VISU 2 axes pour tour : installation

visu-2-axes-pour-tour-installation

Installer une VISU 2 axes sur un tour transforme une machine traditionnelle en véritable outil de précision. Sur un tour parallèle Cazeneuve, un ancien Ernault Somua ou un petit tour d’atelier chinois, une DRO moderne permet de gagner en productivité, en fiabilité de mesure et en confort d’usinage. Fini les verniers illisibles, les jeux à l’inversion impossibles à compenser mentalement et les reprises de cotes approximatives. Une installation bien pensée, correctement câblée et soigneusement paramétrée assure des années de service sans dérive sensible. Encore faut‑il préparer le tour, choisir la bonne technologie de règles linéaires et soigner l’implantation mécanique. Cette démarche demande un peu de méthode, mais vous offre en retour un contrôle dimensionnel digne d’une machine CN, tout en conservant la souplesse d’usage d’un tour conventionnel.

Préparation du tour pour l’installation d’une VISU 2 axes (nettoyage, géométrie, environnement électrique)

Contrôle de la géométrie du tour (jeu des coulisses, parallélisme, état du transversal et du chariot)

Avant de penser à la moindre règle optique, il est indispensable de vérifier la géométrie du tour. Une VISU 2 axes (ou DRO 2 axes) n’améliore pas une machine mécaniquement fatiguée, elle se contente d’afficher plus précisément les erreurs… Si le trainard a trop de jeu ou si le transversal flotte sur ses glissières, la meilleure console Heidenhain ne changera rien au défaut de côtes.

Commencez par contrôler le jeu des coulisses au comparateur : chariot transversal, petit chariot, trainard. Sur un tour en bon état, un jeu résiduel de 2 à 3/100 mm sur un axe est courant, au‑delà de 1/10 mm, une reprise de lardons s’impose. Vérifiez ensuite le parallélisme entre l’axe de broche et le banc à l’aide d’une barre étalon montée dans le mandrin : une conicité supérieure à 0,02 mm sur 200 mm indique souvent un problème de mise à niveau ou d’usure localisée.

Inspectez aussi les surfaces disponibles pour fixer les règles : si des zones sont fortement marquées par les copeaux ou la corrosion, un surfaçage léger ou la pose d’entretoises usinées sera nécessaire pour garantir le bon alignement de la règle par rapport au mouvement du chariot.

Vérification de l’alimentation électrique et de la mise à la terre pour une DRO 2 axes

La fiabilité d’une visualisation numérique de cotes dépend aussi de l’environnement électrique. Sur de nombreux tours, surtout lorsqu’un variateur de fréquence a été ajouté, les parasites électromagnétiques peuvent provoquer des pertes de pas, des clignotements d’affichage ou des remises à zéro intempestives.

Contrôlez d’abord la qualité de la mise à la terre : toutes les masses métalliques (bâti, coffret électrique, console de VISU 2 axes) doivent être reliées à un point de terre commun, avec une résistance de terre conforme aux normes locales (en général < 50 Ω pour un petit atelier). Vérifiez l’absence de tension de fuite entre neutre et terre (idéalement < 5 V). En présence de gros moteurs ou de variateurs, l’ajout de filtres CEM sur l’alimentation du tour permet souvent de stabiliser définitivement le comportement de la DRO.

Une ligne dédiée protégée par disjoncteur différentiel récent, et un câblage séparé pour la console (évitant les mêmes goulottes que les câbles de puissance) limitent très fortement les risques de perturbations, en particulier lors des démarrages de broche à forte intensité.

Nettoyage des glissières prismatiques et surfaces de fixation des règles linéaires

Un montage de règle linéaire est aussi sensible à la propreté de son support qu’un roulement à la qualité de son alésage. Avant de fixer une règle de 2 axes sur le banc ou le transversal, nettoyez en profondeur les glissières prismatiques et toutes les surfaces de fixation. Les copeaux incrustés, les bavures de peinture ou les dépôts de lubrifiant séché peuvent créer des torsions de plusieurs centièmes sur la longueur de la règle et introduire une erreur cosinus permanente.

Procédez par étapes :

  • Dégraissage à l’aide d’un solvant adapté (essence C, alcool isopropylique) sur les zones de fixation de la règle linéaire
  • Ébavurage léger au grattoir ou à la pierre à huile des bosses et coups de griffe
  • Essuyage final avec un chiffon non pelucheux, sans laisser de film gras entre règle et support

Sur un tour ancien, ce nettoyage est aussi l’occasion de découvrir d’éventuelles fissures de fonte, des anciens perçages ou des réparations approximatives qu’il faudra prendre en compte dans le dessin des supports et platines.

Identification des axes X et Z sur tour parallèle, tour CN ou tour conventionnel

Sur un tour parallèle conventionnel, la convention ISO définit l’axe Z comme l’axe de rotation de la broche (longitudinal), et l’axe X comme l’axe radial (transversal). L’installation d’une VISU 2 axes sur un tour type Cazeneuve ou Weiler suit donc cette logique : règle longue sur Z, règle courte sur X.

Sur un tour CN ou un tour semi‑numérique, cette convention est identique, mais des axes supplémentaires peuvent exister (CPO en Z1, tourelle en axe Y sur certaines machines modernes). Lors de l’installation d’une DRO indépendante sur une machine déjà équipée d’une CN obsolète, il est crucial de s’assurer que le sens de comptage de la VISU correspond au sens des déplacements connus par l’opérateur, afin de ne pas introduire de confusion.

Se poser une question simple aide : lorsque vous avancez le transversal vers le centre de la pièce, voulez‑vous voir une diminution (affichage en diamètre) ou une augmentation (affichage en rayon) de la cote X sur la console ? Le choix conditionnera ensuite le paramétrage de l’affichage en diamètre ou rayon dans la partie configuration.

Choix de la VISU 2 axes adaptée au tour : sino, easson, newall, heidenhain, fagor

Sélection de la course de lecture des règles linéaires selon la longueur maximale entre-pointe

Le premier critère concret pour choisir une VISU 2 axes pour tour concerne la course utile des règles linéaires. La règle de l’axe Z doit couvrir la longueur maximale de déplacement du trainard, plus une marge de sécurité de 10 à 20 mm en butée pour ne jamais sortir de la zone de lecture du capteur. Sur un tour entre‑pointes 1000 mm, une règle de 1000 mm de course utile est généralement suffisante, mais la longueur totale mécanique sera souvent de l’ordre de 1140 à 1200 mm suivant le fabricant.

Pour l’axe X, la course est plus modeste, typiquement 150 à 300 mm selon la taille du transversal. Là encore, mieux vaut choisir une règle légèrement plus longue que la course réelle, plutôt que de risquer une perte de signal en fin de déplacement. Sur des tours compacts, certains utilisateurs optent pour des règles « miniatures » ou pour des solutions de type pied à coulisse numérique modifié, mais la fiabilité et la tenue à l’huile restent nettement inférieures aux vraies règles industrielles.

Comparatif des technologies de règles : optiques en verre, magnétiques, inductives (newall microsyn)

La technologie de la règle linéaire conditionne la précision, la durabilité et la tolérance à l’environnement d’usinage. Trois grandes familles dominent le marché des règles de visu pour tour :

Technologie Avantages principaux Limites typiques
Optique verre (Sino, Easson, Heidenhain classiques) Bonne précision (5 µm), coût modéré, large compatibilité de consoles Sensibilité aux chocs et à la poussière, nécessite des carters efficaces
Magnétique Très bonne résistance aux huiles, coupe à longueur, faible encombrement Résolution parfois limitée à 10 µm sur l’entrée de gamme
Inductive type Newall Microsyn Étanchéité exceptionnelle, insensible aux copeaux, très robuste mécaniquement Prix plus élevé, câblage et connectique spécifiques

Pour un tour utilisé quotidiennement en atelier de mécanique générale, la règle optique IP54 bien protégée est souvent suffisante. Pour un environnement très chargé en projections (tournage dur, arrosage abondant, copeaux abrasifs), une solution type Newall Microsyn ou une règle magnétique IP67 limite grandement les interventions de nettoyage et le risque de casse de verre en cas de choc du trainard.

Compatibilité de la console DRO avec le type de tour (cazeneuve, ernault somua, HES, weiler)

La plupart des consoles de VISU 2 axes du marché (Sino, Easson, Fagor, Heidenhain entrée de gamme) acceptent des signaux TTL quadrature 5 V type A/B/Z. La vigilance doit surtout porter sur les anciennes installations à règles Heidenhain 11 µA ou sinus, ainsi que sur certaines règles Newall nécessitant des électroniques spécifiques.

Sur un tour Cazeneuve HBX ou un Weiler Matador, l’espace disponible pour la console et le routage de câbles impose parfois un choix de boîtier plus compact, voire une console déportée sur bras articulé. Sur des tours lourds type HES ou Ernault Somua, le dégagement au-dessus du trainard permet de monter des consoles plus volumineuses avec grand afficheur, très appréciables lorsque vous travaillez à plusieurs mètres de la machine.

Avant commande, vérifiez systématiquement le type de connecteur de sortie des règles (Sub‑D 9, circulaire, Heidenhain spécifique) et la compatibilité directe avec la console choisie, sous peine de devoir investir dans des adaptateurs ou recâbler entièrement les têtes de lecture.

Fonctions avancées de la VISU 2 axes pour tournage : cônes, épaulements, filetage assisté

Une VISU 2 axes moderne ne se contente plus d’afficher des positions. Les consoles récentes intègrent des fonctions avancées dédiées au tournage qui changent réellement votre façon de travailler, surtout sur pièce unitaire ou petite série :

  • Calcul automatique de cônes : affichage synchronisé des axes X et Z pour atteindre l’angle ou le grand diamètre visé
  • Gestion d’épaulements multiples : mémorisation de positions intermédiaires pour limiter les erreurs de reprise
  • Modes d’assistance au filetage : affichage du pas de filetage, prépositionnement en X pour profondeur de passe constante

Sur certains modèles haut de gamme, la console offre même des fonctions de perçage en coordonnées, de calcul d’intersections ou de compensation de rayon d’outil simplifiée. Pour un touriste outilleur, ces options représentent un gain de temps substantiel, en particulier lorsqu’il faut réaliser des géométries complexes sans recourir à une CN complète.

Critères de protection IP (IP54, IP67) et robustesse pour environnement d’usinage

Les statistiques de nombreux réparateurs montrent qu’environ 60 % des pannes de VISU 2 axes proviennent de problèmes mécaniques : claviers film percés, LED d’afficheur hors service, ou infiltration d’huile dans la règle. Le choix de l’indice de protection IP du système est donc loin d’être un détail.

Une console IP54 avec clavier à touches mécaniques est nettement plus durable qu’un simple clavier à membrane film, qui a tendance à se gondoler et à se fissurer sous l’effet de la chaleur et des doigts gras. Côté règles, un indice IP67 garantit une résistance quasi totale aux projections de lubrifiant et aux brouillards d’huile. Sur un tour d’atelier exposé à des copeaux chauds et tranchants, cette robustesse se traduit par une réduction sensible des maintenances correctives sur 5 à 10 ans d’exploitation.

Sur une machine valant à peine 1000 €, investir dans une VISU 2 axes professionnelle à 2500 € n’a pas toujours de sens économique, mais un modèle intermédiaire bien protégé peut offrir un excellent compromis coût/fiabilité.

Implantation mécanique des règles linéaires 2 axes sur un tour conventionnel

Positionnement optimal de la règle de l’axe X sur le transversal pour limiter les erreurs cosinus

Le positionnement de la règle de transversal est souvent l’étape la plus délicate. L’objectif principal est de limiter l’« erreur cosinus », c’est‑à‑dire la différence entre le déplacement réel du porte‑outil et celui mesuré par la règle si cette dernière n’est pas parfaitement parallèle au mouvement.

L’idéal consiste à fixer la règle le plus près possible de la coulisse principale, sur une surface usinée ou surfacée, en s’assurant au comparateur que la variation de parallélisme reste inférieure à 0,02 mm sur toute la course. Lorsque l’encombrement ou la présence de vis de lardons gêne ce montage, l’ajout d’équerres spécifiques en acier ou en aluminium permet de « déporter » la règle tout en maintenant un bon alignement.

Sur un petit tour de type RC6236, de nombreux utilisateurs ont par exemple recours à une mini‑règle ou même à un pied à coulisse numérique modifié, protégé par un carter inox brossé, pour éviter de bloquer l’accès aux vis de blocage du chariot porte‑outil. Ce genre de montage doit néanmoins être réalisé avec beaucoup de soin pour garantir la répétabilité.

Fixation de la règle de l’axe Z sur le banc du tour ou sur le trainard (montage rigide vs flottant)

Pour l’axe Z, deux grandes philosophies d’implantation existent : règle fixée sur le banc et tête de lecture sur le trainard, ou l’inverse. Dans la pratique, la solution la plus courante consiste à monter la règle sur le banc, côté opérateur ou côté arrière selon la configuration du tour, et à fixer la tête de lecture sur le trainard via un support rigide.

Le montage doit être suffisamment rigide pour éviter les vibrations, tout en acceptant les petits défauts de rectitude du banc par un léger montage « flottant » sur lumière oblongue. L’utilisation d’entretoises et de platines ajustées au comparateur limite les contraintes sur le corps de règle. De nombreux retours d’expérience montrent que des fixations trop rigides, sans possibilité de dilatation différentielle, peuvent entraîner à long terme des fissures du profilé de règle ou des blocages de la tête de lecture.

Conception et usinage de supports spécifiques (équerres, entretoises, platines) en acier ou alu

De rares tours modernes sont livrés pré‑équipés avec des surfaces et taraudages dédiés à la VISU 2 axes. Dans la plupart des cas, la conception et l’usinage de supports spécifiques en acier ou en aluminium s’imposent. Cette étape ressemble beaucoup à un petit projet de construction mécanique : prise de cotes, modélisation éventuelle en 3D, puis usinage de pattes et d’équerres.

Quelques bonnes pratiques :

  • Privilégier l’acier pour les pièces fortement sollicitées (supports de tête de lecture sur trainard)
  • Utiliser l’aluminium pour les carters et entretoises, afin de limiter le poids sur les éléments mobiles
  • Prévoir des trous oblongs pour faciliter le réglage fin de l’alignement au comparateur

La finition sablée ou microbillée donne un aspect professionnel et limite l’accrochage des copeaux. Sur certains montages, l’ajout de tirants vissés et freinés au frein‑filet est une bonne solution pour transformer un verrouillage inefficace d’origine en blocage franc du chariot, comme l’ont montré plusieurs adaptations de CPO avec mini‑VISU.

Gestion des protections mécaniques : soufflets, carters en tôle pour règle de tour type cazeneuve HBX

Une règle linéaire non protégée ne survit pas longtemps sur un tour de production. Les copeaux acérés et l’huile de coupe finissent toujours par détruire les joints racleurs et contaminer l’intérieur de la règle. La mise en place de protections mécaniques adaptées doit donc être pensée dès la conception de l’implantation.

Sur des tours type Cazeneuve HBX, les constructeurs de VISU proposent souvent des kits spécifiques avec carters en tôle pliée suivant la forme du banc. Sur d’autres machines, un simple soufflet PVC ou un carter inox artisanal bien dessiné fait parfaitement l’affaire. L’important est de garantir un mouvement sans friction excessive ni risque d’accrochage, tout en fermant au maximum le volume autour de la règle.

Considérer les carters et soufflets comme de simples accessoires est une erreur : ils conditionnent directement la durée de vie de la règle optique et la stabilité de la mesure dans le temps.

Câblage, routage des faisceaux et raccordement de la console de VISU 2 axes

Organisation des câbles des règles linéaires pour éviter les boucles et parasites électromagnétiques

Le routage des câbles de règles linéaires est souvent négligé, alors qu’il a un impact direct sur la fiabilité de la VISU 2 axes. Une règle optique transmet un signal TTL de faible amplitude, très sensible aux perturbations générées par les câbles moteurs, relais ou variateurs.

Évitez systématiquement les grandes boucles de câble qui se comportent comme des antennes, et maintenez les câbles de mesure à distance des lignes de puissance. Lorsque la longueur des câbles de règles est importante (plus de 5 m, comme pour certains tours longs), l’usage de câbles torsadés blindés diminue fortement les risques de parasites. Des réparateurs spécialisés observent que dans plus de 40 % des cas de pertes de signal intermittentes, un simple re‑routage des câbles, sans changement de matériel, suffit à résoudre le problème.

Utilisation de chaînes porte-câbles et gaines blindées sur tours manuels et semi-CN

Sur des tours manuels ou semi‑CN, l’installation d’une chaîne porte-câbles le long du banc ou à l’arrière du transversal est une excellente manière de guider les faisceaux sans risque de pincement ni d’arrachement. Les chaînes en polymère avec maillons ouvrants facilitent la maintenance tout en maintenant un rayon de courbure constant, gage de longévité pour les conducteurs internes.

Les gaines blindées peuvent être réservées aux sections les plus exposées aux champs électromagnétiques, en particulier près de la boîte électrique principale et des variateurs. Sur certaines réalisations artisanales, l’utilisation de ressorts de traction étirés comme protections mécaniques de câble a fait ses preuves pour combiner flexibilité et résistance aux chocs, tout en gardant un aspect compact.

Branchement des connecteurs SUB-D, circulaires ou spécifiques heidenhain sur la console

Les règles de VISU se terminent généralement par des connecteurs Sub‑D 9 broches, circulaires vissés ou connecteurs propriétaires Heidenhain. Lors du branchement sur la console, il est impératif de respecter la polarité des alimentations (+5 V, GND) et l’affectation des canaux A/B/Z pour que le comptage incrémental soit correct.

Un notage clair des câbles et connecteurs au moment de l’installation évite bien des erreurs lors d’une future intervention de maintenance. Sur certains systèmes, un mauvais verrouillage du connecteur provoque des pertes aléatoires de contact, traduites à l’affichage par des valeurs incohérentes ou un clignotement dès que le trainard arrive en fin de course.

Vérification des polarités, blindages et continuité de masse pour la DRO 2 axes

Après câblage, un contrôle systématique au multimètre permet de vérifier l’absence de court‑circuit entre blindage et conducteurs, ainsi que la continuité de masse entre machine, console et coffret électrique. Le blindage doit en général être connecté à la masse côté console uniquement, afin d’éviter la création de boucles de masse sensibles aux parasites.

Une mesure de tension résiduelle entre blindage et châssis, machine en fonctionnement, est instructive : une différence de potentiel significative (> 1 V) indique souvent un problème de référence de terre ou de filtrage CEM. Corriger ces points en amont augmente nettement la stabilité à long terme de la DRO, surtout sur des machines tournant plusieurs heures par jour.

Paramétrage de la VISU 2 axes : résolution, sens de comptage et compensation d’erreurs

Réglage de la résolution d’affichage (5 µm, 10 µm, 1 µm) selon la précision visée en tournage

Le paramétrage initial de la VISU 2 axes commence par la définition de la résolution d’affichage. La plupart des consoles permettent de choisir entre 10 µm, 5 µm ou parfois 1 µm. En tournage conventionnel, une résolution de 5 µm sur X et Z offre déjà une précision largement supérieure aux capacités réelles de la machine et de la chaîne de mesure mécanique.

Une résolution trop fine (1 µm) peut donner une fausse impression de précision, avec un affichage qui bouge au moindre contact et rend la lecture fatigante. À l’inverse, un affichage à 0,01 mm reste très confortable, tout en permettant un contrôle fiabilisé de cotes serrées de l’ordre de ±0,02 mm sur pièce calibrée. Le choix doit être cohérent avec le niveau de précision habituel de l’atelier et les tolérances demandées par les plans clients.

Inversion du sens de comptage sur les axes X et Z en fonction du sens de déplacement du chariot

Une fois la résolution définie, le sens de comptage des axes doit être ajusté. Lorsque vous ramenez le transversal vers le centre de la pièce, souhaitez‑vous voir la cote X diminuer (mode diamètre) ou augmenter (mode rayon) ? La plupart des consoles offrent un paramètre de direction par axe permettant d’inverser le signe du déplacement affiché.

Il est essentiel que cette convention soit intuitive pour vous et cohérente avec les habitudes de l’atelier. Sur l’axe Z, un déplacement du trainard vers la poupée fixe correspond généralement à une diminution de l’abscisse (vers zéro), mais certains opérateurs préfèrent l’inverse. Une séance de tests simple avec butée mécanique et prises de repère permet de valider définitivement ce choix avant usage en production.

Configuration des références machine, présélections d’origine pièce et offsets d’outils

Les consoles de VISU intègrent aujourd’hui des fonctions proches de celles des CNC pour gérer les origines et les outils. La configuration d’une référence machine (RM) permet de retrouver à chaque mise sous tension un zéro machine stable, éventuellement repéré par un capteur de référence sur les règles.

À partir de cette RM, vous pouvez définir des présélections d’origine pièce (OP) adaptées au montage : face mandrin, face d’épaulement, centre de pièce, etc. Les offsets d’outils permettent ensuite d’enregistrer le rayon et la longueur de plusieurs outils de tournage dans une table dédiée. Cette approche, très similaire à celle d’un tour CN, réduit sensiblement le temps de réglage lors des changements d’outil et la probabilité d’erreur de recalage manuel.

Mise en place de la compensation d’erreurs linéaires sur longueurs entre-pointes (tests au comparateur)

Sur des tours à grande longueur entre‑pointes, les erreurs linéaires cumulées de la règle, du banc et des supports peuvent représenter plusieurs centièmes, voire quelques dixièmes de millimètre. De nombreuses VISU 2 axes intègrent une fonction de compensation d’erreurs permettant de corriger ces écarts en introduisant une table de correction multi‑points.

La procédure consiste à comparer l’affichage de la VISU avec un étalon externe (règle rectifiée, barre étalon, comparateur monté sur un support de référence) à différentes positions le long du banc. Les écarts mesurés sont ensuite saisis dans la console, qui les utilise pour interpoler une valeur corrigée à chaque position intermédiaire. Cette fonctionnalité est particulièrement utile lorsque le tour est ancien mais encore suffisamment rigide pour un travail de précision.

Activation des fonctions spécifiques tour : affichage en diamètre vs rayon, mode pas de filetage

Enfin, le paramétrage doit tenir compte des fonctions spécifiques au tournage. L’option d’affichage en diamètre sur l’axe X permet de lire directement la cote finie de la pièce (par exemple 50,00 mm) au lieu du rayon, très appréciable pour la plupart des opérateurs. En pratique, l’affichage en diamètre double automatiquement l’effet d’un déplacement en X, ce qui doit être bien compris pour éviter toute confusion.

Le mode pas de filetage, lorsqu’il existe, facilite les opérations répétitives : la console peut mémoriser la profondeur de passe cible et afficher la position idéale pour chaque reprise, limitant ainsi les risques de sur‑profondeur ou de décalage de pas. Utilisée intelligemment, cette fonction rapproche un tour conventionnel des capacités de filetage d’un tour CN, tout en conservant la main sur la synchronisation mécanique par la boîte Norton.

Alignement, calibration et contrôles métrologiques après installation de la VISU 2 axes

Alignement fin des règles au comparateur à levier sur glissières de banc et coulisse de transversal

Une fois les règles mécaniquement fixées, un alignement fin au comparateur à levier est indispensable. Sur l’axe Z, positionnez le comparateur sur la glissière du banc et palpez la face de la règle en déplaçant le trainard sur toute sa course. L’objectif est de rester dans une plage de variation inférieure à 0,02 mm, ce qui correspond à un alignement correct pour une VISU 2 axes de précision standard.

Sur l’axe X, la même méthode s’applique en palpant la face de la règle par rapport au mouvement du transversal. Les trous oblongs et les entretoises réglables permettent de corriger progressivement les défauts d’alignement jusqu’à obtenir une rectitude satisfaisante. Ce travail, parfois long et minutieux, conditionne directement la précision finale du système de mesure.

Test de répétabilité et d’hystérésis sur les axes X et Z avec comparateur 1/100 ou 1/1000

Après alignement, des tests de répétabilité et d’hystérésis permettent de s’assurer que la VISU affiche des valeurs identiques quelle que soit la direction d’approche de la position. Placez un comparateur 1/100 ou 1/1000 sur un point fixe et déplacez successivement le chariot par petites avances, en approchant la position cible par la gauche puis par la droite.

Sur un ensemble machine + VISU en bon état, l’hystérésis mesurée doit rester inférieure à 0,01 mm sur des déplacements typiques de tournage. Des écarts plus importants indiquent souvent un problème de jeu mécanique dans les coulisses, un défaut de lubrification ou un support de règle trop flexible. Corriger ces points avant de passer à la production évite des écarts dimensionnels parfois difficiles à diagnostiquer ensuite.

Contrôle de la rectitude de déplacement à l’aide d’une règle rectifiée ou d’un étalon de précision

La rectitude du déplacement du trainard et du transversal, combinée à la linéarité de la règle, détermine la qualité de la géométrie réelle mesurée par la VISU. Un contrôle simple consiste à utiliser une règle rectifiée ou une barre étalon posée le long du banc, et à palper sa surface au comparateur en différents points, tout en observant simultanément l’affichage de la DRO.

Certains ateliers complètent ces vérifications par des mesures interférométriques ou laser pour étalonner des tours destinés à des travaux très précis. Même sans ces moyens sophistiqués, une campagne de mesures rigoureuse avec instruments classiques offre déjà une vision claire des qualités et limites de la machine, et permet d’adapter ensuite les tolérances d’usinage en connaissance de cause.

Vérification des cotes usinées sur pièces tests (épaulement, alésage, tronçonnage) avec micromètre

La validation ultime passe par l’usinage de pièces tests représentatives : épaulement, alésage, diamètre extérieur au chariotage, tronçonnage. Ces opérations couvrent la plupart des cas de figure et mettent à l’épreuve la VISU 2 axes dans des conditions réelles. En mesurant ces pièces au micromètre, puis en comparant les résultats aux cotes affichées sur la console, il devient possible d’identifier d’éventuelles dérives résiduelles.

Un écart systématique sur les diamètres peut par exemple indiquer une erreur de paramétrage de l’affichage en diamètre/rayon, tandis qu’un défaut aléatoire sur les longueurs entre‑épaulements pointe plutôt vers un jeu mécanique ou une mauvaise habitude d’approche de cote. Cette étape de validation, souvent négligée, est pourtant celle qui donne réellement confiance dans la nouvelle installation auprès des opérateurs.

Maintenance préventive et dépannage courant d’une VISU 2 axes sur tour

Inspection périodique des règles optiques et nettoyage sans détériorer les joints racleurs

Une VISU 2 axes bien installée ne réclame qu’une maintenance légère, mais régulière. Une fois ou deux par an, selon l’intensité d’usage et l’environnement, un contrôle visuel des règles optiques et des carters suffit à détecter les débuts d’infiltration ou d’usure des joints racleurs. Le nettoyage doit rester doux : chiffon légèrement humide, aucun solvant agressif et jamais de soufflage direct haute pression vers les joints.

Certains techniciens spécialisés démontent périodiquement les règles Heidenhain ou Fagor pour les passer en nettoyage approfondi, avec remplacement préventif des joints. Cette pratique, inspirée de la maintenance de machines travaillant 16 h/jour, prolonge nettement la durée de vie des règles sur des tours de production intensifs, mais reste souvent excessive pour un petit atelier artisanal.

Diagnostic des défauts d’affichage (clignotement, perte de signal, erreurs intermittentes)

Les symptômes typiques de panne sur une VISU 2 axes sont le clignotement ponctuel d’un axe, la disparition temporaire de l’affichage ou des valeurs incohérentes lorsqu’un mouvement est réalisé rapidement. Dans la majorité des cas, la cause se trouve du côté des câbles (coupure partielle, blindage endommagé), des connecteurs (mauvais serrage, oxydation) ou d’une infiltration d’huile dans la tête de lecture.

Un diagnostic méthodique commence par la permutation des entrées de la console (intervertir X et Z) pour voir si le défaut suit la règle ou reste sur l’entrée. La vérification des tensions d’alimentation des têtes de lecture, puis un contrôle de continuité sur chaque conducteur de câble, complètent le tableau. Lorsque la règle est incriminée, un technicien en métrologie peut la démonter, la nettoyer, vérifier les signaux d’encodeur et la ré‑étalonner si nécessaire.

Remplacement de câble de règle endommagé et contrôle de l’intégrité du blindage

Les câbles de règle, souvent soumis à des flexions répétées et à des projections de copeaux, représentent un point faible fréquent. Un câble partiellement coupé peut encore fonctionner à petite vitesse, mais perdre des impulsions en avances rapides. Le remplacement doit se faire avec un câble de spécification équivalente (section, nombre de conducteurs, type de blindage) et un sertissage soigné des connecteurs, idéalement à l’aide d’outillage adapté.

Après remplacement, un contrôle de l’intégrité du blindage (continuité entre blindage et masse console, absence de contact avec des conducteurs actifs) garantit que le nouveau câble assurera une bonne immunité aux parasites. Dans les ateliers où des câbles chinois bas de gamme ont été montés d’origine, cette opération de remplacement préventif par des câbles de meilleure qualité fait souvent disparaître des problèmes intermittents récurrents.

Procédure de recalibrage et de remise à zéro complète après intervention mécanique sur le tour

Après toute intervention lourde sur le tour (grattage du banc, reprise de géométrie, remplacement de vis mère ou de vis de chariot), un recalibrage complet de la VISU 2 axes s’impose. Cette procédure reprend, de manière condensée, les étapes de mise en service initiale : vérification de l’alignement des règles, contrôle de linéarité à l’étalon, reparamétrage éventuel de la compensation d’erreurs linéaires et reconfigurations des origines machine.

Profiter de cette remise à plat pour mettre à jour les tables d’outils, nettoyer la console, vérifier la luminosité de l’afficheur et contrôler la tenue mécanique de tous les supports permet de repartir sur une base saine. Un tour correctement géométré, associé à une VISU 2 axes bien recalibrée, constitue un ensemble de production fiable, capable de tenir des tolérances serrées pendant de longues années sans autre intervention que ces opérations de maintenance préventive planifiées.

Plan du site