Sur une fraiseuse conventionnelle, la précision dépend longtemps du coup d’œil sur le vernier, de la finesse de la main sur les volants… et de l’état d’usure de la machine. Aujourd’hui, une VISU pour fraiseuse transforme littéralement ce quotidien : lecture directe des cotes, suppression du jeu à l’inversion, fonctions de calcul intégrées. Que vous travailliez sur une petite Gambin en atelier de mécanique générale ou sur une grande Huron en reconstruction, le choix et l’installation d’une visualisation numérique conditionnent autant la productivité que la qualité des pièces. Bien dimensionner les règles, comprendre les signaux TTL ou le rôle des coordonnées incrémentales devient alors aussi important que le choix de l’outil de coupe. Une fois la VISU adoptée, revenir uniquement aux verniers paraît vite inimaginable.
Définition d’une VISU pour fraiseuse : fonctions, architecture et terminologie CNC
Une VISU pour fraiseuse (ou DRO – Digital Read Out) est un système de mesure composé de règles linéaires et d’un boîtier d’affichage qui indique en temps réel la position des axes X, Y, Z. Contrairement à une commande numérique complète, la VISU ne pilote pas directement les moteurs : elle mesure et affiche. Sur une fraiseuse conventionnelle de type Vernier, Dufour ou Z1C, la VISU se cale sur la position réelle de la table ou de la tête, indépendamment du jeu vis-écrou, et fournit ainsi une information fiable pour l’usinage manuel. Dans l’industrie, plus de 70 % des fraiseuses traditionnelles rénovées sont désormais systématiquement équipées d’une VISU, signe de son importance dans la chaîne de précision. Sur le marché, des fabricants comme Heidenhain, Fagor, Sino ou Easson couvrent la majorité des besoins, du petit atelier au site de production.
Différences entre VISU numérique, commande numérique (CNC) et pupitre d’axe
La confusion entre VISU, CNC et pupitre d’axe est fréquente. Une commande numérique CNC calcule les trajectoires, interpole les axes et pilote directement les servomoteurs selon un programme ISO. Un pupitre d’axe simplifié peut, lui, piloter un seul axe (ou quelques axes) pour des déplacements automatiques de type avance ou positionnement ponctuel. La VISU, de son côté, ne commande aucun moteur : elle affiche uniquement la position détectée par les règles. Sur une fraiseuse conventionnelle, vous continuez donc à tourner les volants, mais vous lisez vos cotes sur l’écran. Cette distinction est essentielle pour dimensionner l’investissement : pour un atelier de fabrication unitaire, une VISU apporte déjà 60 à 80 % du gain de productivité d’une CNC, sans la complexité de programmation.
Composants principaux d’une VISU : boîtier d’affichage, règles linéaires, capteurs incrémentaux
Une VISU moderne de fraiseuse se compose de trois éléments principaux. Le boîtier d’affichage, souvent en aluminium ou en ABS renforcé, regroupe l’alimentation, l’électronique de traitement et l’interface utilisateur. Les règles linéaires, en verre ou magnétiques, sont fixées sur les axes X, Y, Z et fournissent les signaux de position. Enfin, le capteur incrémental (tête de lecture) se déplace le long de la règle et génère des impulsions. La plupart des systèmes utilisent des signaux TTL ou 1Vpp en quadrature, permettant une interpolation fine jusqu’à 1 μm. Certains modèles intègrent également une piste de référence pour retrouver rapidement un zéro machine après coupure. L’ensemble est relié par des câbles blindés, souvent à connecteurs circulaires vissés, pour résister aux conditions d’atelier.
Interfaces homme-machine (IHM) : claviers à membrane, touches dédiées, affichage LED vs LCD
L’interface d’une VISU influence fortement votre confort d’utilisation au quotidien. Les anciens afficheurs utilisaient des segments LED rouges, très lisibles mais limités en textes. Les générations actuelles privilégient des écrans LCD rétroéclairés, parfois couleur, avec affichage contextuel des fonctions. Le clavier à membrane reste la norme : il protège contre l’huile et les copeaux, même si la sensation est moins « mécanique » que des boutons classiques. Les touches dédiées aux fonctions de perçage en cercle, aux coordonnées relatives ou à la conversion mm/pouces permettent d’accélérer les opérations répétitives. Sur une VISU bien conçue, un opérateur peut basculer de la coordonnée absolue à l’incrémentale en moins d’une seconde, ce qui réduit les risques d’erreur de cote lors des changements de référence.
Vocabulaire métier : axes X/Y/Z, coordonnée absolue, coordonnée incrémentale, prise de zéro pièce
Pour exploiter une VISU de fraiseuse, quelques notions de base sont incontournables. L’axe X correspond généralement au déplacement longitudinal de la table, l’axe Y au déplacement transversal et l’axe Z à la montée/descente de la broche ou de la table. Une coordonnée absolue est mesurée par rapport à un zéro machine ou un plan de référence fixe, tandis qu’une coordonnée incrémentale (ou relative) est définie à partir d’un point choisi en cours d’usinage. La prise de zéro pièce consiste à aligner l’affichage de la VISU sur les origines fonctionnelles de la pièce, souvent en touchant un bord avec une fraise ou un palpeur. Maîtriser ces concepts réduit grandement les risques d’erreur lors d’opérations comme le rainurage ou le perçage de logements complexes.
Rôles d’une VISU sur fraiseuse conventionnelle : précision, productivité et sécurité opérateur
Sur une fraiseuse traditionnelle, la VISU joue un triple rôle : amélioration de la précision d’usinage, augmentation de la productivité et renforcement de la sécurité. Les verniers mécaniques, surtout sur des machines de plus de 20 ans, présentent des graduations parfois illisibles et un jeu vis-écrou pouvant dépasser 0,2 mm. Une VISU contourne cette limite en mesurant directement le déplacement réel de la table. Des études menées en atelier montrent qu’un opérateur équipé d’une VISU réduit en moyenne de 40 % le temps de réglage et de reprise de cote, tout en divisant par deux les non-conformités liées à des erreurs de lecture. Pour les séries courtes, travaux de maintenance ou prototypes, le gain de confort se traduit rapidement en heures économisées sur l’année.
Amélioration du positionnement des axes par comparaison verniers mécaniques / VISU 2 axes
Comparer une fraiseuse équipée uniquement de verniers à la même machine dotée d’une VISU 2 axes met immédiatement en évidence la différence de positionnement. Sans VISU, vous devez tenir compte mentalement du jeu à l’inversion, surveiller la graduation, corriger les décalages. Avec une VISU, l’affichage suit directement le mouvement réel du trainard et de la console : vous visez la cote, vous approchez lentement, vous arrêtez. Pour des pièces où la tolérance IT8 ou IT9 est suffisante, la précision d’une VISU à résolution 5 μm est largement au rendez-vous. Dans un atelier de réparation, cette facilité de positionnement permet souvent de confier des travaux à des opérateurs moins expérimentés tout en garantissant la qualité finale.
Réduction des erreurs de lecture et de cumul de jeu mécanique sur fraiseuses type dufour, vernier, huron
Sur des fraiseuses conventionnelles de type Dufour, Vernier ou Huron, l’usure des vis-mères et des noix entraîne un jeu important, parfois irrégulier selon la position. Compter uniquement sur les verniers oblige alors à toujours travailler en reprise dans le même sens, au prix de pertes de temps et de risque d’erreur. Une VISU mesure le déplacement réel de la table, indépendamment de ce jeu mécanique. Le cumul d’erreurs sur une ligne de perçages est ainsi drastiquement réduit. Dans la pratique, des ateliers ayant modernisé des Dufour 50 ou des Huron MU6 avec une VISU observent une réduction de 30 à 50 % des retouches sur des pièces à perçages multiples, ce qui traduit l’impact direct sur les coûts de production.
Accélération des opérations de surfaçage, rainurage et perçage en série
Les opérations répétitives comme le surfaçage de platines, la réalisation de rainures longitudinales ou de séries de trous profitent particulièrement d’une VISU. La possibilité de mémoriser des coordonnées relatives, de revenir rapidement à un zéro local et de visualiser l’avancement limite les tâtonnements. Sur une série de pièces identiques, un opérateur peut programmer mentalement un « parcours » sur les axes X et Y et l’exécuter en suivant l’affichage de la VISU comme un GPS d’atelier. Plusieurs fabricants annoncent jusqu’à 25 % de gain de temps sur des opérations de perçage en série grâce aux fonctions de pas constant et à la visualisation claire des positions cibles.
Contrôle de sécurité : surveillance des limites de courses et prévention des collisions outil/pièce
Une VISU ne remplace pas les butées physiques ou les fins de course électriques, mais elle contribue à la prévention des collisions. Sur un grand banc, il est parfois difficile d’apprécier la distance restante avant la butée ou le choc potentiel avec une bride. En gardant un œil sur les valeurs X et Y, vous anticipez mieux les limites de course. Certaines VISU modernes proposent même des fonctions de préalarme lorsqu’une position programmée est approchée. Couplées à une bonne pratique de mise en position des brides et étaux, ces indications réduisent les risques d’accrochage de l’outil, de détérioration des règles ou de choc violent sur les vis-mères.
Types de VISU pour fraiseuse : 2 axes, 3 axes, systèmes magnétiques et règles en verre
Le marché des VISU pour fraiseuses propose plusieurs architectures : 2 axes, 3 axes voire plus, avec règles optiques en verre ou systèmes magnétiques. Le choix dépend du type de machine (fraiseuse universelle, verticale, aléseuse), de la course des axes et de l’environnement d’usinage. Une VISU 2 axes suffit souvent pour des travaux courants sur X et Y, tandis qu’une 3 axes devient quasi indispensable dès qu’un axe vertical motorisé ou un fourreau de broche est régulièrement utilisé. Du côté des règles, les grands noms comme Heidenhain et Fagor restent la référence pour les règles optiques en verre de haute précision, alors que des marques comme Sino ou Easson se concentrent sur des solutions plus accessibles avec règles magnétiques robustes. Le choix du type d’afficheur – boîtier compact intégré ou écran déporté sur bras articulé – influe aussi sur l’ergonomie globale du poste.
VISU 2 axes pour fraiseuses universelles : cas typiques d’usage en atelier de mécanique générale
Sur une fraiseuse universelle classique avec table croisée, l’option la plus courante est la VISU 2 axes. Elle équipe les axes X (longitudinal) et Y (transversal) et permet de gérer la majorité des opérations : surfaçage, rainurage, alésage, perçage en coordonnées. Si votre axe Z est principalement réglé en hauteur pour dégager ou approcher la pièce, une mesure au comparateur ou au vernier reste acceptable. Ce type de VISU répond à la plupart des besoins des ateliers de mécanique générale, des services de maintenance ou des lycées techniques, où la simplicité d’usage est primordiale. Une VISU 2 axes représente également un bon compromis budgétaire, souvent 20 à 30 % moins chère qu’une version 3 axes à gamme équivalente.
VISU 3 axes pour fraiseuses à table croisée, têtes orientables et axes verticaux motorisés
Dès qu’un axe vertical est fortement sollicité – descente de broche sur fraiseuse verticale, colonne motorisée ou table à mouvement Z important – une VISU 3 axes devient pertinente. Sur une fraiseuse type Z1C ou sur une grande Somua FH1, la visualisation de la cote Z est indispensable pour des opérations comme l’usinage de logements en profondeur, de marches ou de paliers. Une VISU 3 axes permet alors de travailler en 3D « manuelle », en contrôlant simultanément les cotes X, Y et Z. Pour des travaux de prototypage, cette capacité à se déplacer précisément dans l’espace sans recourir à une CNC complète apporte une grande souplesse, tout en gardant un budget raisonnable.
Règles optiques en verre (heidenhain, fagor) : résolution, classe de précision, environnement d’usinage
Les règles optiques en verre proposées par des fabricants comme Heidenhain ou Fagor offrent des résolutions courantes de 1 μm à 5 μm et des classes de précision pouvant atteindre ±3 μm sur un mètre. Elles reposent sur une gravure de motifs périodiques sur un support en verre, lus par une tête optique. Leur principal atout réside dans la stabilité et la précision métrologique, ce qui les rend particulièrement adaptées aux fraiseuses de précision, aux machines de mesure ou aux ateliers de moulistes. En contrepartie, elles exigent un environnement relativement propre : une bonne étanchéité des carters et un entretien régulier pour éviter les projections massives de copeaux ou de brouillard d’huile à haute pression.
Règles magnétiques (sino, easson) : robustesse en milieu industriel, IP, compatibilité lubrifiants
Les règles magnétiques, souvent associées à des marques comme Sino ou Easson dans l’entrée de gamme, utilisent un ruban magnétique et une tête de lecture à effet Hall. Leur résistance aux chocs et à la contamination par l’huile ou les copeaux est supérieure à celle du verre, ce qui les rend intéressantes pour des fraiseuses fortement exposées, par exemple dans des ateliers de chaudronnerie ou de mécanique lourde. L’indice de protection IP élevé et la possibilité de courber légèrement certaines règles magnétiques facilitent parfois l’intégration sur des géométries complexes. La résolution typique se situe autour de 5 μm à 10 μm, suffisante pour des travaux de tolérance IT8–IT10 dans la plupart des applications industrielles.
Afficheurs compacts intégrés à la machine versus boîtiers déportés sur bras articulé
Le choix entre un afficheur intégré et un boîtier déporté conditionne l’ergonomie du poste. Un afficheur compact fixé directement sur la face avant de la machine réduit l’encombrement et simplifie le câblage, mais peut être moins lisible si la fraiseuse est haute ou si l’opérateur se déplace souvent. Un boîtier déporté sur bras articulé permet de rapprocher l’affichage de la zone de travail, de l’orienter selon la lumière ambiante et d’éviter les torsions du cou. Sur les grandes fraiseuses avec longues tables, cette flexibilité devient un vrai atout au quotidien. La robustesse des supports, souvent mise à mal par les vibrations et les chocs, doit cependant être prise en compte dans le choix final.
Critères techniques de choix d’une VISU pour fraiseuse : compatibilité machine et besoins d’usinage
Choisir une VISU pour fraiseuse ne se limite pas à compter le nombre d’axes. La compatibilité mécanique des règles, la résolution et la classe de précision, la résistance à l’environnement d’atelier, la compatibilité électrique des signaux et l’ergonomie globale doivent être examinées avec méthode. Une fraiseuse Gambin de petite taille n’impose pas les mêmes contraintes qu’une grande Cincinnati ou une Z1C reconditionnée. L’objectif de tolérance – simple usinage de pièces de maintenance ou fabrication de prototypes de moules – oriente le choix entre 1 μm, 5 μm ou 10 μm de résolution. L’environnement – présence de brouillard d’huile, arrosage haute pression, copeaux abrasifs – influence le choix entre règles optiques en verre et règles magnétiques. Enfin, la compatibilité des signaux TTL ou 1Vpp avec le boîtier d’affichage conditionne la possibilité de réutiliser des règles existantes ou de mixer des marques.
Compatibilité mécanique : longueurs de règles, type de fixation sur fraiseuse gambin, cincinnati, Z1C
La première étape consiste à mesurer précisément les courses utiles de la table et des axes. Sur une fraiseuse Gambin ou Cincinnati, une course longitudinale de 800 mm nécessite une règle d’au moins 900 à 950 mm de course mesurée, pour garder une marge de sécurité aux extrémités. Certains kits standards proposent des longueurs fixes, mais plusieurs fournisseurs acceptent de customiser les longueurs pour coller aux machines anciennes. La conception des supports – équerres, entretoises, glissières flottantes – doit tenir compte des formes souvent arrondies des bâtis, en particulier sur les machines des années 60–80. Sur une Z1C, par exemple, l’installation est relativement aisée sur l’axe X mais peut devenir plus acrobatique sur l’axe Z, où la compacité de la tête impose des supports sur mesure.
Résolution et précision : 1 μm, 5 μm, 10 μm en fonction des tolérances IT7–IT9 recherchées
La résolution de la VISU – 1 μm, 5 μm, 10 μm – doit rester cohérente avec les tolérances recherchées. Pour des travaux courants en mécanique générale, une résolution de 5 μm permet déjà de viser confortablement des tolérances IT8–IT9, soit des zones de 20 à 40 μm sur des diamètres de 50 mm. Pour des applications de moulistes, de micro-mécanique ou de fabrication d’outillage de presse, la résolution 1 μm devient pertinente, à condition que la géométrie de la machine suive. Une VISU ultra précise ne compensera jamais un bâti usé ou une table voilée. Un bon compromis consiste souvent à choisir 5 μm sur les grands axes et éventuellement 1 μm sur un axe critique comme Z, où la profondeur de logement doit être tenue avec une marge très serrée.
Environnement d’atelier : présence de brouillard d’huile, copeaux, vibrations et indice de protection IP
L’environnement d’atelier influe fortement sur la longévité des règles. En présence de brouillard d’huile important, d’arrosage par le centre ou de copeaux abrasifs (fonte, alliages spéciaux), des règles à indice de protection IP65 ou supérieur et des carters bien conçus deviennent indispensables. Des études montrent que plus de 50 % des pannes de VISU sont liées à des infiltrations d’huile ou à des câbles endommagés par les copeaux. Sur des fraiseuses fortement vibrantes – passes lourdes, grosses fraises à surfacer – la rigidité des supports et la résistance des connecteurs doivent aussi être considérées. Une installation propre, avec chaînes porte-câbles et protections supplémentaires, prolonge nettement la durée de vie de l’équipement.
Compatibilité électrique : alimentation 110/220 V, types de signaux (TTL, 1vpp, sinus/carré) et connectique
La compatibilité électrique intervient à deux niveaux : alimentation et signaux de mesure. La plupart des boîtiers de VISU récents acceptent une alimentation 110/220 V avec large plage de tolérance, ce qui simplifie leur intégration sur des machines destinées à l’export. En revanche, le type de signal de sortie des règles – TTL, 1Vpp, sinus/carré – doit impérativement correspondre aux entrées du boîtier. Mélanger une règle Heidenhain en 11 μA sinus avec un boîtier prévu uniquement pour du TTL est voué à l’échec sans interface spécifique. La connectique, souvent en connecteur rond à vis ou en Sub-D, doit être robuste et idéalement standardisée pour permettre le remplacement ultérieur d’une règle sans recâblage complet.
Ergonomie d’utilisation : taille d’afficheur, rétroéclairage, positionnement sur colonne ou potence
L’ergonomie, souvent sous-estimée, conditionne pourtant votre confort sur des journées entières d’usinage. Un afficheur de grandes dimensions, bien rétroéclairé, améliore la lisibilité à distance, en particulier sur de grandes fraiseuses où l’opérateur se déplace régulièrement. Le positionnement sur colonne, sur potence ou sur bras articulé doit être réfléchi pour limiter les mouvements inutiles et garder la VISU dans le champ visuel pendant l’usinage. Un bon test consiste à simuler vos postures habituelles et à vérifier si les chiffres restent lisibles sans contorsions. À long terme, cette attention à l’ergonomie réduit la fatigue visuelle et musculaire, tout en diminuant les erreurs de lecture en fin de poste.
Fonctionnalités avancées des VISU modernes : calculs intégrés, cycles et compensation d’outils
Les VISU de dernière génération vont bien au-delà de la simple visualisation des cotes. De nombreuses fonctions avancées facilitent des opérations autrefois fastidieuses : perçage en cercle, calcul d’entraxes réguliers, recherche de mi-points, compensation de rayon d’outil, mémorisation de coordonnées. Ces fonctions se rapprochent, dans l’esprit, de certains cycles conversationnels présents sur des petites CNC, tout en restant pilotées manuellement par l’opérateur. Sur des modèles comme les VISU Sino SDS6 ou les gammes Fagor Innova, ces capacités transforment une fraiseuse conventionnelle en véritable station de travail semi-numérique, idéale pour le prototypage rapide et la petite série.
Fonction de perçage en cercle (PCD) et entraxes réguliers sur VISU sino SDS6, fagor innova
La fonction de perçage en cercle – souvent appelée PCD pour « Pitch Circle Diameter » – permet de programmer le nombre de trous, le diamètre du cercle, l’angle de départ et d’éventuelles zones vides. La VISU calcule ensuite les coordonnées X et Y de chaque trou, que vous atteignez en suivant les valeurs affichées. Sur une VISU Sino SDS6 ou une Fagor Innova, ce type de cycle réduit drastiquement les risques d’erreurs de trigonométrie et accélère le travail sur des brides, flasques ou platines. Le même principe s’applique aux entraxes réguliers en ligne droite : l’opérateur renseigne la cote de départ, la cote de fin et le nombre de pas, la VISU distribue automatiquement les positions intermédiaires.
Calcul de rayons, diamètres et mi-points pour opérations d’usinage de logements et rainures
Les fonctions de mi-point et de calcul de diamètres facilitent des opérations comme la recherche du centre d’un alésage ou la position exacte d’une rainure. En vous déplaçant sur deux bords opposés, la VISU peut calculer automatiquement le milieu et afficher la coordonnée du centre. Cette capacité évite l’usage systématique de calculatrice ou de papiers de notes, sources d’erreurs supplémentaires. Pour des logements de précision ou des rainures de clavette, ces fonctions garantissent un positionnement plus rapide et plus sûr, surtout lorsque le plan de pièce comporte de nombreuses cotes symétriques ou en chaîne.
Compensation de rayon d’outil, gestion des correcteurs longueur et tables d’outils
Certaines VISU avancées intègrent des fonctions de compensation de rayon d’outil et de gestion de tables d’outils. En renseignant le diamètre réel de la fraise mesuré sur un comparateur ou une bague, vous laissez la VISU corriger les trajectoires linéaires en conséquence. Même si la machine reste manuelle, cette compensation simplifie l’obtention de cotes justes après affûtage ou changement d’outil. La gestion de correcteurs de longueur permet également de mémoriser plusieurs outils courants et de basculer de l’un à l’autre sans reprendre toutes les hauteurs de passe, un atout pour des séries de pièces variées nécessitant des montages fréquents.
Mémorisation de coordonnées, présélection de positions et gestion de programmes simples
La mémorisation de coordonnées transforme votre VISU en petit aide-mémoire numérique. Sur des platines complexes comportant de nombreux perçages, vous pouvez stocker des positions clés, y revenir facilement et limiter les oublis. Certains afficheurs permettent même la création de pseudo-programmes simples, où une séquence de positions est suivie dans un ordre défini. Cette approche reste loin d’une CNC, mais suffit largement pour du perçage répétitif ou des séries de poches semblables. Dans un atelier où plusieurs opérateurs se relaient, ces mémoires de coordonnées assurent une meilleure continuité de production.
Fonctions de taraudage manuel assisté et mesure différentielle (ΔX, ΔY, ΔZ)
Des VISU récentes proposent des aides au taraudage manuel, en indiquant la profondeur restante et en signalant l’approche d’une limite prédéfinie. Combinées à un bon guidage mécanique, ces aides limitent les risques de fond de trou ou de casse de taraud. Les fonctions de mesure différentielle ΔX, ΔY, ΔZ permettent par ailleurs de mesurer rapidement une distance entre deux points sans recourir à un mètre ou à un comparateur, simplement en notant la valeur initiale puis la valeur finale. Pour les contrôles rapides en cours d’usinage, cette capacité raccourcit le temps de vérification tout en augmentant la fiabilité des mesures internes à la machine.
Installation d’une VISU sur fraiseuse : étapes, erreurs fréquentes et réglage de la géométrie
L’installation d’une VISU sur fraiseuse traditionnelle demande autant de rigueur qu’un réglage de géométrie. Une bonne prise de cotes, un choix judicieux des longueurs de règles, des supports mécaniques rigides et bien alignés, un routage de câbles protégé et un paramétrage initial cohérent conditionnent la fiabilité de la mesure. Comme pour la remise en état d’une machine, la précipitation conduit souvent à des erreurs : règles montées en biais, capteurs en butée, câbles arrachés par les copeaux. Une fois la VISU installée, un contrôle métrologique simple – comparateur, piges, voire laser pour les ateliers équipés – permet de vérifier la répétabilité et corriger les derniers défauts d’alignement. Une installation soignée se traduit par des années de fonctionnement fiable, avec un minimum de maintenance sur les joints et les capteurs.
Prise de cotes et choix de la longueur des règles en fonction des courses réelles de la table
La première étape consiste à mesurer les courses réelles de la table, et non simplement les valeurs catalogue. Une fraiseuse ancienne peut présenter des butées réglées à des positions différentes de l’origine théorique, ou des zones abîmées qu’il vaut mieux éviter. En pratique, il est recommandé de choisir une longueur de règle légèrement supérieure à la course utile – typiquement 50 à 100 mm de marge – pour éviter de travailler en butée de capteur. Dans certains cas, notamment sur de très grandes fraiseuses ou tours, il peut être pertinent de limiter volontairement la course mesurée et d’installer une butée mécanique de sécurité, quitte à démonter temporairement la tête de lecture pour exploiter exceptionnellement toute l’entrepointe ou la longueur de table.
Montage mécanique : équerres, entretoises, alignement des règles et respect des tolérances de parallélisme
Le montage mécanique doit respecter des tolérances de parallélisme souvent de l’ordre de quelques dixièmes de millimètre sur toute la longueur de la règle. L’usage d’équerres robustes, d’entretoises ajustées et de réglages par lumière oblongue facilite cet alignement. Sur des bâtis anciens aux formes arrondies, l’adaptation de platines sur mesure, parfois usinées à partir de cornières de forte section, reste souvent la meilleure approche. Une fois la règle fixée, le capteur doit coulisser librement sur toute la course, sans effort ni point dur. Un contrôle au comparateur posé sur la table permet de vérifier que la lecture de la VISU reste cohérente sur tout le déplacement, sans « marches » ni sauts de valeur.
Routage des câbles : protection contre les copeaux, chaînes porte-câbles, boucles de service
Le routage des câbles est une source fréquente de pannes à moyen terme. Un câble mal positionné sera tôt ou tard attaqué par des copeaux chauds, pincé par un déplacement de table ou arraché lors d’un nettoyage. L’utilisation de chaînes porte-câbles, de gaines fendue renforcées et de boucles de service suffisamment larges limite ces risques. Les points de fixation doivent être choisis pour éviter les zones de coulissement de la table et respecter les rayons de courbure minimum des câbles. Une bonne pratique consiste à simuler manuellement toutes les courses extrêmes de la machine, en observant le comportement des câbles, avant tout serrage définitif.
Paramétrage initial de la VISU : direction des axes, unités mm/pouces, filtrage des signaux
Une fois la partie mécanique en place, le paramétrage initial de la VISU doit être soigneusement réalisé. Les directions de comptage des axes (sens positif/negatif) doivent correspondre à la convention de l’atelier, sous peine de confusion lors de la lecture. Le choix des unités mm/pouces, souvent commutable, doit être verrouillé pour éviter les basculements intempestifs. Certains afficheurs proposent également des paramètres de filtrage de signaux ou de lissage d’affichage, utiles sur des machines vibrantes. Un test simple consiste à se déplacer d’une longueur connue – par exemple 100 mm mesurés au comparateur – et à vérifier la concordance avec la VISU, en ajustant le facteur d’échelle si nécessaire.
Contrôle métrologique après montage : tests de répétabilité et rectification d’erreurs d’alignement
Le contrôle final consiste à vérifier la répétabilité et la linéarité de la mesure. Un comparateur monté sur la table et une pige étalon permettent de contrôler plusieurs positions sur la course. Les écarts doivent rester dans la plage acceptée par votre tolérance d’usinage : idéalement quelques microns sur 100 mm pour une fraiseuse de précision, ou quelques centièmes sur toute la course pour une machine de maintenance. En cas d’erreur localisée, un réalignement partiel de la règle ou un ajustement des supports peut corriger le problème. Dans les ateliers très exigeants, des systèmes de mesure laser sont parfois utilisés pour cartographier précisément l’erreur de la machine, mais pour la majorité des fraiseuses conventionnelles, une approche au comparateur fournit déjà un excellent compromis entre coût et précision.
