V pour presse plieuse d’occasion : choix

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Sur une presse plieuse d’occasion, le bon choix du V de matrice fait la différence entre un pliage de tôle répétable, propre et rentable… et des séries entières mises au rebut. Le V conditionne directement l’angle obtenu, le rayon intérieur, le marquage de la surface et le tonnage nécessaire. Sur une machine neuve comme sur une presse plieuse de seconde main, ce paramètre reste le cœur de la maîtrise du process. Pour vous, responsable d’atelier, chaudronnier ou tôlier, comprendre comment dimensionner et contrôler ce V devient donc aussi stratégique que le choix de la presse plieuse elle-même.

Le marché de la machine-outil d’occasion progresse de 5 à 7 % par an en Europe, et une presse plieuse peut rester productive plus de 20 ans si l’outillage est adapté et bien entretenu. Pourtant, dans de nombreux ateliers, plus de 60 % des défauts de pliage proviennent d’un mauvais choix de matrice en V. En connaissant les règles de calcul, les limites de tonnage et les critères d’inspection de ces matrices, vous mettez votre presse plieuse d’occasion au niveau de productivité d’une installation récente, pour un investissement bien moindre.

Comprendre le rôle du V sur une presse plieuse d’occasion dans le pliage de tôle

Interaction poinçon / matrice en V : ligne de pliage, rayon intérieur et angle obtenu

Sur une presse plieuse, le pliage se fait par interaction entre un poinçon supérieur et une matrice inférieure en V. Vous placez la tôle sur l’ouverture de V, le poinçon descend, la matière se déforme et prend la forme imposée par la géométrie de l’ensemble outil. Le V agit comme un « levier » géométrique : plus l’ouverture est grande, plus l’effort se répartit, plus le rayon intérieur augmente. À l’inverse, un V étroit concentre les contraintes et produit un rayon plus serré, au prix d’un tonnage beaucoup plus élevé.

Le rayon intérieur obtenu en pliage en l’air se situe généralement autour de r ≈ 0,16 à 0,2 × V pour les aciers doux. Autrement dit, avec un V de 20 mm, vous obtenez souvent un rayon interne voisin de 3 à 4 mm. Cet ordre de grandeur aide à anticiper si la pièce finie respectera les cotes de forme, surtout lorsque vous réalisez des caissons, des profilés en U ou des plis de retour. L’angle final dépend aussi de la course du poinçon et du retour élastique, mais un V mal choisi vous obligera à compenser en permanence dans la CN.

Différence entre pliage en V, pliage en U et pliage par écrasement (coining) sur presse plieuse

Le V pour presse plieuse d’occasion est souvent pensé uniquement pour le pliage en V (ou pliage en l’air), alors que plusieurs modes de travail coexistent. Le pliage en l’air représente aujourd’hui plus de 80 % des opérations en tôlerie, car il permet d’absorber le retour élastique par une gestion de la profondeur et d’optimiser la productivité. Dans ce cas, la tôle ne vient pas en contact total avec les flancs du V, et l’outillage reste fortement sollicité au niveau de la zone de contact.

Le pliage en U fait intervenir des matrices spécifiques en U, utilisées notamment pour les profils de renfort et les caniveaux. Le V sert alors souvent en pré-pliage avant passage dans un outil de formage de canaux. Quant au pliage par écrasement (coining), il consiste à « marquer » la fibre neutre de la tôle en forçant la matière dans la matrice jusqu’à dépasser très largement la limite élastique. Cette technique donne des angles très précis, mais impose des tonnages de 5 à 6 fois supérieurs au pliage en l’air, ce qui peut dépasser la capacité de nombreuses presses plieuses d’occasion et déformer les matrices en V si celles-ci ne sont pas renforcées.

Influence du V sur la distribution des contraintes et le retour élastique (springback) des aciers S235, S355 et inox 304

L’ouverture du V influence directement la distribution des contraintes dans la tôle. Pour un acier S235 (Re ≈ 235 MPa), le retour élastique reste modéré : un sur-pliage de 1 à 2° suffit souvent. Avec un acier S355 (Re ≈ 355 MPa), plus raide et plus résistant, ce retour élastique augmente et peut atteindre 2 à 4° sur des épaisseurs moyennes. En inox 304, dont la limite élastique et le module d’élasticité diffèrent, le springback devient plus marqué, parfois supérieur à 5°, surtout avec un V trop large.

Un V trop grand répartit mal la contrainte, la zone plastifiée se réduit, et le retour élastique augmente. À l’inverse, un V plus serré augmente la zone plastifiée et réduit le springback, mais au prix d’une montée en tonnage. Le bon compromis pour votre presse plieuse d’occasion consiste donc à choisir un V qui limite le retour élastique tout en restant inférieur à la capacité de tonnage par mètre. Cette optimisation est encore plus cruciale lorsque la machine ne dispose pas de compensation de bombage automatique.

Spécificités du V pour pliage d’aluminium EN AW-5754 et tôles galvanisées DX51D

Pour l’aluminium EN AW-5754, la limite élastique plus faible et le module d’élasticité réduit entraînent un comportement différent au pliage. Vous observez souvent un rayon intérieur plus généreux pour une même ouverture de V, mais aussi une sensibilité accrue au marquage de surface. Un V légèrement plus grand que pour l’acier, associé à des flancs polis ou à un V revêtu d’insert polyuréthane, limite les risques de fissuration du revêtement ou d’arrachement de matière, notamment sur les tôles vernis ou anodisées.

Les tôles galvanisées DX51D posent un autre défi : la couche de zinc fond et se marque facilement au contact de la matrice. Un V trop serré écrase la couche de galvanisation et favorise la corrosion au droit du pli. Dans ce cas, un V plus large, une matrice aux arêtes adoucies et un nettoyage régulier réduisent considérablement les défauts. Plusieurs fabricants proposent des matrices anti-marques adaptées à ces tôles, particulièrement intéressantes si vous produisez des pièces d’aspect ou des ensembles de couverture.

Calcul du V pour une presse plieuse d’occasion : formules, abaques fabricants et règles empiriques

Règle du V = 6 à 10 × l’épaisseur (t) : adaptation selon acier doux, inox et aluminium

Pour choisir rapidement un V sur presse plieuse, la règle empirique la plus répandue consiste à prendre V = 6 à 10 × t, où t est l’épaisseur de tôle. Cette règle fonctionne correctement dans 70 à 80 % des cas en acier doux. Pour des tôles de 3 mm en S235, un V de 18 à 24 mm donne généralement des résultats satisfaisants en pliage en l’air. Toutefois, cette plage doit être adaptée en fonction du matériau et de la pièce.

En inox 304, un V légèrement plus grand (8 à 12 × t) limite l’effort et le risque de marquage, tandis qu’en aluminium, un V plus large permet de réduire les contraintes sur la fibre extérieure et d’éviter les microfissures. Dans la pratique, lorsqu’un atelier bascule massivement vers l’inox ou l’aluminium, un réajustement systématique de la gamme de matrices en V s’impose si vous souhaitez stabiliser les angles sans multiplier les corrections dans le programme CN.

Utilisation des abaques amada, bystronic, trumpf et LVD pour choisir le V en fonction de la tôle

Les principaux constructeurs – Amada, Bystronic, Trumpf, LVD, Colly, Haco, Durmazlar, etc. – publient des abaques de pliage indiquant, pour chaque épaisseur et chaque matériau, la combinaison recommandée de V, de tonnage par mètre et de rayon intérieur. Ces abaques, souvent intégrés dans les logiciels de programmation des presses plieuses CNC récentes, restent parfaitement utilisables sur une presse plieuse d’occasion, même à commande plus simple.

L’avantage majeur de ces abaques est de vous donner une base fiable pour éviter le sur-tonnage. Par exemple, un tableau Amada indiquera pour une tôle acier de 4 mm un V recommandé de 32 mm avec un tonnage de l’ordre de 40 kN/m en pliage en l’air. En corrigeant ces valeurs selon l’état réel de votre machine (bague de vérin, guidages, bombage, etc.), vous réduisez fortement le risque de déformation irréversible de la matrice ou du tablier inférieur.

Dimensionnement du V pour éviter marquage, écrasement de bord et flambage des pièces longues

Un V mal dimensionné ne se traduit pas seulement par un mauvais angle. Vous le constatez vite sur les pièces d’aspect : marquage prononcé au droit du V, écrasement du bord de la tôle, apparition d’empreintes des lèvres sur les tôles fines. Sur des tôles inférieures à 1,5 mm, un V trop serré peut même écraser complètement l’arrête, rendant le rayon intérieur non conforme au plan.

Sur des pièces longues (supérieures à 2,5 ou 3 m), un V trop petit augmente aussi le risque de flambage et de voilage, surtout sur les aciers à haute limite élastique. Le V doit alors être dimensionné en tenant compte de la longueur de pli et du système de bombage disponible sur la presse. Un V plus large, combiné à un bombage bien réglé, permet de maintenir une rectitude correcte tout en limitant les variations d’angle sur la longueur.

Prise en compte de la longueur de pli (L), de la force par mètre et de la limite élastique matière

Le calcul du V s’inscrit toujours dans une approche globale qui inclut la longueur de pli L, la force par mètre disponible et la limite élastique du matériau. Sur une presse plieuse de 135 tonnes et 3 m de longueur utile, la capacité nominale est souvent donnée pour la longueur totale. Cela signifie qu’un pli sur 3 m en pleine capacité approche déjà la limite du bâti. Si vous réduisez la longueur à 1 m, la force disponible localement reste identique, mais la structure travaille différemment, avec un risque de concentration des efforts.

En pratique, vous dimensionnez le V pour rester à 70–80 % de la capacité maximale par mètre, en vous laissant une marge de sécurité. Cette marge absorbe les variations d’épaisseur, les défauts de planéité de la tôle, ainsi que les imprécisions liées à l’usure de la presse plieuse d’occasion. Cette approche s’avère particulièrement importante sur des presses anciennes dont les capteurs de pression et les systèmes hydrauliques ne sont pas aussi précis que sur les modèles récents.

Exemple chiffré : calcul du V pour une tôle acier S355 de 5 mm sur presse plieuse 135T / 3 m

Considérons une tôle S355 de 5 mm à plier sur une presse plieuse de 135 tonnes pour 3 m. La règle empirique donne V ≈ 8 × t pour un acier à haute limite élastique, soit V ≈ 8 × 5 = 40 mm. Certaines tables recommandent cependant un V de 32 mm pour optimiser le rayon. Vérifions le tonnage avec la formule de pliage en l’air :

F (kN/m) = k × Rm × t² / V

En prenant k = 1,42 (coefficient pour pliage en l’air), Rm ≈ 510 MPa pour S355, t = 5 mm et V = 40 mm, le tonnage reste largement compatible avec la presse. Même avec un V de 32 mm, la force nécessaire par mètre ne dépasse pas 40 à 45 kN/m, ce qui laisse une marge confortable sur 3 m. Cet exemple montre que, pour une presse plieuse d’occasion de 135T, le V n’est pas limité par la force, mais bien par les critères de marquage, de rayon et de rectitude.

Compatibilité du V avec la presse plieuse d’occasion : capacité tonnage, ouverture et géométrie

Vérification du tonnage nécessaire via la formule de pliage (F = k × rm × t² / V)

Avant d’utiliser un V récupéré ou acheté d’occasion, la première étape consiste à vérifier le tonnage nécessaire à l’aide de la formule F = k × Rm × t² / V. Vous adaptez le coefficient k au type de pliage (en l’air, frappe, coining) et vous tenez compte du Rm réel du lot matière indiqué sur le certificat. De nombreux incidents de sur-tonnage viennent d’une sous-estimation de la résistance de la tôle par rapport à la valeur nominale.

Un bon réflexe consiste à intégrer systématiquement ce calcul dans la préparation des gammes, surtout lorsque vous réutilisez une presse plieuse d’occasion sur laquelle les sécurités de surcharge sont moins sophistiquées. En cas de doute, un essai sur une longueur réduite (200 à 300 mm) permet de valider le comportement de la machine et de la matrice avant de passer sur la longueur totale.

Ouverture de la matrice, hauteur de V et collision potentielle avec la table ou les butées arrière

La compatibilité géométrique du V avec la presse plieuse d’occasion est parfois négligée. Une matrice T de grande hauteur peut entrer en collision avec la table, les butées arrière ou les protections latérales. C’est particulièrement vrai sur les presses plus anciennes, dont la lumière entre table et tablier est plus faible que sur les modèles récents à grande course.

Avant montage, vous vérifiez la hauteur de la matrice, la course maximale utilisable, ainsi que la position des butées. En cas de pliage de caissons ou de pièces avec retours importants, la combinaison poinçon + V doit autoriser un dégagement suffisant pour éviter les chocs avec les butées arrière. Un simple plan coté, même tracé à main levée, permet souvent d’anticiper ces problèmes de collision, surtout lorsque vous travaillez avec des matrices en T de 80 mm ou plus.

Alignement du V avec la ligne de pli et contrôle du bombage (crown) sur presses plieuses anciennes

Sur une presse plieuse d’occasion, l’alignement entre le V et la ligne de pli peut être altéré par l’usure du tablier, des cales et des règles de support. Un léger désalignement se traduit rapidement par des angles variables à gauche et à droite. Le bombage (ou crown) de la presse doit aussi être contrôlé : un bombage insuffisant entraîne un angle plus ouvert au centre, alors qu’un bombage excessif produit l’effet inverse.

Un contrôle régulier avec une règle de précision et des comparateurs assure un appui homogène de la matrice en V sur toute la longueur utile. Si la presse ne dispose pas de bombage automatique, un système de cales réglables ou un outillage légèrement corrigé en hauteur peut compenser. Cette approche, souvent mise en place dans les ateliers ayant une forte proportion de pièces récurrentes, reste très efficace sur les presses plieuses anciennes à mécano-soudé robuste.

Compatibilité avec différents types de poinçons : gooseneck, offset, poinçon étroit pour caissons

Le V choisi doit aussi être compatible avec la famille de poinçons utilisée : poinçon droit standard, gooseneck (cou de cygne), poinçon déporté, poinçon étroit pour fermeture de caissons. Un poinçon cou de cygne nécessite souvent une hauteur de V suffisante pour éviter les collisions entre la pièce et le corps de l’outil, surtout en présence de retours élevés ou de formes en U profondes.

Pour les boîtiers électriques, coffrets de ventilation ou caissons d’armoires, l’association poinçon étroit + V segmenté permet de réaliser des plis très proches sans interférence. Dans ce cas, la géométrie du V (largeur, profondeur, chanfreins) doit être étudiée avec soin afin d’assurer un dégagement correct de la pièce à chaque opération. Une planification globale de l’outillage par famille de pièces évite de multiplier inutilement les références de V tout en couvrant la majorité des configurations.

Types de V disponibles pour presses plieuses d’occasion : matrices standard, multi-v et outils spéciaux

Matrices en V simples (V6, V8, V12, V16) pour aciers courants et pièces de chaudronnerie générale

Les matrices en V simples – V6, V8, V12, V16, V20, etc. – constituent la base de l’outillage de presque tous les ateliers de tôlerie. Ces outils monoblocs ou segmentés couvrent les épaisseurs de 0,8 à 10 mm en acier doux, avec un rapport classique de 6 à 10 fois l’épaisseur. Sur le marché de l’occasion, ces matrices sont très présentes, notamment en standard européen type R1 pour presses Amada / Promecam.

Pour une presse plieuse d’occasion, disposer d’un jeu cohérent de V6 à V20 permet déjà de produire plus de 80 % des pièces de chaudronnerie générale : châssis, supports, consoles, brides, petites structures. L’intérêt de ces matrices standard réside dans leur polyvalence, mais aussi dans la facilité de remplacement ou d’adaptation par rectification en cas d’usure légère ou de besoin de rectitude accrue.

Matrices multi-v (type 4V, 8V) pour presses plieuses colly, HACO, durma et ermaksan

Les matrices multi-V (4V, 8V) offrent plusieurs ouvertures en V sur un même bloc. En retournant la matrice, vous changez d’ouverture sans démontage complet, ce qui fait gagner un temps significatif sur les changements de série. Sur des presses plieuses d’occasion Colly, HACO, Durmazlar ou Ermaksan, ces outils restent très utilisés pour la fabrication de petites séries variées.

Leur principale limite vient de leur hauteur souvent réduite, qui complique le pliage de pièces avec retours importants. De plus, certaines matrices multi-V anciennes présentent des flancs moins polis que les outils plus récents, avec un risque accru de marquage. Un contrôle précis de la planéité et de la symétrie de chaque V est indispensable avant de les intégrer sur des productions exigeantes.

V spéciaux anti-marques avec inserts polyuréthane pour inox brossé et aluminium anodisé

Les V anti-marques intègrent des inserts en polyuréthane, nylon ou élastomère qui se déforment pendant le pliage, répartissant les contraintes sur une zone plus large. Ce type d’outil est particulièrement intéressant pour l’inox brossé, l’inox poli miroir, l’aluminium anodisé ou peint, ainsi que pour les pièces d’aspect en tôlerie architecturale ou en mobilier métalliques.

Ces matrices réduisent fortement les marques de contact, au prix d’un rayon intérieur légèrement plus important et d’une usure plus rapide des inserts. Une inspection régulière de ces inserts, notamment sur presses plieuses d’occasion où le guidage et l’alignement peuvent être moins parfaits, permet de conserver une qualité d’aspect constante sans retouche de finition (re-brossage, polissage, retouche peinture).

Matrices en V à grande ouverture pour fortes épaisseurs (tôles 10–20 mm) et profils IPN/HEA

Pour le pliage de fortes épaisseurs (10, 12, 15, 20 mm et plus), des matrices en V de grande ouverture (V80, V100, V160, V220…) sont nécessaires. Ces outils massifs, parfois renforcés, acceptent des tonnages très élevés et sont utilisés pour la chaudronnerie lourde, les charpentes métalliques, les profils IPN/HEA ou les pièces en acier à haute limite élastique.

Sur une presse plieuse d’occasion, l’utilisation de ces V de grande ouverture impose un contrôle strict du bâti, des vérins et de la table. Un dépassement de tonnage, même ponctuel, peut entraîner une déformation permanente de la machine. Il devient alors indispensable de combiner abaques de pliage, calculs de tonnage et tests progressifs pour valider la capacité réelle du couple machine / matrice.

Outils V segmentés pour pliage de caissons, boîtiers électriques et pièces avec retours courts

Les matrices en V segmentées permettent de composer des longueurs ajustées à la pièce, en combinant plusieurs segments de 10, 20, 50, 100, 200 mm, etc. Cet outillage s’avère particulièrement adapté au pliage de caissons, boîtiers électriques, coffrets de commande, capots et pièces à géométrie complexe, où la continuité de la matrice n’est pas toujours possible à cause des retours ou des obstacles.

Les segments individuels doivent présenter la même hauteur, le même rayon de fond de V et une rectitude suffisante pour garantir un angle homogène sur la largeur de chaque pli. Sur des V segmentés d’occasion, l’usure localisée et les déformations plastiques après surcharge sont fréquentes, d’où l’importance de les contrôler un par un avant remontage sur la presse plieuse.

Critères de choix du V sur une presse plieuse d’occasion selon matière, épaisseur et série de production

Le choix d’un V sur presse plieuse d’occasion repose sur plusieurs critères : matière, épaisseur, géométrie de la pièce, volume de production et exigences d’aspect. Pour des aciers doux S235 en épaisseur 1 à 3 mm, un jeu de V standard bien entretenu suffit généralement, surtout pour des séries courtes ou moyennes. Dès que vous travaillez des aciers S355, des aciers à haute résistance ou des inox, le V doit être adapté pour limiter les sur-tonnages et le retour élastique.

La nature de la surface conditionne aussi le choix : acier brut, galvanisé, prélaqué, inox brossé, aluminium anodisé nécessitent des V de surface différente, voire des V anti-marques. Le volume de production entre également en jeu : pour des séries longues, un V parfaitement rectifié et durci, avec traitement de surface de type nitruration ou chromage dur, garantit une meilleure tenue dimensionnelle dans le temps. Pour des prototypes ou petites séries, un V standard d’occasion, contrôlé et correctement nettoyé, peut offrir un excellent rapport coût / performance.

Inspection et contrôle d’un V d’occasion : usure, géométrie et état de surface

Contrôle du rayon de fond de V, de la symétrie des lèvres et de la rectitude sur la longueur utile

Avant d’intégrer un V d’occasion sur presse plieuse, un contrôle géométrique s’impose. Le rayon de fond de V conditionne le rayon intérieur de pliage et doit rester conforme au profil d’origine. Une mesure simple au projecteur de profil ou avec des piges calibrées permet de vérifier ce point. La symétrie des lèvres de la matrice est tout aussi importante : une lèvre usée davantage que l’autre génère un angle dissymétrique et un pli légèrement « tordu ».

La rectitude de la matrice sur la longueur utile se contrôle avec une règle de précision ou un marbre. Une flèche excessive au centre ou un gauchissement sur 2 ou 3 mètres se traduira par des écarts d’angle et de rayon sur la pièce. Ce contrôle prend peu de temps et vous évite de chercher des causes de non-conformité dans la machine alors que l’origine se trouve dans l’outillage.

Détection d’usure localisée, d’écaillage et de déformation plastiques après surcharges de tonnage

L’usure des V se manifeste souvent par des facettes brillantes au niveau de la zone de contact, des arrêtes arrondies, voire des écaillages de matière pour les outils trempés. Sur des presses plieuses d’occasion ayant travaillé longtemps à forte charge, les matrices ont parfois subi des surcharges de tonnage qui ont provoqué des déformations plastiques : resserrement local de l’ouverture, légère incurvation d’une lèvre, voire microfissures.

Une inspection visuelle, complétée au besoin par un contrôle magnétoscopique ou par ressuage sur les zones critiques, permet de détecter ces défauts. Une matrice présentant des fissures ou un écaillage profond doit être écartée des productions critiques, voire réformée, pour éviter tout risque de rupture brutale en charge, qui pourrait endommager durablement la presse plieuse et mettre en danger l’opérateur.

Mesure de la dureté (HRC) et vérification des traitements (nitruration, trempe, chromage dur)

La dureté d’une matrice en V conditionne sa résistance à l’usure. Les V de qualité présentent souvent une dureté comprise entre 55 et 65 HRC, obtenue par trempe et/ou nitruration. Une mesure ponctuelle à l’aide d’un duromètre portable donne une bonne indication de la qualité du traitement, surtout lorsque l’origine de l’outil n’est pas parfaitement tracée.

Les traitements de surface, comme la nitruration profonde ou le chromage dur, améliorent la glissance et limitent les microsoudures de matière, réduisant ainsi l’encrassement des matrices. Sur une presse plieuse d’occasion, où la lubrification et le nettoyage ont pu être négligés, ces traitements apportent un vrai plus en termes de stabilité d’angle et de qualité de surface, tout en prolongeant la durée de vie de l’outillage.

Nettoyage, dégraissage et inspection visuelle avant remontage sur presse plieuse d’occasion

Avant tout remontage, un nettoyage et un dégraissage soigneux du V s’imposent. Les dépôts de calamine, de zinc, d’oxydes ou de lubrifiants séchés modifient la géométrie effective de la matrice et augmentent les marques sur les pièces. Un simple brossage, suivi d’un essuyage au chiffon non pelucheux avec un solvant adapté, améliore fortement la répétabilité des plis.

Profitez de cette étape pour inspecter visuellement les portées de fixation, les repères gravés (angle, V, hauteur, référence) et la présence éventuelle de chocs ou de bavures. Une petite reprise à la pierre à huile sur une bavure peut éviter un mauvais positionnement sur la table ou un défaut de serrage. Ce travail préparatoire, souvent sous-estimé, se traduit pourtant directement par une réduction des temps de mise au point et du taux de rebut.

Erreurs fréquentes dans le choix du V sur presse plieuse d’occasion et stratégies de correction

Les erreurs les plus courantes dans le choix du V sur une presse plieuse d’occasion tiennent à la sous-estimation de la résistance matière, à l’utilisation systématique d’un seul V « passe-partout » et à la négligence des limitations de tonnage par mètre. Utiliser un V trop petit par rapport à l’épaisseur et à la qualité de tôle provoque des surcharges qui, à terme, déforment à la fois la matrice et la machine. À l’opposé, un V trop large conduit à un retour élastique excessif, que vous compensez en sur-pliant de plusieurs degrés, au détriment de la répétabilité.

Pour corriger ces dérives, la mise en place d’une « bibliothèque d’outillage » documentée s’avère très efficace : pour chaque épaisseur et chaque nuance, le V recommandé, l’angle de poinçon, le rayon attendu et le tonnage de référence sont spécifiés. Lorsqu’une presse plieuse d’occasion arrive dans l’atelier, un recalage systématique de cette bibliothèque en conditions réelles, avec quelques pièces tests, permet d’adapter ces valeurs au comportement spécifique de la machine. Cette démarche structurée fait gagner un temps considérable aux opérateurs et sécurise la production, même lorsque les gammes de pièces se diversifient ou lorsque de nouveaux matériaux apparaissent dans vos commandes.

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