces paramètres se traduisent par des variations parfois brutales de la grille tarifaire de votre distributeur.
Effet de la demande sectorielle (construction, agroalimentaire, chimie, automobile) sur les fluctuations de prix
La demande en inox est tirée par quelques secteurs majeurs : construction, agroalimentaire, chimie, pétrochimie, automobile et transport. En Europe, le bâtiment et la construction représentent à eux seuls près de 35 % de la consommation d’inox, devant l’agroalimentaire et la chimie. Lorsque les investissements industriels repartent, les carnets de commande des aciéries se remplissent et les prix au kilo augmentent, parfois avant même que les cours du nickel ou du chrome ne bougent.
À l’inverse, un ralentissement de la construction ou de l’automobile peut créer un excédent temporaire d’offre, surtout sur les nuances standards 304 et 430. Pour un acheteur attentif, observer ces cycles de demande sectorielle permet d’anticiper des fenêtres d’achat plus favorables. La question à se poser devient alors simple : acheter tout de suite ou attendre six mois pour profiter d’un éventuel reflux ?
Comparatif de prix au kilo selon les nuances d’inox les plus utilisées (304, 316L, 430, 310S…)
Prix au kilo de l’inox 304 / 304L pour la chaudronnerie et l’agroalimentaire
L’inox 304/304L reste la nuance reine pour la chaudronnerie, les cuves, les équipements agroalimentaires et la tuyauterie standard. Sur le marché européen, le prix de l’inox 304 en produit neuf (tôle, tube, profilé) se situe souvent entre 2,40 et 3,20 €/kg départ aciérie, selon l’état de surface et les épaisseurs. Pour l’utilisateur final, après marge du stockiste, découpe et logistique, le prix peut atteindre 4 à 5 €/kg sur des petites quantités.
Sur le marché de la ferraille, les ferrailleurs rachètent généralement l’inox non magnétique type 304 aux alentours de 0,50 à 0,80 €/kg, avec de fortes variations liées aux cours des métaux. Cette large différence entre prix neuf et prix de reprise explique l’intérêt économique de bien valoriser les chutes propres en interne, surtout si vous générez plusieurs tonnes par an.
Écart de prix entre inox 316 / 316L et 304 pour les environnements corrosifs et marins
L’inox 316/316L, plus riche en nickel et en molybdène, est privilégié pour les environnements marins, chimiques ou fortement corrosifs. Par rapport au 304, l’écart de prix au kilo se situe fréquemment entre +15 % et +30 % en produit neuf, selon les périodes. En phase de tension sur le molybdène, cet écart peut même dépasser 35 %. Pour un projet de tuyauterie process en 316L, cette survaleur représente rapidement plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une installation de grande taille.
Du côté des déchets inox, les recycleurs appliquent généralement un bonus sur les lots correctement identifiés en 316, mais cet avantage n’est accordé que si la traçabilité matière est assurée (certificats, marquage, contrôle par spectromètre). Sans distinction claire, les chutes sont souvent rachetées au prix de l’inox 304, ce qui vous fait perdre une partie de la valeur réelle.
Positionnement tarifaire de l’inox ferritique 430 par rapport aux séries austénitiques
L’inox 430, ferritique et magnétique, contient peu ou pas de nickel. Son coût de production est donc plus faible que celui d’un inox austénitique. En pratique, le prix de l’inox 430 au kilo peut être inférieur de 20 à 40 % à celui du 304, ce qui explique sa présence dans de nombreuses applications décoratives ou peu exposées à la corrosion (habillages, électroménager, lignes à faible agressivité chimique).
Pour la reprise en ferraille, les ferrailleurs distinguent souvent l’« inox magnétique » avec un tarif nettement inférieur, parfois à peine supérieur à celui de la ferraille classique, surtout lorsqu’il est mal trié. Pour maximiser la valorisation, séparer l’inox 430 du 304 et 316 demeure fortement conseillé, même si cela demande un peu plus de travail de tri à la source.
Prix des inox réfractaires (309, 310S) pour les applications haute température
Les inox réfractaires type 309 et 310S sont conçus pour résister à des températures supérieures à 1 000 °C, dans les fours industriels, les brûleurs ou certaines zones de chaudières. Leur composition plus riche en nickel et en chrome les place nettement au-dessus des inox standards en termes de coût. Sur le marché, ces nuances peuvent dépasser de 40 à 70 % le prix d’un inox 304 au kilo en produit neuf.
En ferraille, ces inox hautes températures restent toutefois souvent mélangés avec les autres austénitiques et ne bénéficient pas systématiquement d’un prix spécifique. Seul un tri fin et une identification précise permettent d’espérer une valorisation distincte, ce qui n’est réaliste que pour des volumes significatifs issus d’installations industrielles.
Différences de prix entre inox duplex (2205) et inox standard pour les usages offshore
Les inox duplex, comme le 2205, combinent une structure ferritique et austénitique pour offrir une meilleure résistance mécanique et une résistance accrue à la corrosion sous contrainte. Ils sont largement utilisés en offshore, dans l’industrie pétrolière et gazière, ou dans certaines installations de dessalement. Le prix au kilo de l’inox duplex neuf se situe généralement entre celui du 316L et celui des inox réfractaires, avec un surcoût typique de 20 à 40 % par rapport au 304.
Dans une logique de coût global, ces nuances permettent parfois de réduire les épaisseurs ou de prolonger la durée de vie des équipements, ce qui compense le prix unitaire plus élevé. Pour un bureau d’études, le choix entre duplex et inox standard repose donc sur un arbitrage entre coût par kilo et coût de cycle de vie, un peu comme choisir une peinture premium plus chère mais plus durable.
Prix de l’inox au kilo neuf vs prix de reprise des déchets inox (ferraille et chutes)
Grille de prix des inox neufs en tôles, barres, tubes et profilés chez aperam, outokumpu, ugitech
Les grands producteurs européens d’inox – Aperam, Outokumpu, Ugitech, mais aussi Acerinox ou Thyssenkrupp – publient des grilles tarifaires basées sur un prix de base et un supplément alliage indexé sur les cours des métaux. Concrètement, le prix de l’inox 304L en tôle recuite-décapée peut démarrer autour de 2,50 €/kg départ usine, puis grimper en fonction des épaisseurs, des largeurs, de l’état de surface (2B, brossé, poli) et des conditions commerciales.
Pour les tubes soudés ou sans soudure, le surcoût lié au formage ou au perçage à chaud peut ajouter 15 à 40 % au prix de la matière. Les barres et ronds calibrés, notamment chez Ugitech, intègrent aussi la valeur ajoutée métallurgique (contrôle interne, aptitude au décolletage). Au final, le même inox 304L peut coûter de 2,50 à plus de 6 €/kg selon sa forme et son niveau de transformation.
Évaluation au kilo des chutes d’inox chez les ferrailleurs et recycleurs (derichebourg, veolia, paprec)
Les chutes et déchets inox suivent une logique totalement différente. Les acteurs du recyclage comme Derichebourg, Veolia ou Paprec achètent l’inox au kilo en fonction de la qualité du lot, de la teneur en nickel et de la facilité de recyclage. Les prix de reprise observés sur le marché français se situent souvent entre 0,50 et 0,80 €/kg pour l’inox austénitique propre, mais peuvent descendre à 0,30 €/kg ou moins pour les inox ferritiques magnétiques très mélangés.
Un inox bien trié, identifié et débarrassé de ses contaminants peut se revendre jusqu’à deux fois plus cher que des déchets mélangés et encrassés.
Pour une entreprise de chaudronnerie, le gain potentiel est significatif. Sur 10 tonnes de chutes inox par an, passer d’un prix de reprise moyen de 0,40 €/kg à 0,70 €/kg représente 3 000 € de recette supplémentaire, uniquement grâce à une meilleure organisation du tri et du stockage.
Différenciation des prix de reprise entre inox 304, inox 316 et inox magnétique 409/430
Les recycleurs distinguent généralement trois grandes familles pour fixer le prix inox ferrailleur : inox austénitique non magnétique (304, 316), inox magnétique ferritique ou martensitique (409, 430), et inox mélangé ou incertain. L’inox 316 bénéficie d’une meilleure valorisation, à condition d’être clairement séparé du 304, car sa plus forte teneur en nickel et molybdène intéresse davantage les fonderies.
En revanche, les nuances 409 et 430 sont souvent payées au prix bas de l’inox magnétique, parfois à peine plus que la ferraille classique. Pour vous, la clé réside donc dans l’identification en amont : utiliser un aimant pour distinguer magnétique et non magnétique, conserver les certificats matière, regrouper les lots homogènes. Sans cette discipline, une partie importante de la valeur se perd dans des mélanges sous-valorisés.
Impact de la pureté matière et du taux de contamination (peinture, plastiques, graisses) sur la valorisation
Les ferrailleurs appliquent systématiquement des décotes lorsque les déchets inox contiennent des contaminations : peinture, isolant, plastiques, graisses, éléments ferreux soudés, visserie en acier carbone, etc. Chaque opération de nettoyage supplémentaire chez le recycleur réduit la valeur nette de la matière. Un lot d’inox propre peut être repris à 0,70 €/kg alors qu’un lot souillé tombera à 0,40 €/kg, voire sera refusé au-delà d’un certain taux d’impuretés.
Pour optimiser la valorisation des déchets inox, quelques pratiques simples s’imposent : démonter les assemblages hétérogènes, limiter les projections de peinture, éviter les mélanges avec l’aluminium ou le cuivre, stocker au sec pour réduire l’oxydation. L’objectif est de rapprocher autant que possible vos chutes des critères d’un « inox propre » recherché par les fonderies.
Méthodes de calcul du prix de revient au kilo pour les pièces et ensembles en inox
Calcul du coût matière au kilo à partir des épaisseurs de tôle, densité (7,9 g/cm³) et taux de chute
Pour chiffrer correctement une pièce inox, le point de départ reste le calcul du coût matière. L’inox austénitique présente une densité d’environ 7,9 g/cm³. En pratique, cela signifie qu’une tôle de 1 m² en épaisseur 2 mm pèsera environ 15,8 kg. Multipliez cette masse par le prix de l’inox au kilo négocié avec le fournisseur, puis appliquez un coefficient pour tenir compte des chutes (généralement 10 à 20 % en découpe standard, plus en découpe complexe).
Un exemple simple : pour une série de capots en tôle 304L 2 mm nécessitant 3 m² par pièce, avec un prix matière de 4 €/kg et un taux de chute de 15 %, le coût matière se situe autour de 218 € pour 10 pièces. Disposer de gabarits optimisés ou de logiciels de nesting permet de réduire ce taux de chute et de gagner rapidement quelques points de marge.
Intégration des coûts de transformation (découpe laser, pliage CN, soudage TIG/MIG, polissage) dans le prix
Le prix de revient au kilo en inox ne se limite jamais à la matière. Les opérations de transformation – découpe laser, poinçonnage, pliage CN, roulage, soudage TIG/MIG, meulage, polissage – représentent souvent 50 à 70 % du coût final. Chaque opération doit être chiffrée en temps machine et en temps main-d’œuvre, puis ramenée au kilo de produit fini pour disposer d’un indicateur homogène.
Pour un atelier de chaudronnerie, l’enjeu consiste à bien estimer les temps unitaires, notamment sur les séries courtes ou les prototypes, et à intégrer les temps indirects (programmation, réglages, manutention). Sous-estimer ces postes aboutit à un prix de vente au kilo trop bas, qui donne l’illusion d’être compétitif au détriment de la rentabilité réelle.
Modélisation du prix de revient au kilo avec les logiciels ERP/CAO (SAP, sage X3, SolidWorks, TopSolid)
Les logiciels ERP et CAO modernes, comme SAP, Sage X3, SolidWorks ou TopSolid, permettent de modéliser finement le coût de revient d’une pièce inox. En intégrant les épaisseurs, les développés, les temps de soudage et de finition, ces outils calculent automatiquement un coût matière et un coût de fabrication, souvent exprimés au kilo ou à la pièce. Cette approche est particulièrement utile pour les ensembles soudés complexes et les constructions mécano-soudées.
Un modèle 3D associé à une base de données matière à jour des prix et indices fournit une vision réaliste des coûts dès la phase de conception. Pour vous, c’est un moyen efficace d’anticiper l’impact d’un changement d’épaisseur, de nuance inox ou de procédé de fabrication sur le prix final au kilo, avant même de lancer la première pièce en atelier.
Utilisation de coefficients matière et d’indices métallurgiques (index MEPS, platts) pour les devis
Pour suivre l’évolution du prix de l’inox dans le temps, de nombreux industriels s’appuient sur des indices métallurgiques comme MEPS ou Platts. Ces index reflètent la tendance moyenne du marché et servent de base à des clauses d’indexation dans les contrats long terme. Un coefficient matière est alors appliqué aux devis, révisé régulièrement (mensuellement ou trimestriellement) en fonction des mouvements des indices.
Indexation et coefficient matière permettent de maintenir des marges stables malgré la volatilité des cours des métaux.
Cette pratique protège à la fois le fournisseur et le client : le premier ne subit pas de plein fouet une hausse soudaine du nickel, le second bénéficie d’une transparence sur la part variable liée à la matière. Pour des projets pluriannuels, c’est souvent la seule approche viable pour conserver un prix inox au kilo cohérent avec la réalité du marché.
Évolutions historiques et prévisions des prix de l’inox au kilo (indices, graphiques, scénarios)
Analyse des courbes de prix du nickel et de l’inox depuis 2008 sur le LME et le SHFE
Depuis la crise financière de 2008, les courbes de prix du nickel sur le LME (Londres) et le SHFE (Shanghai) montrent des cycles marqués : phase haussière autour de 2010-2011, chute en 2015-2016, nouvelle montée à partir de 2020 avec un pic extrême en 2022. Chaque pic ou creux s’est répercuté sur les prix de l’inox au kilo, avec un décalage de quelques semaines ou mois. Sur certaines périodes, la tonne d’inox 304 laminé à froid a varié de plus de 1 000 € en 12 mois.
Ces mouvements rappellent que l’inox est un matériau mondialisé, dépendant à la fois de la finance de matières premières et de la demande industrielle. Pour un acheteur, suivre l’évolution des indices LME et SHFE reste un réflexe indispensable, au même titre que la veille des coûts de l’énergie ou des annonces des grandes aciéries.
Scénarios de prix à moyen terme selon la production de minerai en indonésie, russie et Nouvelle-Calédonie
La production de nickel est concentrée dans quelques pays clés : Indonésie, Philippines, Russie, Nouvelle-Calédonie. Toute décision politique majeure – interdiction d’exporter du minerai brut, nouvelles taxes, sanctions internationales – peut bouleverser l’équilibre offre/demande. Les restrictions temporaires décidées par l’Indonésie sur les exportations de minerai ont par exemple contribué aux tensions observées sur les cours en 2020-2022.
Plusieurs scénarios sont évoqués par les analystes : stabilisation progressive si de nouveaux projets miniers entrent en production, nouvelle volatilité en cas de tensions géopolitiques ou de surchauffe de la demande liée aux batteries pour véhicules électriques. Pour vous, cela signifie que le prix de l’inox au kilo restera probablement soumis à des cycles marqués au cours des prochaines années.
Impact des politiques de décarbonation et des normes ESG sur le coût de production des aciers inoxydables
Les politiques de décarbonation et les exigences ESG (Environnement, Social, Gouvernance) transforment en profondeur la filière inox. La réduction des émissions de CO₂ impose des investissements massifs dans des fours plus efficaces, des énergies renouvelables et des procédés moins émetteurs. Ces coûts se répercutent inévitablement sur le prix de l’inox au kilo, même si, à long terme, les gains d’efficacité énergétique peuvent compenser en partie ces hausses.
Les aciéries qui communiquent sur un « inox bas carbone » ou « green stainless » développent une nouvelle segmentation tarifaire : un inox plus vert, mais aussi plus cher, justifié par la trace carbone réduite. Pour un donneur d’ordre sensible à l’empreinte environnementale, accepter un surcoût de 5 à 10 % peut devenir un véritable argument commercial vis-à-vis de ses propres clients.
Rôle des grandes aciéries (acerinox, posco, tisco, thyssenkrupp) dans la stabilisation ou la volatilité des prix
Les grandes aciéries inoxydables – Acerinox, Posco, Tisco, Thyssenkrupp, mais aussi les groupes européens cités plus haut – jouent un rôle déterminant dans la dynamique de prix. En ajustant les volumes de production, en programmant des arrêts de lignes ou en réallouant les capacités d’un continent à l’autre, ces acteurs peuvent contribuer à stabiliser ou, au contraire, accentuer la volatilité du marché.
Lorsque plusieurs producteurs décident simultanément de réduire leurs volumes face à une demande molle, le marché se tend et les prix au kilo remontent plus vite que la demande réelle. À l’inverse, des annonces d’augmentation de capacité en Asie peuvent peser sur les prix, même si la consommation reste soutenue. Pour un industriel, suivre ces annonces de capacité devient presque aussi important que de suivre les courbes du nickel.
Différences de prix de l’inox au kilo selon la forme, l’état de surface et le degré de transformation
Écarts de prix entre inox brut de laminage, recuit, décapé, et inox poli miroir (grain 220, 320, 600)
L’état de surface influence directement le prix de l’inox au kilo. Une tôle brute de laminage ou simplement recuite-décapée (finition 2B) se situe au bas de l’échelle. L’ajout d’un brossage grain 220 ou 320 entraîne un surcoût lié au polissage mécanique, souvent de l’ordre de 10 à 20 % selon les quantités. L’inox poli miroir (grain 600 ou plus) peut, quant à lui, afficher un prix au kilo supérieur de 30 à 50 % par rapport à un inox standard, en raison des temps de polissage et du contrôle qualité renforcé.
| État de surface inox 304L | Surcoût estimatif vs 2B |
|---|---|
| 2B recuit-décapé | Référence 0 % |
| Brossé grain 220/320 | +10 à +20 % |
| Poli miroir (grain 600) | +30 à +50 % |
Pour vos projets déco ou architecturaux, le choix d’un inox poli doit donc être arbitré avec soin. Un léger changement d’état de surface peut générer des économies substantielles, surtout sur de grandes façades, des garde-corps ou du mobilier urbain.
Prix au kilo des tubes inox soudés vs tubes inox sans soudure pour la tuyauterie industrielle
Les tubes inox soudés et sans soudure présentent également des écarts de prix notables. Le tube soudé, fabriqué à partir de tôle roulée puis soudée longitudinalement, reste la solution la plus économique pour la tuyauterie process standard ou les réseaux de vapeur basse pression. Son prix au kilo se rapproche de celui de la tôle d’origine, avec un léger supplément pour le formage et la soudure.
Le tube sans soudure, obtenu par laminage à chaud ou à froid d’un rond plein, offre une meilleure tenue mécanique et une absence de cordon, très appréciée en haute pression ou en milieux critiques. Ce procédé plus complexe renchérit fortement le produit : le prix au kilo peut être supérieur de 30 à 80 % par rapport au tube soudé équivalent. L’enjeu, pour vous, consiste donc à réserver le tube sans soudure aux applications où ses performances spécifiques sont réellement indispensables.
Incidence des traitements de surface (passivation, électropolissage, sablage) sur le prix final
Les traitements de surface de l’inox – passivation chimique, électropolissage, sablage, microbillage – ajoutent une valeur technique mais aussi un surcoût non négligeable. La passivation, destinée à restaurer le film protecteur de chrome après soudage ou usinage, représente généralement quelques pourcents du prix final au kilo, surtout lorsqu’elle est réalisée en bain sur des petites pièces.
L’électropolissage, en revanche, nécessite des installations spécifiques et un contrôle précis du procédé. Il peut ajouter 10 à 30 % au prix de la pièce, mais améliore fortement la propreté de surface, la résistance à la corrosion et la nettoyabilité, très recherchées en pharmaceutique ou en agroalimentaire. Le sablage et le microbillage interviennent souvent pour des raisons esthétiques ou de préparation avant peinture, avec un impact tarifaire intermédiaire.
Surcoûts liés à la découpe sur mesure, au pliage complexe et à la fabrication de pièces usinées en inox
Plus une pièce inox s’éloigne du produit standard (tôle, tube, barre), plus le prix de l’inox au kilo intègre de main-d’œuvre et de temps machine. La découpe sur mesure au laser ou au jet d’eau, le pliage multi-casses, le roulage conique, l’usinage de brides ou de pièces épaisses en inox génèrent des coûts supplémentaires importants. L’usinabilité parfois délicate de l’inox, en particulier sur les nuances durcies ou les inox réfractaires, se traduit par des vitesses de coupe réduites et une usure accélérée des outils.
Une pièce inox usinée sur plan peut valoir 10 à 20 fois le prix de la matière première, ramené au kilo.
Pour optimiser vos budgets, quelques leviers existent : simplifier les géométries lorsque c’est possible, limiter les reprises d’usinage, regrouper les longueurs pour réduire les pertes, mutualiser les séries pour amortir les temps de réglage. Un dialogue étroit entre bureau d’études et atelier, dès la phase de conception, permet souvent de réduire le prix de revient au kilo sans sacrifier les performances ou la durabilité de l’ensemble en inox.
