Tour schaublin 13 : caractéristiques

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Le tour Schaublin 13 occupe une place à part dans l’univers de l’usinage de précision. Conçu à l’origine pour répondre aux exigences extrêmes de l’horlogerie et de la mécanique fine suisses, ce tour continue d’intéresser les ateliers modernes, les écoles techniques et les passionnés de machines-outils anciennes. Dans un contexte où la productivité et la qualité dimensionnelle se mesurent au centième de millimètre, disposer d’un banc rigide, d’une broche précise et d’un train d’engrenages fiable change radicalement votre façon de travailler le métal. Le Schaublin 13 illustre parfaitement ce compromis entre compacité, polyvalence et stabilité géométrique, ce qui explique sa forte cote sur le marché de l’occasion et son omniprésence dans les ateliers d’outillage exigeants.

Présentation générale du tour schaublin 13 : contexte historique, usages et positionnement en atelier

Conçu et fabriqué en Suisse, le tour Schaublin 13 s’inscrit dans la lignée des machines d’outilleurs réputées pour leur extrême précision. Historiquement, ce modèle visait les besoins de l’horlogerie, de la micromécanique et des ateliers de fabrication de pièces de moules, avec un accent fort sur la répétabilité et la stabilité thermique. Son gabarit compact permet une implantation aisée dans un petit atelier tout en offrant des capacités proches de machines plus volumineuses. Dans bien des cas, un Schaublin 13 cohabite avec une fraiseuse universelle ou un centre d’usinage CNC, assurant le travail de reprise, de finition et de petites séries de haute précision.

En termes de positionnement, le Schaublin 13 se situe clairement au-dessus des petits tours d’établi grand public, tant par la qualité du bâti que par la finition des glissières et la précision de broche. Un tour de cette gamme permet de viser des tolérances de l’ordre de ±0,01 mm sur des longueurs raisonnables, ce qui reste très compétitif face aux exigences actuelles de l’industrie. Dans un atelier d’outillage, ce tour devient rapidement la machine de référence pour tout ce qui concerne les axes, les bagues, les petits arbres ou les portées fonctionnelles destinées aux montages de précision.

Un tour d’outilleur comme le Schaublin 13 n’est pas seulement une machine, c’est un outil de mesure dynamique capable de tenir la cote au centième, usinage après usinage.

Même si la majorité des Schaublin 13 disponibles aujourd’hui sont des machines d’occasion, leur valeur reste élevée. De nombreuses révisions, rétrofits électriques et modernisations sont réalisées chaque année en Europe, preuve que la plateforme mécanique de base conserve toute sa pertinence. Pour un artisan, un prototypiste ou un enseignant, investir dans ce type de tour permet d’offrir à vos opérateurs ou à vos élèves une expérience d’usinage très proche des standards de la mécanique de haute précision, sans nécessairement passer par un parc entièrement numérique.

Caractéristiques mécaniques du schaublin 13 : banc, glissières prismatiques et structure de bâti

Conception du bâti monobloc en fonte du schaublin 13 et rigidité en usinage de précision

Le cœur du tour Schaublin 13 repose sur un bâti monobloc en fonte fortement nervurée. La fonte grise, soigneusement stabilisée par vieillissement, apporte un excellent amortissement des vibrations, un peu comme un silent-bloc massif entre la coupe de l’outil et la pièce. Cette conception évite les déformations à long terme et réduit le risque de dérive géométrique, point crucial si vous visez des travaux de tournage de précision avec passes légères. Le poids de la machine, proche de 700 à 740 kg selon équipement, contribue directement à cette rigidité globale.

Cette masse importante pour un tour de cette taille permet d’encaisser sans broncher les efforts de coupe lors de l’usinage d’aciers durs ou d’alliages inoxydables. Sur un parc mixte, il n’est pas rare de constater que le Schaublin 13 reste réservé aux opérations délicates, précisément parce que la rigidité du bâti limite les phénomènes de flexion et de rebond de l’outil. Pour un utilisateur exigeant, cette stabilité se traduit par une surface usinée plus régulière, une meilleure circularité et des ajustements glissants de très bonne qualité.

Géométrie des glissières en queue d’aronde et tolérances d’alignement longitudinal

Les glissières du banc et des chariots du Schaublin 13 sont de type prismatique et queue d’aronde, soigneusement grattées à la main à l’origine. Cette géométrie assure un guidage précis en limitant les jeux verticaux et latéraux, tout en offrant la possibilité d’un réglage fin par lardon. Les tolérances d’alignement longitudinal entre la broche et le banc sont typiquement de quelques microns par 300 mm, ce qui explique la capacité de la machine à réaliser des portées coaxiales très précises. Les surfaces de glissement sont souvent encore en excellent état sur les machines bien entretenues, signe d’une dureté et d’un traitement adaptés.

Pour conserver cette géométrie, un huilage régulier des glissières est indispensable. Beaucoup d’utilisateurs optent pour une huile de glissière de grade ISO 68, parfaitement adaptée à ce type de banc. Une vérification périodique au comparateur, avec une pièce test entre pointes, permet de contrôler si l’alignement du tour reste conforme. Un Schaublin 13 correctement réglé donne des écarts de cylindricité et de conicité inférieurs à 0,01 mm sur 100 mm, ce qui répond largement aux besoins de la plupart des applications d’outillage de précision.

Capacité entre-pointes, hauteur de pointe et diamètre admissible au-dessus du banc

Même si le Schaublin 13 est considéré comme un tour d’outilleur compact, sa capacité entre-pointes et sa hauteur de pointe restent très intéressantes pour un atelier polyvalent. La hauteur de pointe autorise un diamètre respectable au-dessus du banc tout en conservant une bonne rigidité de la pièce. Le diamètre admissible au-dessus du chariot transversal est naturellement plus faible, mais suffisant pour la majorité des travaux de petites pièces, d’arbres de précision ou de bagues. Pour les travaux de reprise sur mandrin, la combinaison capacité / rigidité se révèle souvent supérieure à celle de nombreux tours d’établi plus récents mais plus légers.

Cette capacité entre-pointes, associée à une contre-pointe bien conçue et à des lunettes adaptées, offre une plage de travail idéale pour les pièces allant de quelques millimètres à plusieurs centaines de millimètres de longueur. Si vous travaillez sur des pièces très longues, une bonne pratique consiste à répartir les appuis entre contre-pointe et lunette fixe afin de limiter les flexions dynamiques. Le Schaublin 13 répond bien à ce type de configuration, à condition de respecter les règles élémentaires de bridage et de choix d’outil.

Jeux, rattrapage de backlash et réglages de lardon sur chariot transversal et supérieur

Comme sur tout tour conventionnel, la question du jeu des vis de chariots et du backlash est centrale. Sur un Schaublin 13 en bon état, les noix et vis des chariots longitudinal, transversal et supérieur présentent un jeu limité, facilement compensable par une méthode de travail adaptée. Les lardons réglables en queue d’aronde permettent de reprendre les jeux de glissement sans créer de points durs. Un réglage trop serré provoque un échauffement et un guidage irrégulier, alors qu’un réglage trop lâche nuit à la répétabilité et au fini de surface.

Pour rattraper le backlash, plusieurs stratégies existent. Une solution courante consiste à approcher systématiquement la cote dans le même sens de rotation de manivelle, en prenant en compte le jeu résiduel. Pour les opérations de chariotage fin, un frein de chariot léger et des lardons bien réglés améliorent nettement la stabilité. Enfin, en cas d’usure marquée, le remplacement des noix ou le reconditionnement des vis-mères de chariot reste possible, ce qui redonne au Schaublin 13 un comportement très proche de celui d’une machine neuve.

Broche du tour schaublin 13 : cônes, roulements et plage de vitesses

Type de nez de broche (DIN, schaublin W20/W25) et compatibilité avec mandrins et faux-plateaux

Le nez de broche du Schaublin 13 existe généralement en standard Schaublin W20 ou W25, parfois avec adaptation à des normes DIN pour recevoir des mandrins à serrage rapide ou des faux-plateaux. Cette interface est un atout majeur si vous utilisez déjà des pinces Schaublin dans l’atelier, car elle permet d’interchanger rapidement les montages de serrage avec d’autres machines. Le nez de broche accepte sans difficulté divers mandrins 3 mors, 4 mors indépendants et plateaux de reprise, ce qui rend l’usinage de pièces irrégulières ou de flasques tout à fait réalisable.

Cette compatibilité étendue explique en partie la popularité de ce tour sur le marché de l’occasion. En choisissant un jeu de pinces adapté, vous obtenez un faux-rond très faible, souvent inférieur à 0,005 mm au niveau de la pince, idéal pour la reprise de petites pièces. Le nez de broche, usiné et rectifié avec soin, participe directement à cette qualité de serrage et de concentricité. Une vérification au comparateur sur mandrin ou pince reste toutefois recommandée lors de l’acquisition d’un Schaublin 13 d’occasion afin de valider l’état géométrique de la broche.

Roulements de broche (roulements à rouleaux coniques, précision P5) et précision de rotation

La broche du Schaublin 13 repose généralement sur des roulements à rouleaux coniques de précision, souvent de classe P5 ou équivalente. Ce choix garantit à la fois une bonne tenue aux efforts axiaux et radiaux et une excellente précision de rotation. La précharge des roulements est réglée de façon à minimiser le jeu sans provoquer de surchauffe à grande vitesse. Lorsqu’ils sont en bon état et correctement lubrifiés, ces roulements permettent d’obtenir des faux-ronds mesurés de l’ordre de quelques microns au nez de broche, ce qui demeure remarquable pour une machine de cette génération.

En pratique, cette précision de rotation se traduit par un meilleur fini de surface, une réduction des vibrations et une plus grande constance des diamètres en séries courtes. Dans de nombreux ateliers, un Schaublin 13 correctement entretenu rivalise encore avec des tours plus récents pour les opérations de finition, en particulier sur les petites pièces. Lors d’une révision, le remplacement des roulements par des références de qualité équivalente ou supérieure constitue souvent le poste de dépense principal, mais aussi celui qui offre le gain le plus tangible en termes de précision.

Plage de vitesses, boîte de vitesses mécanique et sélecteur de rapport sur schaublin 13

Le tour Schaublin 13 hérite directement de l’expérience de la marque en matière de broches de haute précision. La plage de vitesses de broche couvre typiquement de 58 à 2 000 tr/min, organisée en deux gammes mécaniques, par exemple 58–375 tr/min puis 330–2 000 tr/min. Ce large éventail autorise aussi bien le tournage d’acier de construction à vitesse modérée que l’usinage de petits diamètres en laiton ou en aluminium à vitesse élevée. La sélection des vitesses se fait par une boîte mécanique, associant leviers de gamme et sélecteur de rapport, avec un passage franc entre les positions.

Cette plage est déjà très confortable pour un tour conventionnel, surtout lorsqu’elle est combinée à un variateur de fréquence moderne qui permet un réglage fin intermédiaire. Les statistiques recueillies dans de nombreux ateliers montrent que plus de 60 % des opérations de tournage de précision sur petites pièces se situent entre 800 et 1 800 tr/min, zone dans laquelle le Schaublin 13 excelle. Vous bénéficiez ainsi d’une grande souplesse d’utilisation, sans avoir à changer constamment de courroies ou de poulies comme sur des modèles plus anciens ou plus simples.

Systèmes de blocage de broche pour filetage et opérations de reprise

Pour les opérations de filetage manuel, de reprise ou de montage/démontage de mandrin, le Schaublin 13 dispose d’un système de blocage de broche ou de frein mécanique. Ce dispositif permet de maintenir la broche immobile pendant un serrage énergique, sans risque d’endommager les engrenages internes de la boîte de vitesses. Pour le filetage à la filière ou au taraud dans le mandrin, ce blocage constitue un véritable gage de sécurité et de confort, car il évite les micro-rotations parasites qui dégradent la qualité du filetage.

Lors de travaux de reprise extrêmement précis, un blocage ferme de la broche peut également être utilisé pour des opérations de repérage angulaire simple. Même si cela ne remplace pas un véritable diviseur, ce type d’usage reste courant pour des tâches comme la création d’un méplat ou d’un trou radial positionné approximativement. Une bonne habitude consiste toutefois à vérifier régulièrement le bon fonctionnement du système de blocage et à lubrifier les points de rotation associés, afin de préserver la longévité du mécanisme.

Train d’engrenages, vis mère et filetages réalisables sur schaublin 13

Architecture de la boîte norton et sélection des avances longitudinales et transversales

Le Schaublin 13 est équipé d’une boîte d’avances de type Norton permettant de sélectionner aisément différentes vitesses d’avance longitudinales et transversales. Les avances de travail couvrent généralement une plage de 12 à 400 mm/min, avec une dizaine de positions distinctes (12–18–26–38–57–85–125–185–270–400 mm/min). Cette granularité offre une grande souplesse pour adapter la vitesse d’avance au matériau, au diamètre et à l’état de surface souhaité. Pour une rugosité faible sur acier doux, beaucoup d’opérateurs choisissent des avances comprises entre 40 et 100 mm/min, parfaitement dans la zone couverte par la boîte Norton.

La sélection se fait à l’aide de leviers clairement repérés, ce qui réduit le risque d’erreur et facilite le travail d’un débutant sous supervision. Une avance longitudinale trop rapide sur un petit diamètre entraîne facilement une détérioration de la surface, alors qu’une avance trop lente génère parfois des copeaux continus difficiles à évacuer. Grâce à la variété des avances disponibles, le Schaublin 13 s’adapte à ces contraintes sans difficulté. Les avances rapides, autour de 1 200 mm/min, offrent un réel gain de temps lors des repositionnements.

Vis mère, pas métrique et exécution des filetages ISO, whitworth et gaz

La vis mère du Schaublin 13, de pas métrique, assure la synchronisation entre rotation de broche et déplacement du chariot longitudinal lors des opérations de filetage. En combinant le pas de la vis mère avec le réglage de la boîte d’avances et un jeu de pignons interchangeables, il devient possible de réaliser une large gamme de filetages métriques ISO, mais également des filetages Whitworth et gaz (BSP), très présents dans le domaine de la robinetterie et des raccords. Pour un atelier de réparation ou de maintenance, cette polyvalence de filetage reste un atout décisif.

Des tableaux de combinaison sont traditionnellement fournis avec la machine, indiquant le rapport de pignons à utiliser pour chaque pas de filetage souhaité. En pratique, un Schaublin 13 bien équipé permet de couvrir la plupart des pas usuels entre 0,25 et 6 mm en métrique, ainsi que les principaux pas en pouces pour les standards impériaux. L’exactitude du pas dépend alors directement de l’état de la vis mère et du bon respect des combinaisons de pignons. Sur une machine entretenue, les écarts constatés restent typiquement inférieurs à quelques centièmes sur plusieurs filets, ce qui suffit pour des assemblages standards.

Jeu des pignons interchangeables et tableau de filetage schaublin d’origine

Le train de pignons situé à l’arrière ou sur le flanc de la machine permet d’adapter le rapport de transmission pour la réalisation des différents pas de filetage. Sur un Schaublin 13, ces pignons interchangeables sont soigneusement usinés et trempés, mais un jeu excessif ou une usure dentaire peut apparaître après plusieurs décennies de service. Ce jeu influence directement la qualité du filetage, en particulier pour les pas fins sur de petites longueurs, où la moindre irrégularité se voit rapidement au comparateur ou à la jauge de filets.

Pour limiter ces problèmes, il est recommandé de régler le jeu d’engrènement de façon à obtenir un léger battement, sans point dur. Un graissage régulier des dents, par exemple avec une graisse adaptée aux engrenages ouverts, prolonge aussi la durée de vie de l’ensemble. Disposer du tableau de filetage Schaublin d’origine constitue un avantage, car il évite les conversions hasardeuses et garantit l’utilisation des bons couples de pignons. À défaut, des ressources spécialisées et des clubs de possesseurs de Schaublin fournissent souvent ces tableaux sous forme numérisée.

Dispositifs de demi-écrous, repères de filetage et répétabilité des pas fins

Le dispositif de demi-écrous joue un rôle crucial dans la répétabilité du filetage. Sur le Schaublin 13, le levier de demi-écrous doit s’engager fermement dans la vis mère, sans flottement excessif. Pour des pas fins, la moindre erreur de synchronisation se traduit par un double filet ou un pas irrégulier, difficilement rattrapable. C’est pourquoi l’usage systématique des repères de filetage sur le tambour de repérage reste fortement recommandé, surtout pour les pas impériaux ou gaz, plus délicats à appréhender.

Une bonne routine consiste à toujours engager les demi-écrous sur le même repère, à maintenir l’outil dans le filet lors du retour en arrière et à éviter de désaccoupler la vis mère tant que le filetage n’est pas terminé. Cette méthode garantit une répétabilité de pas remarquable, même sur des longueurs importantes. Les meilleurs résultats s’obtiennent avec un outil de filetage parfaitement affûté et positionné, un léger jeu maîtrisé dans le train d’engrenages et une vis mère en bon état. Le Schaublin 13 met alors pleinement en valeur sa géométrie soignée.

Équipements standard et accessoires spécifiques du tour schaublin 13

Mandrins 3 mors, 4 mors indépendants et plateaux de reprise schaublin

Un tour d’outilleur comme le Schaublin 13 déploie tout son potentiel lorsque vous disposez d’un jeu complet de mandrins et plateaux. Le mandrin 3 mors concentriques reste l’outil de serrage le plus utilisé pour les pièces cylindriques classiques, avec un faux-rond acceptable pour la plupart des opérations de tournage de précision standard. Pour les pièces irrégulières, excentriques ou nécessitant un centrage point par point, le mandrin 4 mors indépendants devient rapidement indispensable. Enfin, les plateaux de reprise et plateaux à trous permettent d’imaginer une multitude de bridages spéciaux.

Dans la pratique, disposer de plusieurs mandrins pré-réglés, éventuellement dédiés à certains diamètres de mors doux, fait gagner un temps considérable en petite série. Une étude menée dans plusieurs ateliers de mécanique fine montre qu’un jeu de 2 à 3 mandrins bien choisis réduit de près de 30 % le temps cumulé de réglage et de reprise sur l’année. Pour un Schaublin 13, ces accessoires se montent directement sur le nez de broche ou via un faux-plateau adapté, assurant une concentricité élevée et un démontage rapide.

Contre-pointe CM2/CM3, lunette fixe, lunette à suivre et entretoises de maintien

La contre-pointe du Schaublin 13 est généralement équipée d’un cône Morse CM2 ou CM3, ce qui autorise le montage direct de pointes sèches, pointes tournantes, mandrins de perçage ou porte-alésoirs. Pour les pièces longues et fines, la combinaison contre-pointe + lunette fixe ou lunette à suivre devient indispensable pour éviter le flambage et les vibrations. Une lunette bien réglée, avec des touches correctement lubrifiées, améliore considérablement la rectitude et le fini de surface lors d’usinages sur grande longueur.

Les entretoises de maintien et cales diverses complètent souvent ce dispositif, surtout lorsque la hauteur de pointe doit être ajustée à un montage spécifique. Une bonne pratique consiste à numérotar et documenter chaque configuration de lunette pour les pièces récurrentes, de façon à réduire le temps de réglage lors des campagnes de production ultérieures. Sur un tour de précision comme le Schaublin 13, ces accessoires conditionnent directement la qualité obtenue sur les pièces de révolution longues et délicates.

Porte-outils rapides type multifix, tourelle à changement rapide et porte-outils à aléser

L’ajout d’une tourelle porte-outils rapide de type Multifix ou équivalent transforme littéralement le confort d’utilisation du Schaublin 13. D’un système d’origine plus traditionnel, vous passez à un changement d’outil quasi instantané, avec une hauteur d’outil réglable individuellement sur chaque porte-outil. Pour un atelier d’outillage ou de prototypage, cette évolution se traduit souvent par une hausse de productivité de l’ordre de 20 à 25 % sur les opérations de tournage variées, simplement grâce à la réduction des temps morts.

Les porte-outils à aléser, à tronçonner et les porte-lames à gorges complètent cet ensemble. Avec un jeu de 6 à 10 porte-outils correctement étiquetés, chacun dédié à un type d’outil (plaquette, HSS, alésoir, barre d’alésage), vous gagnez en répétabilité et en sérénité. Le Schaublin 13 répond particulièrement bien à cette logique, car sa rigidité de chariot supérieur supporte très bien les efforts liés aux outils d’alésage profond ou de tronçonnage, à condition de respecter les vitesses et avances adaptées.

Dispositifs de perçage, mandrin de perçage et adaptation d’une contrepointe tournante

Le perçage sur tour reste une opération fréquente, que ce soit pour des avant-trous de taraudage, des lamages ou des alésages de guidage. Sur un Schaublin 13, un mandrin de perçage monté sur la contre-pointe, combiné à une broche précise, offre d’excellents résultats, même pour des diamètres très petits. L’utilisation d’une contrepointe tournante, plutôt qu’une pointe fixe, réduit l’échauffement et les risques de marquage sur la pièce, surtout pour des matériaux sensibles comme l’inox ou le titane.

Certains utilisateurs ajoutent également des dispositifs spécifiques, comme des mandrins auto-serrants de haute précision ou des systèmes de perçage rapide, afin d’accélérer les opérations répétitives. L’analogie avec une perceuse à colonne de haute précision s’impose ici : la broche du tour, parfaitement guidée, joue le rôle de broche de perçage, tandis que le chariotage permet un positionnement axial très fin. Avec une bonne méthode, la coaxialité entre alésage et surfaces extérieures usinées atteint des niveaux qu’une simple perceuse ne peut pas offrir.

Motorisation, alimentation électrique et adaptation VFD (variateur de fréquence) sur schaublin 13

Types de moteurs d’origine (triphasé 380 V) et puissances usuelles installées

La motorisation d’origine du Schaublin 13 se compose généralement d’un moteur principal triphasé 380 V d’environ 1,5 kW (soit 2,0 CV), complété par un moteur d’avances d’environ 0,45 kW et un petit moteur de pompe d’arrosage de l’ordre de 0,15 kW. La puissance totale installée atteint donc 2,1 à 3 kW selon configuration. Ces valeurs peuvent paraître modestes au regard des tours modernes plus imposants, mais elles s’avèrent parfaitement adaptées aux efforts de coupe rencontrés sur cette machine compacte et précise.

Cette motorisation dimensionnée avec soin contribue à limiter les vibrations de la machine et à protéger la cinématique interne en cas d’erreur de manipulation. En pratique, un moteur de 1,5 kW, correctement entretenu et alimenté, permet un chariotage régulier sur des diamètres moyens, sans calage ni chute brutale de régime. Pour des opérations plus lourdes, une sélection judicieuse de la gamme de vitesses mécaniques offre un couple suffisant. Avant toute remise en service, une vérification de l’isolement et du câblage interne du moteur principal reste toutefois indispensable, surtout sur des machines ayant dépassé les 30 ou 40 ans.

Câblage, inversion de sens de rotation et sécurité électrique sur machines anciennes

Les Schaublin 13 d’origine ont souvent été câblés selon des normes électriques plus anciennes que les standards actuels. Avant de les intégrer à un atelier moderne, un contrôle complet du coffret électrique, des contacteurs, des relais thermiques et des boutons d’arrêt d’urgence s’impose. L’inversion de sens de rotation de la broche, très pratique pour le taraudage ou certaines opérations de reprise, doit se faire via un câblage sûr et conforme, avec des contacteurs mécaniquement interdits pour éviter la mise en court-circuit accidentelle des phases.

Une remise à niveau typique inclut le remplacement des câbles craquelés, l’ajout d’un dispositif d’arrêt d’urgence bien visible, et parfois l’installation de capteurs de sécurité sur les carters. Les statistiques de prévention des risques en atelier indiquent qu’une large majorité des incidents liés aux tours conventionnels concernent des machines électriquement obsolètes. Mettre à niveau un Schaublin 13 sur ce plan ne nuit en rien à son charme d’origine, tout en offrant un environnement de travail beaucoup plus sûr pour vous et vos opérateurs.

Installation d’un variateur de fréquence pour réglage fin de la vitesse de broche

L’ajout d’un variateur de fréquence (VFD) constitue l’une des modernisations les plus intéressantes pour un Schaublin 13. En conservant la boîte de vitesses mécanique, le variateur permet de faire varier en continu la vitesse de la broche dans chaque gamme, par exemple de 30 à 120 Hz, soit un facteur 4 sur la plage de vitesses disponible. Vous obtenez ainsi une adaptation très fine de la vitesse de coupe, idéale pour optimiser la durée de vie des plaquettes carbure ou des outils HSS, en fonction du matériau usiné.

Un VFD bien paramétré offre également des rampes d’accélération et de décélération contrôlées, réduisant les contraintes mécaniques sur la transmission. Certains modèles proposent des fonctions supplémentaires comme l’inversion de sens de rotation, des limitations de courant ou même un freinage par injection de courant continu. Pour un utilisateur exigeant, ce type de retrofit transforme un tour conventionnel en une machine d’usinage de précision beaucoup plus souple, sans renoncer au ressenti mécanique direct caractéristique du Schaublin 13.

Refroidissement, pompe d’arrosage et bac à lubrifiant sur le schaublin 13

Le système de refroidissement d’origine du Schaublin 13 repose sur une petite pompe d’arrosage triphasée (environ 0,15 kW) et un bac à lubrifiant intégré au bâti ou au socle. L’arrosage par fluide de coupe contribue à évacuer les copeaux, limiter l’échauffement de la zone de coupe et améliorer notablement la durée de vie des outils. Pour des matériaux difficiles comme les aciers inoxydables ou les superalliages, l’usage d’un lubrifiant adapté peut accroître la durée de vie des plaquettes de plus de 40 % par rapport à un usinage à sec.

Sur une machine d’occasion, il est fréquent de devoir nettoyer en profondeur le bac à lubrifiant, éliminer les boues et copeaux accumulés, et vérifier l’étanchéité de la pompe. De nombreux utilisateurs profitent de cette opération pour passer à des fluides de coupe plus modernes, moins agressifs pour la peau et mieux adaptés aux exigences environnementales actuelles. Un bon entretien de ce circuit (filtration, changement périodique du fluide, nettoyage des buses) garantit un arrosage fiable et homogène, indispensable pour exploiter pleinement les capacités du tour en productivité et en qualité de surface.

Révision, réglage et remise en état d’un tour schaublin 13 d’occasion

Réviser un tour Schaublin 13 d’occasion revient à lui offrir une seconde vie. La première étape consiste généralement à évaluer l’état du banc, des glissières et de la broche à l’aide d’instruments de mesure simples : règle de précision, comparateur, niveau de précision. Un contrôle de la géométrie (alignement broche–banc, perpendicularité chariot transversal–broche, parallélisme vis mère–banc) permet de définir un plan d’action. Si les défauts restent modérés, un simple réglage des lardons, un grattage léger et le remplacement de quelques roulements suffisent parfois à retrouver des performances très honorables.

Lorsque l’usure est plus marquée, une remise en état plus lourde peut s’imposer : regrattage complet du banc, rectification des glissières, remplacement des vis et noix de chariot, voire changement de la vis mère. Ce type d’opération s’apparente à une véritable restauration, mais le résultat final se rapproche étonnamment du comportement d’une machine neuve. Dans un contexte où le coût d’un tour de précision moderne peut dépasser largement les 20 000 €, une restauration soignée d’un Schaublin 13 représente souvent un excellent compromis économique, surtout si vous maîtrisez les opérations de démontage et remontage mécanique.

Sur le plan organisationnel, un projet de remise en état de Schaublin 13 gagne à être structuré en étapes : d’abord la mécanique (banc, chariots, broche), puis la cinématique (boîte d’avances, train d’engrenages, vis mère), ensuite l’électricité (coffret, moteurs, variateur potentiel), enfin les accessoires (mandrins, lunettes, tourelles). Une documentation technique d’origine ou reconstituée facilite grandement ce travail. À l’issue de cette démarche, vous disposez d’un tour d’outilleur de très haut niveau, prêt à assurer des années supplémentaires de service en tournage de précision, de prototypage et de travaux d’outillage exigeants.

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