Taraudage NPT : normes et angles

taraudage-npt-normes-et-angles

Dans l’usinage de pièces pour l’hydraulique, le gaz ou la vapeur, le taraudage NPT occupe une place à part. Ce filetage conique américain conditionne l’étanchéité de vos réseaux de fluides, la fiabilité des raccords et même la conformité réglementaire de certaines installations. Un taraud mal choisi, une conicité approximative ou un angle de flanc inadapté suffisent pour générer des fuites chroniques, des arrachements de filets et des arrêts de production coûteux. Comprendre les normes, les angles et les bonnes pratiques de taraudage NPT permet de sécuriser vos montages, d’optimiser vos programmes CN et de prolonger la durée de vie de vos outils, que vous travailliez sur acier carbone, inox, aluminium ou plastiques techniques.

Définition du taraudage NPT : filetage conique américain pour conduites et raccords

Le taraudage NPT (National Pipe Taper) est un taraudage conique normalisé, utilisé principalement en Amérique du Nord pour les conduites de fluide et les raccords de tuyauterie. Sa particularité essentielle tient à sa conicité de 1:16 : le diamètre du taraudage diminue d’1 pouce tous les 16 pouces de longueur, soit un angle de 1°47’ environ par rapport à l’axe. L’étanchéité n’est donc pas obtenue par un joint plat, mais par l’interférence progressive des filets mâles et femelles, renforcée par un produit d’étanchéité (ruban PTFE, pâte à joint, etc.).

Les filetages NPT sont définis en pouces, avec un pas exprimé en TPI (threads per inch). Les tailles courantes vont de 1/16″ à 6″, mais, en pratique, vous rencontrez le plus souvent 1/8″, 1/4″, 3/8″, 1/2″, 3/4″ et 1″. Contrairement à un filetage métrique, la désignation (par exemple 1/4 NPT) ne correspond à aucun diamètre réel : il s’agit uniquement d’une taille nominale de tuyau. Cette particularité explique de nombreux malentendus lors des identifications de raccords sur le terrain.

Norme NPT vs NPTF : différences de conception d’étanchéité sur les filetages coniques

La norme NPT classique, définie par l’ANSI/ASME B1.20.1, impose un profil de filet à 60°, une conicité de 1:16 et des diamètres primitifs précis, mais laisse un léger jeu en fond de filet. Ce jeu rend nécessaire l’usage d’un produit d’étanchéité, sous peine de « spirale de fuite » le long des filets. À l’inverse, le NPTF (National Pipe Taper Fuel, norme ANSI B1.20.3) est un filetage dit “Dryseal” : les dimensions de crêtes et de racines sont ajustées pour provoquer une déformation mécanique à l’assemblage. L’étanchéité se fait alors métal contre métal, sans ajout obligatoire de téflon.

La conicité et le nombre de filets par pouce restent identiques entre NPT et NPTF, ce qui conduit souvent à des confusions. Pourtant, un taraudage NPTF exige des tolérances plus serrées et un contrôle métrologique plus strict, notamment dans les applications carburant, freinage et hydraulique haute pression. Un taraud NPT standard ne suffit pas pour garantir une étanchéité “Dryseal” fiable.

Applications typiques du taraudage NPT : hydraulique, pneumatique, gaz et process industriels

Le taraudage NPT se retrouve dans la quasi-totalité des secteurs où des fluides doivent être transportés sous pression dans des environnements américains ou internationaux inspirés des standards US. Vous le croiserez notamment sur :

  • les réseaux de gaz, d’air comprimé et de vapeur dans la pétrochimie et la chimie fine,
  • les circuits hydrauliques d’engins de TP, d’équipements agricoles et de machines mobiles,
  • les systèmes de freinage, capteurs de pression et de température sur véhicules américains,
  • les installations de protection incendie, sprinklers et dispositifs de sécurité.

Une étude récente de plusieurs fabricants de composants hydrauliques montre que plus de 60 % des blocs destinés au marché nord-américain intègrent au moins un taraudage NPT. Si vous concevez ou usinez des pièces exportées vers les États-Unis ou le Canada, la maîtrise de ce filetage conique devient donc incontournable.

Désignations normalisées des tarauds NPT (1/8″-27, 1/4″-18, 3/8″-18, 1/2″-14, etc.)

Les tarauds NPT sont désignés par un format type taille – TPI NPT. Par exemple : 1/8"-27 NPT, 1/4"-18 NPT, 3/8"-18 NPT, 1/2"-14 NPT. La taille (1/8, 1/4, 3/8, etc.) est une appellation commerciale, tandis que le nombre de filets par pouce définit le pas réel. Un taraud 1/8″-27 NPT a donc un pas de 0,941 mm, à comparer par exemple aux 0,907 mm d’un 1/8 BSP.

Dans les catalogues professionnels, vous rencontrerez aussi des codes internes (71, 72, 73, etc.) ou des mentions comme NPTF-1 et NPTF-2 pour distinguer les classes d’ajustement. Une bonne pratique consiste à toujours rappeler la norme complète (par exemple “1/4-18 NPT, ANSI B1.20.1”) sur les plans, afin d’éviter les interprétations entre NPT, NPTF et NPS (Filetage droit).

Compatibilité et limites d’interchangeabilité NPT, BSPT, ISO 7/1 dans les réseaux de fluides

La proximité géométrique entre NPT et filetage gaz BSPT (ISO 7/1) est un piège classique. Le BSPT est également conique, mais repose sur un profil Whitworth à 55° et des pas parfois différents (1″ BSPT : 11 TPI contre 11,5 TPI pour 1″ NPT). En pratique, un raccord mâle NPT peut sembler « prendre » dans un taraudage BSPT, mais l’angle de flanc et la conicité ne coïncident pas correctement.

Les essais de pression réalisés dans l’industrie montrent que ces montages mixtes présentent un taux de fuite jusqu’à 5 fois plus élevé qu’un assemblage homogène NPT/NPT ou BSPT/BSPT, même avec téflon. Pour vos réseaux de fluides critiques, il est donc recommandé de rester dans une même famille de norme ou de prévoir des adaptateurs certifiés pour passer de NPT à BSP ou ISO 7/1.

Normes de référence pour les filetages NPT : ASME B1.20.1, ANSI et spécifications industrielles

ASME B1.20.1 : géométrie, tolérances et pas des filetages NPT coniques

La norme ASME B1.20.1 définit en détail la géométrie des filetages NPT coniques. Elle précise l’angle de flanc de 60°, la conicité de 1:16, les diamètres majeurs, mineurs et primitifs pour chaque taille nominale, ainsi que la longueur de filets efficaces. Par exemple, pour un 1/2″-14 NPT, le diamètre extérieur théorique est de 0,840″, le diamètre primitif de 0,7568″ et la longueur de filetage efficace d’environ 0,400″.

Ces valeurs servent de base aux fabricants de tarauds et de jauges NPT. Dans les ateliers modernes, elles sont intégrées dans les bibliothèques d’outils des FAO et des commandes numériques, ce qui vous permet de programmer automatiquement la profondeur de taraudage, les diamètres d’avant-trous et de contrôler le respect des tolérances au moment du contrôle final.

Marquage et codification des tarauds NPT selon ANSI, DIN et fabricants (dormer, guhring, seco)

Les tarauds NPT sont généralement marqués avec la taille, le pas et la norme. Un marquage type pourra être : 1/4-18 NPT ANSI B1.20.1 HSS-E. Certains fabricants ajoutent un code interne (par exemple “E516” chez un outilleur) pour identifier la géométrie de coupe, la longueur utile ou le type de goujure. Sur des gammes hautes performances (Dormer, Guhring, Seco, Sandvik, etc.), le marquage inclut souvent le revêtement (TiN, TiCN, AlTiN) et la classe de tolérance.

Pour éviter les erreurs de stockage, il est recommandé de séparer physiquement tarauds NPT, NPTF, BSPT et BSPP, même si visuellement ils paraissent proches. Une simple inversion peut entraîner un taraudage non conforme qui ne passera pas au calibre, avec des conséquences directes sur les délais et le rebut.

Exigences de contrôle métrologique : bagues calibres NPT, tampons GO/NOGO, jauges coniques

Le contrôle des taraudages NPT ne peut pas reposer uniquement sur un pied à coulisse ou un tampon cylindrique. La conicité impose l’utilisation de bagues calibres NPT (pour les filetages externes) et de tampons GO/NOGO coniques (pour les taraudages internes). Ces jauges, elles aussi conformes à l’ASME B1.20.1 ou B1.20.3, permettent de vérifier simultanément l’angle, le diamètre primitif et la longueur d’emboîtement utile.

Dans la pratique, le contrôle se fait par “position de repère” : le plan indique de combien de tours la jauge GO doit s’enfoncer pour être conforme. Une dérive de plus d’un tour est déjà un signal d’alarme sur l’usure du taraud ou un mauvais réglage de profondeur. Sur les lignes de production série, ce contrôle métrologique est souvent intégré dans le plan de surveillance SPC pour éviter les dérives lentes.

Références croisées entre NPT, NPTF, ANPT et normes aéronautiques (SAE, MS)

Dans l’aéronautique et le spatial, les filetages coniques de type ANPT (Army-Navy Pipe Thread) et certaines références SAE/MS dérivées du NPTF restent largement utilisés pour les circuits carburant et hydraulique. Ces filetages reprennent l’angle de 60° et la conicité 1:16, mais imposent des tolérances encore plus serrées, notamment sur les diamètres primitifs et la forme des racines de filet pour garantir une étanchéité “Dryseal” en conditions vibratoires sévères.

Pour un atelier qui intervient sur des pièces aéronautiques, la distinction entre NPT, NPTF et ANPT n’est pas un détail. Utiliser un taraud NPT standard à la place d’un taraud certifié ANPT peut suffire à invalider une pièce vis-à-vis de la documentation qualité, même si le raccord vous semble « bien visser » en essai manuel.

Angles caractéristiques du taraudage NPT : angle de flanc, conicité et géométrie du taraud

Angle de flanc 60° des filetages NPT : comparaison avec BSPT 55° et ISO métrique

Le filetage NPT adopte un angle de flanc de 60°, identique à celui des filetages ISO métriques et UN. Cette valeur est un compromis entre résistance mécanique et facilité d’usinage. À l’inverse, les filetages BSPT/BSPP à profil Whitworth utilisent un angle de 55°. La différence visuelle est faible, mais suffisante pour empêcher un appui optimal des flancs lorsque vous mélangez NPT et BSPT.

Concrètement, si vous vissez un raccord NPT dans un taraudage BSPT, certains flancs toucheront trop tôt, d’autres resteront légèrement ouverts, créant des micro-cheminements pour le fluide sous pression. C’est un peu comme emboîter deux engrenages avec un angle de dent différent : le mouvement est possible, mais la charge ne se répartit pas correctement sur les flancs.

Conicité 1:16 des filetages NPT : calcul, impact sur l’emboîtement et l’étanchéité

La conicité 1:16 signifie que pour 16 unités de longueur, le diamètre varie de 1 unité. Sur un tronçon de 25,4 mm (1″), la différence de diamètre est donc de 1,5875 mm. Cet évasement progressif permet d’obtenir un serrage par interférence : plus vous vissez, plus les flancs des filets se compriment et contribuent à l’étanchéité.

Sur le plan pratique, cette conicité implique un réglage précis de la profondeur de taraudage. Un taraudage trop profond laissera le raccord « flotter » et annuler l’effet de coin. À l’inverse, un taraudage trop court contraindra le raccord à forcer sur les premiers filets, avec un risque d’arrachement ou de fissure du corps de pièce, surtout en aluminium ou en fonte grise.

Profil de denture du taraud NPT : fond de filet, rayon, hauteur fondamentale H et troncature

Le profil théorique du filetage NPT est triangulaire avec un angle au sommet de 60°, mais les crêtes et les racines sont tronquées et légèrement aplaties. La hauteur fondamentale H du filet est définie comme la hauteur du triangle équilatéral complet, dont une partie est enlevée pour réduire les concentrations de contraintes.

Les rayons en fond de filet jouent un rôle clé dans la résistance à la fatigue, en particulier sur les blocs hydrauliques soumis à des cycles de pression élevés. Une troncature excessive (causée par un taraud émoussé ou un affûtage approximatif) réduit la surface de contact entre les flancs et peut dégrader l’étanchéité. Un contrôle visuel au microscope ou à la caméra digitale, même ponctuel, permet de détecter ce type de dérive avant qu’il n’impacte le taux de rebut.

Angles de coupe et de dépouille des tarauds NPT pour aciers, inox, aluminium et plastiques

Au-delà de l’angle de flanc, la performance d’un taraud NPT dépend fortement de ses angles de coupe et de dépouille. Pour les aciers carbone et faiblement alliés (200–800 MPa), un angle de coupe modéré et une dépouille standard assurent un bon compromis entre pénétration et tenue de l’arête. Sur inox austénitique ou duplex, un angle de coupe plus positif et une dépouille adaptée limitent le collage et l’écrouissage.

Pour l’aluminium et les alliages cuivreux, des géométries très positives avec grands volumes de goujures améliorent l’évacuation du copeau. Les plastiques techniques, au comportement parfois élastique, bénéficient d’angles de coupe importants et d’une arête très affûtée pour éviter la déformation par refoulement. Adapter ces angles à votre matériau usiné réduit significativement le couple de taraudage et prolonge la durée de vie de l’outil.

Influence des angles sur le couple de taraudage, la formation du copeau et la durée de vie de l’outil

Pourquoi ces angles sont-ils si critiques pour vos taraudages NPT ? Un angle de coupe trop faible oblige le taraud à « pousser » la matière plutôt qu’à la cisailler. Le couple grimpe, la machine force et le risque de casse augmente, surtout dans les diamètres supérieurs à 1″. À l’inverse, un angle trop agressif fragilise l’arête sur matériaux durs et abrasifs, accélérant l’usure en cratère.

L’expérience montre qu’un taraud NPT correctement optimisé peut voir sa durée de vie multipliée par 2 à 3 simplement par un ajustement des angles de coupe et de dépouille en fonction du matériau.

La formation du copeau influence aussi la qualité de surface en fond de filet. Un copeau bien fragmenté évite les rayures et les bavures qui compliquent ensuite l’emboîtement et l’étanchéité du raccord mâle. Sur CN, surveiller l’évolution du couple broche au fil des pièces est un excellent indicateur pour anticiper l’usure des angles de coupe.

Choix du taraud NPT : types d’outils, revêtements et montages pour CN et machines conventionnelles

Tarauds NPT main, machine, à refouler (roll taps) : critères de sélection par matériau usiné

Le choix d’un taraud NPT dépend autant de votre machine que du matériau et du volume de production. Les tarauds main, avec embase carrée, conviennent pour les interventions ponctuelles, le SAV ou les ajustements sur site. Les tarauds machine sont optimisés pour un entraînement rigide ou par mandrin flottant, avec goujures droites ou hélicoïdales selon le type de trou (borgne ou débouchant).

Les tarauds à refouler (roll taps), qui ne créent pas de copeaux mais refoulent la matière, sont plus rares en NPT du fait de la conicité, mais restent envisageables sur certains plastiques et alliages tendres. Sur des séries importantes, l’économie en temps de débourrage et en nettoyage de copeaux peut compenser le surcoût initial de l’outil, à condition de bien maîtriser la lubrification et le diamètre d’avant-trou.

Revêtements TiN, TiCN, AlTiN sur tarauds NPT : performance en production série

Sur aciers et inox, les revêtements PVD comme TiN, TiCN ou AlTiN apportent un gain significatif en durée de vie et en stabilité de coupe, notamment lors de taraudages NPT en production série. Selon des données industrielles récentes, un taraud NPT TiCN peut offrir une longévité jusqu’à 50 % supérieure à un taraud non revêtu dans les mêmes conditions.

Le TiN convient bien aux vitesses de coupe modérées et assure une bonne glisse. Le TiCN améliore la résistance à l’usure abrasive sur les aciers alliés, tandis que l’AlTiN résiste mieux aux températures élevées, utile pour des taraudages à sec ou peu lubrifiés. Sur aluminium ou cuivre, un revêtement inadapté peut toutefois augmenter l’adhérence des copeaux : dans ces cas, un HSS poli non revêtu reste parfois plus performant.

Montage sur mandrin flottant, porte-taraud à compensation ou tête de taraudage automatique

Le taraudage NPT nécessite un alignement axial précis pour respecter la conicité. Sur machine conventionnelle, une tête de taraudage automatique avec rattrapage de pas permet de sécuriser l’opération tout en compensant les petites erreurs de synchronisation. Sur CN, deux grandes approches coexistent : le taraudage rigide synchronisé et l’utilisation de mandrins flottants ou de porte-tarauds à compensation axiale.

Le taraudage rigide, très répandu sur les centres modernes, offre une excellente répétabilité de profondeur, mais impose une broche et un asservissement très précis. Les mandrins flottants acceptent de légers désalignements et absorbent les écarts de pas, ce qui réduit le risque de casse dans des matériaux difficiles. Pour des taraudages NPT de grand diamètre, une vérification régulière du faux-rond du porte-outil reste indispensable.

Exemples d’outils NPT chez sandvik coromant, walter, OSG, Emuge-Franken

Les grands fabricants d’outillage proposent des gammes dédiées aux taraudages NPT et NPTF. Sans citer de référence commerciale précise, il est courant de trouver dans les catalogues :

  • des séries HSS-E NPT pour aciers et fontes, disponibles du 1/16″ au 2″,
  • des gammes carbure monobloc NPT/NPTF pour l’usinage haute productivité sur CN,
  • des tarauds “formateurs” ou à géométries spécifiques pour inox et alliages résistants.

Pour sélectionner l’outil adapté, trois critères méritent votre attention : norme (NPT vs NPTF), matériau cible et type de trou (borgne/débouchant). Les fiches techniques des fabricants indiquent généralement des plages de vitesses de coupe, des préconisations de lubrifiant et des couples maxi à respecter, ce qui simplifie le paramétrage de vos programmes.

Procédure de taraudage NPT : calcul des avant-trous, profondeur et contrôle de l’angle

Dimensionnement du pré-perçage NPT : tableaux de diamètres pilotes et tolérances

Le diamètre d’avant-trou conditionne directement la qualité d’un taraudage NPT. Un pré-perçage trop petit augmente le couple, use prématurément le taraud et risque d’ovaliser le cône. Un diamètre trop grand réduit la hauteur de filet utile et peut provoquer des fuites. Les tableaux de dimensions NPT donnent, pour chaque taille, un diamètre de perçage recommandé, souvent présenté en pouces et en millimètres.

Taille NPT TPI Ø ext. filetage (mm) Pas (mm) Ø perçage indicatif (mm)
1/8″-27 NPT 27 ≈ 10,29 0,941 ≈ 8,6
1/4″-18 NPT 18 ≈ 13,72 1,411 ≈ 11,1
3/8″-18 NPT 18 ≈ 17,15 1,411 ≈ 14,7
1/2″-14 NPT 14 ≈ 21,34 1,814 ≈ 18,3

Pour des matériaux tendres (aluminium, cuivre), certains praticiens choisissent d’augmenter très légèrement ce diamètre (de 0,1 à 0,2 mm) afin de réduire le couple, tout en restant dans les tolérances de hauteur de filet acceptables. Cette optimisation, même minime, se ressent fortement sur des séries de plusieurs milliers de pièces.

Réglage de la profondeur de taraudage NPT : nombre de filets utiles, prise de mesure par jauge

Le réglage de profondeur consiste à assurer que le taraud forme un nombre suffisant de filets efficaces pour garantir l’étanchéité, sans pour autant dépasser la longueur utile recommandée. Sur les fiches techniques NPTF, cette longueur, notée L, varie typiquement de 6,7 mm pour 1/8″-27 à près de 19,2 mm pour 2″-11,5. En atelier, la méthode la plus fiable reste l’utilisation d’une jauge GO/NOGO et le comptage des tours de vissage jusqu’à la position de repère.

Un réglage réalisé uniquement au comparateur, sans vérification par jauge conique, expose à des dérives difficiles à détecter en simple mesure de profondeur linéaire.

Pour les machines CN, intégrer la profondeur cible dans le cycle de taraudage rigide et réaliser un premier contrôle complet sur pièce échantillon constitue une approche sûre. Une fois ce réglage validé, le contrôle peut être allégé, par exemple une pièce contrôlée toutes les 20 ou 50 pièces selon le niveau de criticité.

Gestion des copeaux et lubrification en taraudage NPT vertical et horizontal

La conicité du taraudage NPT complique la gestion des copeaux, surtout dans les matériaux qui ont tendance à faire des copeaux longs (inox, aciers alliés). En position verticale, les copeaux peuvent se compacter dans le fond du trou et gêner l’avance du taraud, voire provoquer sa casse. En position horizontale, ils risquent d’abîmer les flancs de filet par frottement.

Une lubrification abondante, idéalement en arrosage sous pression ou en MQL bien ciblé, facilite l’évacuation des copeaux et réduit les frottements. Sur des trous borgnes, l’usage de tarauds à goujures hélicoïdales permet d’extraire les copeaux vers l’arrière. Sur des trous débouchants, des goujures droites ou faiblement hélicoïdales dirigent les copeaux vers l’avant, hors de la zone de travail. Adapter cette stratégie à la position de la pièce et au matériau vous permet d’éviter une grande partie des problèmes récurrents en NPT.

Contrôle dimensionnel et d’étanchéité : tests à la pression, essais au savon, contrôles visuels

Un taraudage NPT est considéré comme conforme lorsque la jauge GO atteint la position de repère et que la jauge NOGO ne peut pas être engagée au-delà d’un certain nombre de tours défini par la norme. Ce contrôle dimensionnel doit ensuite être complété par un contrôle d’étanchéité lorsque l’application l’exige. Dans l’industrie, les tests à la pression (air ou eau) entre 1 et 1,5 fois la pression de service sont fréquents.

Les essais au savon, consistant à recouvrir le raccord d’une solution savonneuse et à observer l’apparition de bulles sous pression, offrent une méthode simple et rapide pour détecter les fuites. Un contrôle visuel des crêtes de filet, à la loupe ou à la caméra, permet enfin de vérifier l’absence de bavures, de coups d’outil ou de déformations localisées qui pourraient compromettre la répétabilité de l’étanchéité sur le long terme.

Erreurs fréquentes en taraudage NPT et corrections : fuites, arrachement de filets et mauvais alignement

Fuites sur raccords NPT : causes géométriques, mauvais angle, conicité non conforme

Les fuites sur raccords NPT ne proviennent pas uniquement du manque de téflon ou d’un couple de serrage insuffisant. Très souvent, la cause réelle est géométrique : angle de flanc inexact suite à l’utilisation d’un taraud usé ou de mauvaise qualité, conicité non conforme à 1:16 due à un réglage de profondeur incorrect, ou encore mélange de normes (raccord BSPT dans taraudage NPT).

Un simple contrôle au calibre GO/NOGO peut révéler ces défauts. Lorsque les fuites persistent malgré un taraudage conforme, la piste d’un défaut de surface (rayures, piqures de corrosion, pollution par copeaux) ou d’un produit d’étanchéité mal appliqué doit être examinée. Dans des environnements vibrants, un serrage contrôlé au couple et l’utilisation de produits spécifiques haute pression améliorent encore la fiabilité.

Arrachement de filets dans l’aluminium, fonte ou inox : choix d’outil et paramètres de coupe

L’arrachement de filets dans l’aluminium et la fonte est souvent lié à un surcouple, lui-même provoqué par un avant-trou trop petit, une lubrification insuffisante ou un taraud inadapté. Dans l’inox, l’écrouissage et le collage au niveau de l’arête de coupe sont des causes majeures de casse. Dans tous les cas, le résultat est le même : filets arrachés, cône ovalisé, pièce rebutée.

Pour corriger ces défauts, trois leviers sont efficaces :

  1. ajuster le diamètre d’avant-trou dans la plage haute recommandée pour réduire la hauteur de matière à enlever,
  2. choisir un taraud NPT optimisé pour le matériau (géométrie et revêtement adaptés),
  3. réduire légèrement la vitesse de coupe et vérifier la stabilité de la lubrification ou de l’arrosage.

Sur CN, la surveillance en temps réel du couple ou de la puissance broche offre un excellent indicateur pour déclencher préventivement le changement de taraud avant que n’apparaissent les premiers arrachements.

Mauvais alignement d’axe et ovalisation : implications sur l’angle et la conicité du taraudage

Un mauvais alignement entre l’axe du taraud et l’axe du trou pilote entraîne une ovalisation du taraudage NPT. Au lieu d’un cône de révolution, vous obtenez une forme légèrement elliptique, avec des zones de contact excessives et d’autres quasi inexistantes. L’angle de flanc reste théoriquement à 60°, mais la répartition des efforts sur les filets devient très inégale.

Les symptômes typiques sont un taraudage qui “couine” en fin de course, des marques anormales sur certaines zones de filet et parfois une casse brutale de l’outil sur les derniers tours. L’utilisation de mandrins flottants de qualité, le contrôle du faux-rond et, sur perceuse/taraudeuse conventionnelle, un guidage soigneux de la pièce permettent de réduire considérablement ce type de défaut.

Reprise de taraudage NPT endommagé : sur-taraudage, inserts filetés, changement de norme

Que faire lorsqu’un taraudage NPT est endommagé ou non conforme ? La première option consiste au sur-taraudage dans la taille NPT immédiatement supérieure, en prévoyant l’utilisation d’un raccord adapté. Cette approche fonctionne bien sur des pièces massives disposant de matière en réserve autour du trou.

Sur des parois fines ou des pièces coûteuses, la pose d’inserts filetés spécifiques coniques, comparables aux helicoils mais pour filetages de tuyau, permet de restaurer un taraudage NPT à la taille d’origine. Dans certains cas, notamment lors de rétrofits d’installations, un changement de norme (passage de NPT à BSP ou à filetage métrique ISO) est pertinent : l’adjonction d’adaptateurs et de blocs intermédiaires usinés au bon standard évite alors de multiples reprises fragilisantes sur les pièces en service.

Plan du site