Symbole des petits tours de précision français, le tour Devallière H130 occupe encore aujourd’hui une place à part dans les ateliers de mécanique, de prototypage et de restauration. Malgré une conception datant des années 50–70, sa rigidité, sa géométrie soignée et sa polyvalence continuent de rivaliser avec de nombreuses machines modernes de même catégorie. Pour un atelier de mécanique générale, un fablab ou un passionné de tournage, bien connaître la fiche technique du Devallière H130 permet de juger s’il convient à vos besoins, d’anticiper une restauration et de préparer les bons accessoires. Machine compacte, mais réellement industrielle, le H130 reste un excellent compromis entre encombrement réduit, précision d’usinage et capacité de tournage utile.
Présentation générale du tour devallière H130 : conception, usages en atelier et variantes de série
Le Devallière H130 est un tour parallèle de haute précision, conçu pour le chariotage, le filetage et le tournage de pièces unitaires ou de petites séries. Il s’inscrit dans la catégorie des tours 0–3000 mm avec une distance entre-pointes typique de 700 mm et une hauteur de pointe de 130 mm, soit un passage au-dessus du banc d’environ 260 mm. Sur un plan d’atelier, il se présente comme un tour compact : longueur autour de 1600–1650 mm, largeur de 800–900 mm et hauteur d’environ 1450–1500 mm, pour un poids compris entre 600 et 800 kg selon les versions.
Sa conception répond d’abord aux besoins de la mécanique de précision : fabrication d’arbres, bagues, axes, pièces de transmission, outillage spécial, ainsi que réparation de composants usés. Vous pouvez l’utiliser aussi bien pour le tournage d’aciers alliés, de fontes et d’inox que pour l’usinage d’aluminium, de laiton ou de plastiques techniques, dès lors que les outils et les vitesses de coupe sont adaptés.
Le H130 a donné naissance à plusieurs variantes de série : H130 « première génération », H130C et H130F. Ces versions se distinguent par leur équipement électrique, leur motorisation, certaines options (frein, boîte d’avances, équipements électriques renforcés) et leurs évolutions de sécurité. Malgré ces différences, la base mécanique – banc prismatique, trainard, poupée fixe – reste très proche, ce qui facilite les échanges d’accessoires et la documentation technique entre modèles.
Caractéristiques mécaniques du devallière H130 : bâti, banc prismatique et géométrie de précision
Banc du tour devallière H130 : largeur, longueur utile, hauteur de pointe et passage au-dessus du banc
Le banc du Devallière H130 est en fonte fortement nervurée, avec glissières prismatiques, rectifiées et grattées. La longueur utile permet une distance entre-pointes de 700 mm, tout en conservant une rigidité suffisante pour le tournage d’arbres relativement longs. La hauteur de pointe de 130 mm donne un Ø sur le banc de 260 mm environ, ce qui couvre la majorité des pièces de mécanique générale pour ce format de tour.
Plusieurs fiches techniques mentionnent un Ø sur le chariot de 145 à 150 mm, ce qui signifie qu’une pièce de diamètre 300 mm reste usinable au-dessus du dégagement (rompu) sur certaines versions, mais la section centrale du banc limite ensuite le diamètre réalisable. En atelier, vous profitez ainsi d’un bon compromis entre capacité de diamètre et compacité de la machine. Le banc est souvent pourvu de butées et de zones de lubrification, associées à des plans de graissage détaillés dans les documentations d’origine.
Broche du H130 : cône intérieur (SA, CM), type de nez, perçage de broche et roulements
La broche est le cœur de la machine. Sur le Devallière H130, elle se caractérise par un nez de broche en CM 4 (cône Morse n°4) en standard, permettant l’utilisation de mandrins de perçage, de pointes et d’accessoires de bridage. L’alésage de broche est de 25 mm, ce qui autorise le passage de barres de diamètre 20–22 mm avec un léger jeu, pratique pour la production de petites séries en barre.
Le nez de broche est généralement du type fileté avec épaulement ou cône court associé à des tirants, selon les séries. Sur les versions plus anciennes, la broche peut être montée sur paliers bronze, tandis que les modèles récents (H130C, H130F) sont plus fréquemment équipés de roulements coniques ou de roulements de précision, permettant des vitesses plus élevées et un faux-rond réduit, souvent inférieur à quelques centièmes de millimètre en sortie de nez.
Trainard et chariotage sur H130 : volants, lardons, coulisseaux croisés et verniers
Le trainard du Devallière H130 est dimensionné pour offrir une bonne rigidité sans alourdir excessivement la manœuvre. Il comporte un chariot transversal et un chariot supérieur (chariot porte-outils orientable), montés sur des coulisses parfaitement ajustées. Les lardons, réglables, permettent de rattraper le jeu au fil de l’usure, point crucial lors de la restauration d’un H130 d’occasion.
Les volants sont généralement gradués en millimètres, avec des verniers offrant une lecture fine, souvent au 0,02 mm par division. Pour le tournage de précision, ces verniers, combinés à la douceur des coulisses, permettent une approche fiable des cotes serrées. Sur certaines versions, un dispositif de retrait rapide de l’outil sur le transversal est présent, très pratique pour le filetage et le tronçonnage.
Boîte norton et lyre du devallière H130 : gammes de filetages métriques, withworth et modules
Le Devallière H130 est équipé d’une boîte de vitesses d’avances de type boîte Norton, complétée par une lyre de pignons. Cette combinaison permet un large choix de filetages métriques, Withworth (pouces) et parfois modules, en changeant seulement quelques pignons. Les tableaux de filetages fournis sur la façade de la machine indiquent les combinaisons de pignons et les positions de leviers à adopter.
Pour un tour de cette taille, la polyvalence en filetage est un atout clé : vous pouvez réaliser du M3 à M60 dans la plupart des cas, ainsi que des pas gaz ou impériaux en utilisant les bagues et pignons adaptés. Les discussions techniques et schémas électriques partagés sur les forums spécialisés décrivent d’ailleurs de nombreuses astuces pour l’usinage de filetages américains ou spéciaux sur H130, à partir des configurations d’origine.
Contrôle de géométrie sur H130 : rectitude, parallélisme, faux-rond et tolérances d’usinage
Un H130 correctement réglé offre une excellente précision géométrique. Les P.V. de contrôle fournis par le fabricant à la sortie d’usine indiquaient généralement des tolérances de l’ordre du centième de millimètre pour la rectitude, le parallélisme du banc et le faux-rond de broche. La géométrie du banc, la qualité du grattage et la rigidité du bâti permettent d’atteindre sans difficulté des tolérances d’usinage de ±0,02 mm, voire mieux pour des pièces courtes et correctement bridées.
Pour juger de l’état d’un tour Devallière H130, le contrôle de géométrie vaut bien plus qu’un simple essai de rotation de broche : c’est lui qui conditionne la capacité réelle de la machine à produire des pièces précises et interchangeables.
Lors d’une révision ou d’un achat, un contrôle systématique de la rectitude (à l’aide d’une barre étalon), du faux-rond (comparateur sur le nez de broche) et des jeux sur les chariots donne une image fidèle de la précision encore exploitable. Une légère usure en zone centrale du banc est classique sur les tours de cette génération, mais reste souvent compensable par un grattage ciblé ou un réglage fin des lardons.
Motorisation et transmission du tour devallière H130 : vitesses de broche, courroies et boîte d’avances
Moteur électrique d’origine du H130 : puissance (ch), intensité, alimentation 220/380 V et couplages
Les tours Devallière H130 sont équipés en général de moteurs 220/380 V triphasé, avec des puissances typiques de 2 à 3 ch (soit environ 1,5 à 2,2 kW) selon les séries et les années. Certains modèles disposent d’un moteur bi-vitesse (type Dahlander) permettant deux gammes de vitesse de broche sans changement mécanique. La documentation mentionne notamment des moteurs Novacem ou Leroy-Somer, très répandus à l’époque.
Le couplage se fait en étoile ou en triangle selon la tension disponible. Dans un atelier moderne dépourvu de triphasé, un variateur de fréquence ou un convertisseur statique permet de conserver la motorisation d’origine. L’intensité absorbée reste modérée pour cette taille de tour, ce qui autorise l’alimentation sur une ligne 16 A correctement dimensionnée, même en environnement domestique, à condition de prévoir un coffret de protection adapté.
Boîte de vitesses devallière H130 : nombre de rapports, gammes de tr/mn et changement de gamme
La vitesse de rotation de broche est assurée par une combinaison de poulies et de boîte de vitesses intégrée. Selon les versions, la broche offre un ensemble de 8 à 16 vitesses, couvrant typiquement une plage d’environ 40 à 2000 tr/min. Certaines configurations, associées à des poulies moteur modifiées (par exemple une poulie de 150 mm au lieu de 120 mm), permettent d’étendre la gamme vers le haut, ce qui est intéressant pour l’usinage d’aluminium ou de petits diamètres.
Le changement de gamme se fait par déplacement de leviers sur la boîte et par translation de la courroie sur les poulies étagées. Le schéma de vitesses, d’origine, est souvent collé sur la porte de la poupée fixe ou à proximité du pupitre. En usage courant, vous adaptez la vitesse en fonction du matériau, du diamètre de la pièce et de l’outil, en gardant à l’esprit que des vitesses modérées augmentent la durée de vie de la machine, surtout sur un H130 ancien.
Transmission par courroies et poulies étagées : tension, remplacement et conversion Poly-V
La transmission primaire entre le moteur et la broche est assurée par des courroies trapézoïdales, généralement de type Megadyne T150-1640×40 ou équivalent pour certaines configurations connues du H130. La tension correcte de la courroie est essentielle pour éviter le patinage au démarrage et les échauffements. Une courroie trop tendue accroît inutilement la charge sur les roulements de broche et du moteur.
Beaucoup d’utilisateurs profitent d’une restauration pour convertir la transmission vers des courroies Poly-V, offrant un meilleur rendement et une souplesse accrue, surtout couplées à un variateur de fréquence. Le remplacement des poulies est alors nécessaire, mais la compacité du H130 se prête bien à ce type de rétrofit. La vérification périodique de l’alignement des poulies, du serrage des clavettes et de l’absence de fissures sur les flasques reste une opération de maintenance préventive essentielle.
Boîte d’avances et vis mère : avances longitudinales, transversales et inversion de sens
La boîte d’avances du Devallière H130 commande les déplacements automatiques du trainard (avances longitudinales) et du transversal (avances transversales). En liaison avec la vis mère, elle propose une gamme d’avances adaptées aussi bien au chariotage de dégrossissage qu’aux passes de finition. Les avances longitudinales typiques se situent souvent entre quelques centièmes et quelques dixièmes de millimètre par tour de broche.
Un levier d’inversion de sens permet de changer rapidement la direction de l’avance sans modifier le sens de rotation du moteur, utile pour le filetage à droite et à gauche. La noix de vis mère, pièce clé du dispositif, s’use avec le temps : un jeu excessif dans cette noix provoque une irrégularité de pas en filetage. Lors de la remise en état d’un H130 d’occasion, le contrôle et éventuel remplacement de cette noix constituent une étape déterminante pour retrouver des filetages précis.
Rétrofit du H130 avec variateur de fréquence (VFD) : pilotage de vitesse et freinage dynamique
Pour un usage moderne, l’ajout d’un variateur de fréquence (VFD) sur un tour Devallière H130 apporte un confort important. Le variateur permet un réglage continu de la vitesse de broche, sans changer de poulie, et offre des fonctions de freinage dynamique ou de rampes d’accélération et de décélération. Un VFD correctement paramétré améliore aussi la protection du moteur contre les surintensités et les déséquilibres de phase.
Associé à un pupitre de commande ergonomique (potentiomètre de vitesse, commandes marche/arrêt, inversion), ce rétrofit transforme la façon dont vous exploitez le tour. Il devient plus simple d’optimiser la vitesse de coupe pour un outil carbure, d’adapter la vitesse pour le tronçonnage délicat ou de réduire la vitesse au moment de l’approche sur une cote serrée. Cette modernisation préserve l’âme mécanique du H130 tout en lui donnant un comportement plus proche d’un tour contemporain.
Capacités d’usinage du devallière H130 : filetages, alésage, tronçonnage et tournage de précision
Les capacités d’usinage du Devallière H130 s’apprécient en regard de ses dimensions compactes. Avec un Ø sur le banc de 260 mm et un entre-pointes de 700 mm, le tour couvre déjà une large gamme d’opérations : axes, poulies, bagues, corps de vannes, petites brides. La broche alésée à 25 mm simplifie le travail par passage de barre, très intéressant pour la production unitaire de petites pièces répétitives.
En filetage, la combinaison de la boîte Norton, de la lyre et de la vis mère offre une grande variété de pas métriques, impériaux (Withworth) et parfois modules. Les pignons additionnels permettent le filetage de vis spéciales, notamment pour la restauration de machines anciennes ou d’instruments mesurant en pouces. Pour le tronçonnage, un porte-outils rigide et une vitesse correctement choisie garantissent des coupes nettes, même dans les aciers alliés, à condition de ne pas dépasser les limites de rigidité inhérentes au format du H130.
En tournage de précision, le H130 permet, avec des outils affûtés et un réglage rigoureux des jeux, d’atteindre des rugosités faibles et des tolérances serrées, indispensables en ajustement H7/g6 ou pour des portées de roulements. Un usage méthodique des comparateurs, des jauges d’alésage et des piges cylindriques, combiné à des passes de finition légères, peut vous amener à des dispersions bien inférieures au centième de millimètre sur des séries courtes.
Équipements d’origine et accessoires compatibles pour tour devallière H130
Mandrins trois mors et quatre mors pour H130 : références ladner, rohm, pratt burnerd
Le tour Devallière H130 est compatible avec une large gamme de mandrins, grâce à son nez de broche standardisé. Les mandrins trois mors concentriques restent la solution la plus courante pour le serrage rapide de pièces cylindriques, tandis que les mandrins quatre mors indépendants s’imposent pour le bridage de pièces carrées, rectangulaires ou fortement excentrées.
Les fabricants de mandrins de précision comme Ladner, Rohm ou Pratt Burnerd proposent des gammes adaptées à un nez de CM 4 ou aux faux-plateaux montés sur H130. Pour choisir un mandrin, la capacité maximale d’ouverture, le diamètre extérieur et la qualité de concentricité sont des critères déterminants. Un mandrin de 125 à 160 mm de diamètre convient bien au format du H130, sans surcharger la broche.
Pointes, lunettes fixe et à suivre : maintien des arbres longs et alésage en série
Pour le tournage d’arbres longs ou de pièces fines, les accessoires de maintien sont indispensables. La contrepointe du Devallière H130, généralement en CM 2 ou CM 3 selon les versions, accepte pointes sèches, pointes tournantes et mandrins de perçage. Une pointe tournante de bonne qualité réduit l’échauffement et la marque sur les portées.
La lunette fixe se monte sur le banc et maintient une pièce à un point intermédiaire, tandis que la lunette à suivre est fixée sur le trainard et se déplace avec l’outil. Ces accessoires, parfois rares d’origine, sont très recherchés sur le marché de l’occasion. Pour des opérations d’alésage en série de tubes ou de bagues longues, ils améliorent notablement la stabilité du montage et la qualité de surface intérieure.
Porte-outils multifix, tripan et tourelle d’origine devallière : changement rapide d’outils
Le H130 est souvent livré avec une tourelle d’origine à changement relativement rapide, mais nombre d’utilisateurs choisissent d’installer une tourelle porte-outils Multifix ou Tripan. Ces systèmes de porte-outils rapides permettent de préparer plusieurs outils (barreaux HSS, outils à plaquettes, alésoirs) avec la hauteur de pointe réglée, et d’alterner instantanément d’une opération à l’autre.
Pour un atelier moderne, le gain de productivité est considérable : en réduisant les temps morts de réglage, vous augmentez mécaniquement la capacité de production de la machine. Le choix d’une tourelle adaptée au gabarit du H130, ni trop massive ni trop légère, contribue aussi à maintenir une bonne rigidité lors des passes d’ébauche.
Plateau faceplate, mandrin de perçage CM2/CM3 et contre-pointe tournante pour H130
Le plateau de reprise (faceplate) est un accessoire souvent sous-estimé sur les petits tours. Sur un H130, il autorise le bridage de pièces de formes complexes, de brides, de flasques ou de pièces asymétriques, grâce à des rainures en T et des brides de serrage. Il est particulièrement utile lorsque la pièce ne peut pas être montée dans un mandrin classique.
En complément, les mandrins de perçage à cône CM 2 ou CM 3 se montent dans la contrepointe pour le perçage axial, l’alésage ou le taraudage. Une contre-pointe tournante de qualité professionnelle améliore encore la stabilité des montages en entre-pointes. Ces accessoires forment un ensemble cohérent, indispensable pour exploiter pleinement les capacités du Devallière H130 en tournage, perçage et alésage.
Accessoires de métrologie associés : comparateurs mitutoyo, jauges, piges et cales étalon
La précision d’un tour, même très bien réglé, ne vaut que par les instruments de mesure utilisés autour. Pour tirer le meilleur d’un Devallière H130, des comparateurs de marques reconnues (Mitutoyo, Tesa, Mahr), des jauges d’alésage, des piges cylindriques et des cales étalon sont des alliés précieux. Ils permettent de contrôler le diamètre, la conicité, la rectitude et la perpendicularité directement sur la machine.
Un tour de précision sans métrologie adaptée, c’est un peu comme un violon de concert sans accordeur : le potentiel existe, mais l’exactitude fait défaut.
En combinant ces accessoires avec les verniers d’origine du H130, vous pouvez développer une méthode de travail rigoureuse, fondée sur la mesure systématique, qui réduit le taux de rebut et augmente la répétabilité de vos pièces en série.
Versions, identification et restauration d’un tour devallière H130 d’occasion
Différences entre devallière H130, H130C et H130F : options, évolutions et années de production
Le Devallière H130 a connu plusieurs évolutions majeures. Le modèle de base, apparu à la fin des années 40, évolue progressivement vers les versions H130C puis H130F. Le H130F, par exemple, est souvent cité avec la désignation « tour à charioter et fileter », hauteur de pointe 130 mm, entre-pointes 700 mm, diamètre maximum au-dessus du banc 260 mm et diamètre maximum au-dessus du dégagement 300 mm, pour un alésage de broche de 25 mm.
Les différences se situent principalement au niveau :
- de la motorisation (moteur bi-vitesse sur certaines séries récentes),
- des sécurités (frein au pied, carterisation améliorée),
- de l’équipement électrique (contacteurs, pupitre, schémas adaptés aux normes de l’époque),
- des détails de fonderie et de lubrification (pompe intégrée, graissage centralisé).
Ces évolutions rendent importante l’identification précise du modèle pour trouver les bons schémas, pignons, manuels et pièces de rechange.
Lecture de la plaque constructeur devallière : numéro de série, année, vitesse et schémas
La plaque constructeur, généralement rivetée sur la face avant ou latérale du tour, comporte plusieurs informations essentielles : type (H130, H130C, H130F), numéro de série, année de fabrication, gammes de vitesse et parfois références électriques. Le numéro de série permet souvent de recouper l’année de production grâce aux listes et recensements réalisés par des communautés d’utilisateurs.
En lisant attentivement cette plaque, vous identifiez :
- le modèle exact, pour choisir la documentation technique adaptée,
- la plage de vitesses d’origine, pour vérifier qu’aucune modification dangereuse n’a été effectuée,
- la puissance moteur installée, utile pour dimensionner la protection électrique.
Cette étape d’identification est particulièrement utile avant d’engager une restauration lourde ou un retrofit électrique, afin de rester cohérent avec la conception initiale du constructeur.
Diagnostic d’un H130 avant achat : jeu de broche, usure du banc, noix de vis mère et chariots
Avant d’acheter un Devallière H130 d’occasion, un diagnostic rigoureux évite les mauvaises surprises. Quelques points critiques méritent une attention particulière. Le jeu de broche se contrôle en plaçant un comparateur sur le nez et en cherchant un déplacement axial ou radial en forçant légèrement à la main. Un jeu excessif traduit souvent des roulements fatigués ou des paliers usés.
L’usure du banc se repère visuellement (marques, rayures, « cuvette » au milieu) et au comparateur en déplaçant un palpeur le long des glissières. Le jeu dans la noix de vis mère et dans les vis des chariots (transversal, supérieur) se détecte par inversion de sens sur les volants. Ces défauts ne sont pas rédhibitoires, mais conditionnent le temps et le budget nécessaires à une remise en état sérieuse.
Reconstruction d’un H130 : grattage du banc, remplacement des roulements et révision de la boîte
La reconstruction complète d’un Devallière H130 suit souvent une logique similaire à celle d’une remise en état de tour industriel plus grand. Le grattage du banc permet de retrouver la géométrie d’origine ou du moins de limiter les écarts tout en assurant une bonne répartition des appuis. Cette opération exige un savoir-faire spécifique, mais les résultats sur la précision géométrique sont spectaculaires.
Le remplacement des roulements de broche, des roulements de la boîte de vitesses et des arbres intermédiaires assainit toute la chaîne cinématique. La révision de la boîte Norton et de la boîte d’avances (pignons, fourchettes, axes) garantit des déplacements doux et une tenue correcte des filetages. Plusieurs restaurations documentées montrent qu’un H130 très fatigué peut ainsi retrouver, voire dépasser, la précision de sortie d’usine, à condition d’y consacrer du temps et une méthode rigoureuse.
Mise aux normes électriques : coffret, contacteurs, arrêt d’urgence et protections thermiques
La mise aux normes électriques d’un tour Devallière H130 constitue un enjeu majeur pour un usage en atelier moderne, que ce soit en environnement professionnel ou semi-professionnel. Les installations d’origine, souvent conçues pour des normes aujourd’hui dépassées, ne prennent pas toujours en compte les exigences actuelles en termes de coupure d’urgence, de protection différentielle et de protection thermique du moteur.
Une remise à niveau sérieuse inclut généralement :
- un coffret électrique dédié, avec sectionneur verrouillable,
- des contacteurs protégés par relais thermiques réglés à l’intensité du moteur,
- un bouton d’arrêt d’urgence facilement accessible sur la façade ou le pupitre,
- une protection différentielle adaptée au régime de neutre de l’installation.
En complément, la vérification de la continuité des masses, la qualité du câblage interne (notamment vers le moteur Novacem ou Leroy-Somer bi-vitesse) et l’ajout éventuel d’un frein électrique améliorent à la fois la sécurité et le confort d’utilisation du H130, en particulier lors des opérations de filetage ou de tronçonnage où l’arrêt rapide de la broche réduit nettement les risques de casse d’outil ou de pièce.
